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Alimentation, activités physiques et insuffisance respiratoire

maladies respiratoires

 

 

L’insuffisance respiratoire, à travers diverses maladies comme la BPCO, l’asthme, le cancer des poumons, l’apnée du sommeil, etc… touchent des millions de personnes en France. Les chiffres sont alarmants…

Pour la BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive), une inflammation et une obstruction permanente et évolutive des bronches dues dans plus de 80% des cas au tabagisme, on parle en 2016 de 2,5 millions de personnes touchées, de 120 000 hospitalisations et de 16 000 décès. L’asthme quant à lui concerne 4 millions de personnes en France et entraîne 600 000 journées d’hospitalisation chaque année.

Les maladies qui provoquent une insuffisance respiratoire chronique comme la BPCO et l’asthme ne se guérissent pas mais un traitement adapté, l’arrêt du tabac pour les fumeurs et une attention portée sur son alimentation et une activité physique régulière peuvent aider à améliorer la qualité de vie des malades. On imagine encore trop souvent que l’essoufflement dû à l’insuffisance respiratoire n’est pas compatible avec le fait de pratiquer une activité physique ou sportive. C’est faux, et en réalité, bouger, chacun à son rythme, selon son âge et ses capacités, mais bouger régulièrement est la plupart du temps bénéfique pour retarder l’évolution et parfois faire reculer l’insuffisance respiratoire. L’activité physique régulière associée à des bonnes habitudes alimentaires permet d’éviter alors le surpoids, voire l’obésité et la sédentarité qui sont les ennemis jurés des maladies chroniques.

Comment convaincre les patients de bouger davantage et comment s’y prendre lorsque l’on est malade pour trouver la motivation et de bons conseils ? Voici quelques éléments de réponses avec des experts de la question et des patients qui nous parlent de leur expérience personnelle sur le sujet.

INTERVIEW DU DOCTEUR PIPERNO, PNEUMOLOGUE À LYON

66 Millions d’Impatients : À quoi ressemble une activité physique adaptée (APA) pour des patients insuffisants respiratoires ?

Dr Piperno : Quelle que soit la maladie chronique, qu’il s’agisse de maladies respiratoires, cardiaques ou diabétiques, le programme en activité physique adaptée est souvent le même. Dans tous les cas, les malades sont tentés de diminuer leur activité physique, et risquent alors d’être pris dans un cercle vicieux, d’accélérer l’évolution de leur maladie et d’aggraver leur état de santé général.

Concrètement, en activité physique adaptée, le but est surtout de favoriser la musculation des quadriceps, car ce sont les masses musculaires qui portent le corps, et également celle des membres supérieurs car ce sont ceux dont on se sert dans la vie de tous les jours. Il est important aussi de travailler la souplesse, l’équilibre et un peu de cardio.

Il existe des centres de réhabilitation respiratoire partout en France même si bien entendu le réseau mérite d’être développé (voir la carte des centres de réhabilitation respiratoire). Les médecins également sont sûrement trop peu informés sur leur existence et diffusent donc peu le message à leurs patients. Pourtant l’activité physique fait bel et bien partie intégrante du traitement. C’est aussi important que de prendre ses médicaments.

Y a-t-il des maladies respiratoires qui méritent que les patients soient particulièrement vigilants, voire surveillés lors de la pratique d’activités physiques ou sportives ?

Tout à fait, car il y a des malades qui « désaturent » à l’effort, c’est-à-dire qu’en faisant un effort, l’oxygénation diminue. C’est le cas par exemple pour les patients qui ont de l’emphysème ou des fibroses pulmonaires. Il faut alors bien évaluer ces malades dans leur capacité à faire des efforts car faire un effort en hypoxie, c’est-à-dire en manquant d’oxygène, peut s’avérer dangereux. On pratique des tests d’effort en laboratoire pour voir comment ils réagissent et adapter leur activité physique en fonction des résultats. Si besoin, on propose une rééducation respiratoire afin de ne pas se laisser glisser vers une sédentarisation qui entrainerait non seulement une perte des capacités respiratoires mais ajouterait également divers risques de santé comme le surpoids, le diabète, etc… Cette rééducation permet de récupérer de réelles capacités respiratoires. Certains patients se sentent parfois incapables de faire certains efforts en arrivant et y parviennent au bout de quelques semaines. On ne peut pas leur rendre des poumons neufs, mais on va les aider à être moins essoufflés pour un même type d’effort. Dans certains cas malheureusement, il y a des malades qui sont mis sous oxygène dès qu’ils marchent ou font un effort. On appelle cela une oxygéno-thérapie de déambulation.

