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La BPCO : chronique, silencieuse, mortelle, méconnue

La BPCO, ou Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive, est une maladie chronique du poumon, inconnue du grand public, alors qu’elle est la 4ème cause de mortalité dans le monde. Du fait de sa progression insidieuse, les malades consultent encore trop tard. En France, 3,5 millions de personnes sont atteintes dont deux tiers l’ignorent… Ils sont pourtant essoufflés au moindre effort ou à bout de souffle.

 

Il faut saluer le combat des pneumologues, ces spécialistes du poumon, qui essaient d’imposer le terme de BPCO, pour broncho-pneumopathie chronique obstructive. C’est vrai qu’il y a tout le drame de cette maladie dans ce nom compliqué et imprononçable. Une maladie à laquelle il faut penser car elle touche jusqu’à 10% de la population des pays industrialisés et est en augmentation constante depuis 20 ans avec plus de 44 millions de malades dans le monde.

 

La BPCO, c’est la bronchite. Mais la bronchite qui obstrue et qui tue.

La BPCO c’est, plus que le cancer du poumon, la fin pénible et inéluctable du fumeur qui, jour après jour, année après année, détruit ses poumons. Notre corps ne peut pas vivre sans oxygène. C’est le carburant principal de notre moteur. Le corps ne peut donc pas vivre sans poumons. C’est en effet là que l’oxygène passe dans le sang par l’intermédiaire des alvéoles, sorte de sacs au bout de nos bronches. Pour avoir une idée de cette surface d’échange, si l’on étalait toutes nos alvéoles sur le sol, cela représenterait, pour chacun de nous, l’équivalent d’un court de tennis.

 

Le souffle c’est la vie.

Notre « capital souffle » vit en permanence sous la menace des agresseurs, au premier rang duquel il faut mettre le tabac, mais aussi les microbes et un certain nombre de polluants industriels. Notre court de tennis en péril, se transforme en table de Ping-pong.

Qui tousse et crache, même sans fièvre, tous les matins, est atteint de BPCO. Simple et banal, mais voilà le piège. Il ne faut surtout pas banaliser ces signes en pensant qu’il est normal de tousser lorsque l’on fume, car à moyen terme, cette BPCO non soignée évolue vers un rétrécissement progressif et irréversible du calibre des bronches. L’air aura du mal à passer… alors apparaîtra un essoufflement progressivement croissant qui n’inquiète que tardivement lorsqu’il perturbe la vie quotidienne. C’est souvent à ce moment-là que le fumeur consulte. Le médecin peut effectivement lui montrer, chiffres à l’appui, que ses poumons ne respirent plus très bien, mais il est à ce stade plutôt démuni. Les solutions efficaces n’existent qu’au début de la maladie, dès le début de l’essoufflement. Elles se raréfient, comme l’air qui arrive aux poumons, au fur et à mesure que le mal progresse. Le stade ultime est le recours à la bouteille d’oxygène. La vie reliée à un tube. Rien de bien réjouissant.

 

Une seule attitude : le dépistage

Alors, en cas de toux grasse ou si l’on vit avec un grand fumeur, il faut regarder si en marchant ou en montant les escalier on est plus essoufflé que quelqu’un d’autre du même âge. Si c’est le cas, il faut consulter car on peut mesurer le capital souffle. C’est un examen très simple, la spirométrie, que pratiquent les médecins généralistes au même titre que la prise de la tension artérielle, grâce à un petit appareil qui sur une simple expiration violente, permet de nous classer en 3 catégories.

La catégorie verte, est celle du capital intact. La catégorie orange, celle de l’alerte qui peut à tout instant virer au rouge, et là le recours au pneumologue est indispensable. En une vingtaine de minutes il pourra, grâce à quelques instruments de mesure, savoir s’il s’agit d’une BPCO.

On peut  parfaitement être atteint sans le savoir car l’essoufflement, que chacun de nous connaît lors d’une émotion ou d’un effort qui dure, est un symptôme trop tardif. Le grand responsable est le tabac. Plus on commence à fumer jeune, plus le risque de la maladie est grand. C’est le nombre d’années de tabagisme qui importe pour développer la BPCO, pas la consommation quotidienne de tabac.

 


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Mis à jour le 10 janvier 2018