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Vélo : avançons, au lieu de rétro-pédaler !

La France est très en retard dans le développement de l’usage du vélo.

 

Tribune collective signée par Olivier Schneider, président de la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), Karima Delli, présidente de la commission Transports du Parlement européen, Audrey Pulvar, présidente de la Fondation pour la nature et pour l’Homme,… (voir toute la liste des signataires à la fin)

 

Monsieur le président de la République, la France est très en retard dans le développement de l’usage du vélo. Aussi, l’image d’un Président qui se rend à son bureau de vote à bicyclette a réveillé en nous de forts espoirs de progrès.

 

Quelle ne fut pas notre surprise en découvrant, en plein lancement des Assises de la mobilité, que le gouvernement avait décidé de supprimer le bonus de 200 € pour l’achat d’un vélo à assistance électrique (VAE), alors que l’aide pour l’achat d’un scooter électrique est maintenue et celle au changement de voiture est renforcée.

 

Pendant la campagne électorale, vous avez répondu à l’enquête « Parlons vélo », portée par la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB). Vous vous étiez dit favorable au bonus VAE et à la mise en place d’un fonds national vélo. Vous n’étiez pas seul : plus de 600 candidats aux élections législatives ont répondu, et 67 ont été élus. Tous ont plébiscité la mise en place d’un plan national en faveur du vélo et le maintien du bonus VAE.

 

Le vélo à assistance électrique, lui, tient ses promesses. Pratique et rapide, le VAE permet de répondre à une part significative des besoins de déplacement quotidien, à un coût abordable, quelle que soit la topographie du territoire, en ville, en milieu rural ou périurbain.

 

Le VAE permet de se déplacer avec un effort modéré mais suffisant pour contrer les ravages de la sédentarité qui touche désormais toutes les classes d’âge.

 

Concentré de technologies, le VAE est vecteur d’emplois industriels et de services, il dynamise le tissu local de détaillants et vélocistes. 100 € dépensés dans le vélo, c’est quinze fois plus d’emplois que dans l’industrie automobile. Enfin, il est un allié face au changement climatique et à la pollution de l’air.

 

Pour une vraie politique du vélo

 

Selon le gouvernement, « le bonus aura permis de financer près de 250 000 VAE […] la filière a démarré grâce à cette impulsion ».

 

Conçu pour s’adapter à votre mode de vie, le Nouveau T-Roc allie la prestance d’un SUV avec l’agilité d’une compacte sportive. Nous nous réjouissons de ce coup d’accélérateur, mais la France reste loin derrière ses voisins allemands ou belges, où les ventes sont deux à trois fois plus élevées par habitant.

 

Si l’objectif du gouvernement de privilégier les transports du quotidien et de lutter contre le changement climatique est sincère, la future loi Mobilité doit impulser une véritable politique cyclable. La prime VAE en est un élément nécessaire, mais non suffisant. La ministre des Transports, Élisabeth Borne, a, depuis, annoncé la mise en place d’un nouveau dispositif de soutien pour le vélo électrique en 2018, mais sans aucune précision sur sa nature. Nous demandons le respect de votre engagement en créant, dès 2018, un bonus pour les VAE – au moins équivalent à l’actuel – qui favorise cette solution pour tous, y compris les moins aisés. C’est une question de santé publique et d’équité des territoires.

 

«La vie, cest comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre léquilibre», disait Albert Einstein… «mais surtout, ne pas rétropédaler,» ajouterions-nous.

 

Cette tribune a été également cosignée par : Pierre Perbos, président du Réseau action climat, Bruno Gazeau, président de la Fédération nationale des Association d’usagers de transports (FNAUT), Pierre Gogin, premier coprésident de l’Union sport & cycle, Jean-François Toussaint, médecin, professeur de physiologie, Jean-Philippe Santoni, pneumologue, Fondation du souffle, et Sébastien Vray, association « Respire ».

 


Pour en savoir plus : www.ouest-france.fr

Mis à jour le 9 novembre 2017