Comment convaincre des personnes rapidement essoufflées qu’il est bon pour elles de pratiquer une activité physique ?

Parlons ici des personnes souffrant de BPCO et d’insuffisance respiratoire. Il s’agit souvent de malades âgés, qui ont probablement longtemps fumé, qui n’ont pas forcément eu une activité physique régulière ou qui ont arrêté depuis un certain temps. Il faut leur faire comprendre que de limiter ou d’arrêter la pratique d’une activité physique régulière va augmenter l’essoufflement à l’effort. C’est un cercle vicieux car plus on se sédentarise, moins les muscles sont performants, moins l’organisme, d’une manière générale, s’adapte bien à l’effort et plus l’essoufflement augmente. Au début on s’essouffle pour les efforts importants et, peu à peu, même les gestes du quotidien entraînent des essoufflements. L’activité physique régulière, c’est-à-dire tous les jours, est vraiment très recommandée aux personnes souffrant de BPCO en particulier et d’insuffisance respiratoire en général. Lorsque je parle d’activité physique, il s’agit d’un très large spectre, qui comprend par exemple la marche au quotidien, le fait de monter les escaliers plutôt que de prendre l’ascenseur, faire ses courses, son ménage, du bricolage, etc…

L’insuffisance respiratoire est-elle incompatible avec la pratique du sport ?

Je vais plutôt m’attarder sur les cas d’asthme pour parler de sport, car beaucoup d’asthmatiques sont jeunes et ont envie de faire du sport, de danser, de courir, etc… Pour les cas de BPCO, c’est un peu différent comme je viens de l’expliquer, car il s’agit d’une population souvent plus âgée et pour laquelle j’insisterai davantage pour parler non pas de sport mais d’activité physique régulière.

Pendant longtemps, on a dit aux enfants asthmatiques de ne surtout pas faire de sport car cela risquait de leur déclencher une crise. Aujourd’hui on revient sur ce point. D’ailleurs, cela n’empêche pas de grands sportifs asthmatiques de remporter des médailles (NDRL : voici une petite liste d’asthmatique célèbres dont des grands sportifs trouvée sur internet). L’asthme n’est pas du tout une contre-indication à la pratique du sport, mais il faut adapter le traitement pour permettre de le faire dans les meilleures conditions. Le problème pour les personnes asthmatiques, ce n’est pas le sport, c’est l’observance des traitements car il y a un vrai défaut dans le suivi de la prise de leur traitement. J’en profite pour préciser que les médecins ne sont plus sensés signer de dispense au sport à l’école pour un enfant asthmatique. Après, ce qui est discutable, c’est le système d’évaluation des activités sportives à l’école, et notamment au baccalauréat, car une jeune asthmatique peut être défavorisé par rapport à ses camarades.

L’asthme à l’effort n’est plus une cause de mortalité ; d’ailleurs en France, le nombre de décès dus à l’asthme a bien baissé. Il est passé de 2000 décès annuels à moins de 1000 désormais. Cela met en lumière les progrès que l’on a fait concernant les traitements et cela montre également qu’il y a finalement peu de décès par rapport au nombre impressionnant d’asthmatiques en France. Généralement les personnes qui en meurent sont soit des cas non diagnostiqués, soit des cas d’asthme extrêmement aigus mais dont la mort n’est pas forcément déclenchée par le sport.

En résumé, on peut dire qu’il n’y a pas de risque pour un asthmatique à faire du sport et qu’au contraire, cela ne peut qu’améliorer sa qualité de vie. Non seulement le sport n’est pas une contre-indication mais c’est bel et bien une indication. Plus on pratique d’activité physique et moins on fera d’asthme à l’effort. Cela décale le seuil de déclenchement des crises.

Evidemment dans le cas des sportifs de très haut niveau, il arrive qu’ils fassent des crises et pour les éviter ils ont recours à deux techniques : soit ils déclenchent délibérément une crise juste avant une compétition pour parvenir à une période dite « réfractaire », durant laquelle ils ont très peu de chance de refaire une crise ; soit ils prennent un bronchodilatateur avant l’effort pour éviter la crise.

