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BPCO : adoptez de bon réflexes

Nicolas Roche, professeur de pneumologie à l’hôpital Cochin, spécialiste de la broncho-pneumopathie chronique obstructive fait le point sur cette maladie peu connue et pourtant très répandue.

 

Qu’est-ce que la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) ?

La BPCO est une maladie chronique des bronches qui se caractérise par un rétré- cissement progressif et une obstruction permanente des voies aériennes et des lé- sions destructrices des poumons (emphysème), entraînant par là même une gêne respiratoire. Plus de 80 % des personnes atteintes le sont à cause du tabagisme, les 20 % restants sont liés à l’exposition à des poussières dans l’exercice professionnel : on pense historiquement aux mineurs auxquels il faut ajouter les travailleurs du BTP, les agriculteurs, les employés de l’industrie textile également… Certains épisodes aigus, appelés exacerbations, peuvent conduire aux urgences et engager le pronostic vital du patient !

 

Quels sont les symptômes pouvant nous alerter et comment la diagnostiquer ?

La BPCO est avant tout responsable d’un essoufflement anormal lors des activités physiques, s’accentuant très progressivement et rendant le quotidien de plus en plus difficile. Cet essoufflement peut être précédé ou accompagné d’une toux productive chronique, mais ce symptôme n’est pas systématique. Des bronchites fréquentes ou traînantes doivent également mettre la puce à l’oreille du patient ou de son médecin traitant : il n’est pas normal d’avoir trois ou quatre épisodes de ce type chaque année. Pour poser le diagnostic de l’altération de la capacité respiratoire, il convient de procéder à un examen de mesure du souffle, la spiromé- trie, pratiquée surtout par les pneumologues.

 

Quels sont les bons réflexes à adopter ?

Tout d’abord, il faut bien sûr arrêter le tabac, quelle que soit la sévérité de la maladie : l’arrêt sera toujours bénéfique. Il convient également, chaque année, de se faire vacciner contre la grippe. La vaccination contre le pneumocoque est aussi recommandée. Les personnes essoufflées vont avoir tendance à spontanément réduire leur activité physique, ce faisant elles vont perdre de la masse musculaire… et ce déconditionnement musculaire va aggraver leur essoufflement ! C’est une double peine pernicieuse avec un essoufflement primitif lié à la maladie respiratoire, secondairement renforcé par l’essoufflement lié à la réduction de l’activité physique. Des symptômes anxieux ou dépressifs sont fréquents dans ce contexte. Il est donc crucial de maintenir ou reprendre une activité physique régulière pour maintenir la meilleure condition possible et limiter le handicap.

 

Peut-on guérir de la BPCO ?

Malheureusement non, les dégâts de la maladie sont en grande partie non ou peu réversibles… mais une prise en charge adaptée peut très nettement soulager l’essoufflement et prévenir les exacerbations, d’où l’importance de la détecter au stade le plus précoce possible. Les traitements sont alors en deux volets, médicamenteux (inhalateurs) et non-médicamenteux (exercice physique). Si l’on ne peut pas en guérir, l’on peut toutefois grandement améliorer le quotidien des personnes touchées par la BPCO. Nicolas Roche, professeur de pneumologie à l’hôpital Cochin, spécialiste de la broncho-pneumopathie chronique obstructive fait le point sur cette maladie peu
connue et pourtant très répandue

 


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Mis à jour le 5 décembre 2017