FOCUS SUR LA BPCO AVEC TRISTAN MARECHAL, KINÉSITHERAPEUTE EN BRETAGNE

Peut-on pratiquer une activité physique, quel que soit le stade de la BPCO ?

Mon opinion est que l’on peut pratiquer une activité alors que l’on souffre d’une BPCO, quel que soit le stade de la maladie, avec bien entendu la notion primordiale d’adaptation et c’est bien pour cela que l’on parle pour les malades chroniques d’activité physique adaptée (APA). D’ailleurs sur le sujet, il me semble qu’il est difficile d’adapter un protocole standard car il est question de s’adapter pour chaque patient et à chaque instant. Donc à partir du moment où l’on s’adapte au patient, ce dernier peut pratiquer une activité physique quel que soit le stade d’avancée de sa maladie. Prenons l’exemple d’une femme âgée de 80 ans, qui n’a jamais vraiment pratiqué de sport, qui présente divers problèmes respiratoires : pour elle, c’est de toute façon bénéfique de venir au cabinet faire ne serait-ce que 10 minutes d’activité physique adaptée. C’est forcément mieux que de ne rien faire. On va en outre l’accompagner avec des conseils d’hygiène de vie, lui proposer de petits exercices simples qu’elle pourra reproduire à la maison, comme de s’appuyer sur une chaise et de monter sur la pointe des pieds puis sur les talons, de monter les genoux, l’un après l’autre, de faire des accroupissements, des génuflexions ; de manière plus ou moins rythmée, le tout en régulant sa respiration.

L’activité physique adaptée, c’est parfois des exercices aussi simples que cela ?

Oui, quand je vous parle d’exercices adaptés pour une femme âgée, insuffisante respiratoire et plutôt sédentaire, on est finalement peut-être très loin de ce que les gens imaginent quand on parle d’activité physique adaptée ou de sport santé qui est très à la mode en ce moment, pourtant cela passe aussi par ces petites choses. Je crois d’ailleurs qu’il faut arrêter d’avoir cette image d’Epinal du senior souriant inscrit dans un club de sport santé. C’est formidable que cela existe mais ce n’est pas le quotidien des malades que je croise là où je vis. La plupart de mes patients sont très âgés, parfois très dégradés. Il faut bien comprendre que les patients qui se rendent dans des réseaux d’activité physique adaptée sont encore assez en forme pour s’y rendre. Personnellement, les patients que je vois c’est, soit parce que je me déplace à leur domicile, soit au cabinet pour ceux qui ont la chance d’habiter tout près. Il se trouve par ailleurs que je travaille dans un quartier assez défavorisé, où beaucoup de gens sont sans emploi et désocialisés. Pour eux, la notion de santé est très évanescente. Il n’est pas rare que malgré un diagnostic de BPCO, ils continuent à fumer et à boire de l’alcool. Nous avons avec eux un vrai travail à faire simplement pour les ramener dans un parcours de soins. Il faut presque les forcer à venir faire de la kinésithérapie, donc nous sommes très loin de pouvoir envisager leur proposer de faire une activité physique dans un club.

Parlez-nous du programme de réhabilitation respiratoire RespiBreizh, dans lequel vous êtes impliqué en tant que kinésithérapeute.

Il faut savoir que la BPCO manque d’un cruel manque de dépistage. Beaucoup de médecins traitants ont des patients qui présentent une BPCO mais ils ne les déclarent pas comme tels. Est-ce de la négligence ? Est-ce un manque de formation sur la pathologie ? Est-ce parce qu’ils ne savent pas quoi proposer à leurs patients s’ils posaient explicitement le diagnostic ? C’est difficile à déterminer mais il y a clairement un sous-dépistage De fait le programme de réhabilitation respiratoire RespiBreizh, auquel je participe et qui est financé par l’URPS médecin avec un budget de la CPAM en lien avec  l’ARS (Agence Régionale de Santé), est sous-exploité. On n’a pas assez de patients qui viennent alors que l’on est dans une région où l’on sait qu’il y en a beaucoup. Les médecins ne nous adressent pas assez leurs patients. Pourtant il y a au sein du réseau RespiBreizh une diététicienne qui fait de l’éducation thérapeutique et coordonne le réseau, 2 kinésithérapeutes et un diplômé STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives)… Il y a à disposition pour les patients des vélos, des tapis de marche, des ateliers thérapeutiques avec des temps de parole, mais tout est sous-utilisé. Il faut néanmoins rester positif. Nous avons déjà vu plus de 100 patients (sur un potentiel de 400). Ces patients sont adressés essentiellement par les pneumologues mais peu à peu nous glissons vers des adressages provenant des médecins libéraux du secteur. Ces patients bénéficient également d’une formation en éducation thérapeutique (on parle d’ETP). Nous avons encore une marge de progression et les intervenants dans le projet sont motivés. En particulier, les kinésithérapeutes qui peuvent agir auprès des médecins qu’ils connaissent.

Cela dit, c’est vrai aussi que c’est parfois difficile de motiver les patients à bouger. Pourtant on voit des résultats probants. Je pense à plusieurs patients que je suis depuis quelques mois et qui ont évité cette année les 2 hospitalisations qu’ils font en général régulièrement chaque année pour détresse respiratoire. Ce qui est délicat, c’est que dans leur quotidien, je ne suis pas sûr qu’ils se sentent beaucoup plus en forme, mais c’est un fait : ils évitent des épisodes d’hospitalisation grâce à l’activité physique adaptée pratiquée régulièrement.

INTERVIEW DE NATHALIE GARCIA, DIÉTÉTICIENNE-NUTRITIONNISTE À BORDEAUX ET MEMBRE DE L’ASSOCIAITON RVtality*

66 Millions d’Impatients : Quels bénéfices peut apporter une alimentation saine et équilibrée dans le cadre des maladies respiratoires ?

Une alimentation saine et équilibrée est essentielle pour tout le monde et particulièrement pour les personnes qui ont une maladie chronique respiratoire. Elle permet une amélioration de la qualité́ de vie, de la respiration et de la tolérance à l’effort. De ce fait, la prise en charge nutritionnelle fait partie intégrante de la réhabilitation respiratoire.

Certaines habitudes alimentaires ou certains aliments peuvent-il aggraver ou soulager certaines maladies respiratoires comme l’asthme ou la BPCO ?

Oui, les habitudes alimentaires peuvent jouer un rôle sur l’évolution des maladies respiratoires. Voici quelques conseils nutritionnels :

  • Augmenter les apports en fibres (légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses) a un effet bénéfique sur le contrôle de l’asthme et permet également de réduire l’inflammation des voies respiratoires. Cela permettrait également de freiner le développement de la BPCO et une amélioration des débits bronchiques.
  • Varier les sources de protéines pour ne pas se lasser (viande blanche, poisson, œufs, soja, légumineuses…)
  • Favoriser les aliments riches en oméga-3 qui peuvent aider à diminuer l’inflammation. On les trouve dans les poissons gras (saumon, truite, sardines…) et les graines oléagineuses (noix, amandes, noisettes…)
  • Diminuer la consommation de graisses saturées (viande grasse, charcuterie, crème fraiche) pour éviter l’augmentation de l’inflammation et l’aggravation des symptômes de l’asthme (toux, respiration sifflante, essoufflement et oppression thoracique)
  • Limiter les produits sucrés, l’alcool et le sel
  • Eviter les fast-foods et les préparations culinaires du commerce

Veiller à une hydratation suffisante pour favoriser le processus de circulation tout en gardant les poumons hydratés et prêts à éliminer les toxines indésirables.

Spécificités pour la BPCO (25 à 50% des personnes atteintes d’une BPCO ont une mauvaise situation nutritionnelle et au moins 20% sont en état de dénutrition) :

  • Attention à la dénutrition, c’est-à-dire à l’état dans lequel les besoins en énergie ou en protéines de l’organisme ne sont pas couverts. Il est important de rester vigilant si on constate une perte d’appétit et consommer alors des aliments plus riches (fromages à pâte ferme)
  • Adopter une alimentation fractionnée pour limiter les difficultés respiratoires avant et après les repas
  • Augmenter les apports nutritionnels lors de la réhabilitation (source de dénutrition)

L’asthme peut-il être provoqué par des allergies alimentaires ?

Tout à fait. Quand les poumons réagissent sous l’effet d’un allergène, la personne peut avoir une crise d’asthme (difficultés pour respirer, sifflements…). On parle alors « d’anaphylaxie ». C’est une manifestation grave de l’allergie alimentaire. Elle va souvent débuter par des signes allergiques au niveau de la peau (urticaire), de la bouche et de la gorge (picotements, gonflement) puis va se poursuivre par des difficultés respiratoires. Il peut même y avoir une baisse de la tension artérielle avec une perte de connaissance. On parle alors de choc anaphylactique, celui-ci est une véritable urgence vitale et se traite par l’injection d’adrénaline. Il est nécessaire d’être pris en charge par des professionnels de santé.

Beaucoup d’insuffisances respiratoires sont dues à la pollution et/ou à la cigarette. Existe-t-il une alimentation adaptée qui compense un peu leurs effets nocifs ?

La pollution et le tabagisme accélèrent le vieillissement des poumons et favorisent l’apparition de maladies respiratoires chroniques. Mais à en croire une étude parue dans European Respiratory Journal, il est possible de ralentir le déclin de la fonction pulmonaire en consommant régulièrement des fruits frais.

Il ressort que la consommation de thé, pommes, bananes, tomates et vitamine C est liée à un ralentissement du vieillissement pulmonaire.

Les chercheurs indiquent que les tomates sont riches en lycopène, une substance antioxydante connue pour réduire l’inflammation des bronches. Ils supposent également que les flavonoïdes, une autre famille d’antioxydants présente dans de nombreux aliments, pourraient jouer un rôle protecteur.

Le surpoids est-il un facteur aggravant de l’insuffisance respiratoire ?

Une surcharge pondérale liée à la BPCO peut entraîner d’autres problèmes de mécanique respiratoire. L’obésité abdominale comprimant le diaphragme empêche une pleine respiration et conduit à une diminution de la capacité pulmonaire. Enfin l’association d’un syndrome d’apnées du sommeil est également fréquente dans cette population et nécessite un diagnostic et une prise en charge spécifique. L’apnée obstructive du sommeil est la forme la plus courante. Elle apparait lorsque les voies respiratoires supérieures (langue, nez, pharynx, larynx) empêchent le passage de l’air.

Est-ce recommandé de consulter un diététicien-nutritionniste lorsque l’on est atteint de maladies respiratoires ?

Il est effectivement souhaitable de consulter un diététicien ou un nutritionniste pour atteindre et maintenir un poids santé permettant de conserver votre énergie, améliorer votre qualité de vie et votre capacité physique et prévenir les infections.

Que l’on désire perdre ou prendre du poids, je conseille de le faire sous la supervision d’un spécialiste de la nutrition pour aider à bâtir une alimentation adaptée, saine et équilibrée.

Y a-t-il des cas où les consultations de diététique et nutrition sont prises en charge par l’assurance maladie ?

Pour les personnes atteintes de pathologies respiratoires, il y a plusieurs possibilités :

  • Les consultations chez un médecin nutritionniste sont prises en charge par l’Assurance maladie.
  • Selon les complémentaires santé et les contrats, quelques consultations chez un diététicien-nutritionniste peuvent être prises en charge chaque année.
  •  L’inclusion dans un programme d’éducation thérapeutique à l’hôpital ou en ville comprenant un atelier sur l’équilibre alimentaire est possible.
  • L’admission dans un centre de réhabilitation respiratoire avec prise en charge globale est également envisageable et sera prise en charge par l’Assurance maladie.

*RVtality est une association réunissant une équipe de professionnels de santé (technicienne respiratoire, psychologue addictologue et diététicienne nutritionniste). RVitality est un projet innovant destiné à proposer des activités physiques en réalité virtuelle aux patients souffrant de la broncho pneumopathie chronique obstructive (BPCO). RVitality a obtenu le Grand prix du jury et le prix AstraZeneca au Respir’h@cktion 2017.

TÉMOIGNAGE DE CHANTAL, 68 ANS, RETRAITÉE, ATTEINTE DE BPCO DEPUIS 2006 ET VIVANT EN BRETAGNE

J’ai appris que j’étais atteinte de BPCO en 2006. On m’a dit que c’était probablement à cause du tabac alors que j’avais pourtant arrêté depuis 25 ans. Cela dit, j’ai toujours beaucoup toussé, tout comme ma mère et ma grand-mère avant elle. J’ai donc des antécédents.

En 12 ans, ma capacité respiratoire a diminué et pour retarder l’évolution de la maladie, je m’entraine régulièrement. Avant le diagnostic, je faisais de la danse mais je n’étais pas une grande sportive. Dès l’annonce de la maladie, lors des examens à l’hôpital, les médecins m’ont dit tout de suite qu’il fallait que je pratique de la réhabilitation respiratoire. Ils m’ont inscrit dans une clinique pour que j’en fasse 3 fois par semaine avec un kinésithérapeute et j’ai continué durant toutes ces années. Cela me stimule d’aller dans un centre de réhabilitation. J’ai un vélo d’appartement à la maison et je l’utilise également mais je trouve cela bien plus difficile d’être assidue quand je suis seule. Cela dit, avec des amies rencontrées au centre de réhabilitation, nous nous envoyons des textos quand nous montons sur nos vélos d’appartement pour nous motiver les unes les autres. Je pratique également du stretching postural et du yoga une fois par semaine dans des clubs classiques. Cela m’aide à mieux respirer et à travailler le corps car j’en ai besoin. Les professeurs savent que je suis insuffisante respiratoire mais les autres pratiquants ne le savent pas. Je suis gênée d’en parler à vrai dire et je me rends compte que j’ai beaucoup plus de mal que les autres à pratiquer ces activités. Je préfèrerais désormais les pratiquer dans des structures d’activités physiques adaptées à ma pathologie et où je me sentirais sans doute mieux accompagnée et où je pourrais échanger avec d’autres malades. J’ai cherché autour de chez moi en Bretagne mais je n’ai rien trouvé à moins de 50km, ce qui est un peu loin pour aller faire une séance de sport. J’aimerais beaucoup faire des randonnées en groupe par exemple, car je ne trouve pas la motivation pour aller marcher toute seule.

Je suis certaine que ces diverses activités physiques pratiquées depuis toutes ces années m’ont aidée à retarder les effets de la maladie. Il me semble évident que si l’on reste dans son canapé, on s’atrophie, on perd très vite en muscles, et on est rapidement diminué. Si je n’avais pas fait cela, je pense que je ne serais plus là pour en parler. En fait, je tiens à être en forme pour profiter de mes petits-enfants et de mon mari. Côté alimentation, je n’ai pas eu besoin de changer mes habitudes car j’ai toujours cuisiné moi-même et mangé sainement.

TÉMOIGNAGE DE PASCAL, 64 ANS, RETRAITÉ ET SOUFFRANT D’APNÉES DU SOMMEIL

On m’a diagnostiqué une apnée du sommeil il y a 3 ans. Cela dit, cela faisait 6 mois que je laissais traîner le problème et que je me sentais notamment incroyablement fatigué, même le matin après ce que je pensais être une bonne nuit de sommeil. On m’a alors proposé un appareil avec lequel dormir la nuit. A l’époque je fumais quasiment un paquet par jour et je n’avais jamais eu de gênes respiratoires.

J’ai donc commencé à dormir avec la machine mais au bout d’un mois, je ne sentais pas d’amélioration et on a même dû changer la machine qui faisait trop de bruit. Il y a eu plusieurs mois de réglages, de changements de machines mais depuis 1 an enfin, je me sens moins fatigué. Je parviens à refaire même un peu de sport, à mon niveau, car j’ai eu il y a quelques années un grave accident qui a beaucoup réduit ma mobilité. Cependant désormais je parviens à faire tous les jours une vingtaine de minutes de vélo d’appartement et de tapis de course. Entre temps, j’ai également arrêté de fumer et j’ai fait une cure thermale. Peu à peu, grâce à la reprise d’activités physiques, à l’arrêt du tabac, au traitement avec l’appareil et au fait de prendre mieux soin de moi, les résultats positifs sur ma santé physique et morale se font sentir. En outre, après mon accident il y a 10 ans, j’avais pris 10kg, puis 10 supplémentaires lorsque j’ai arrêté le tabac. Mais depuis 7 mois j’ai changé mes habitudes alimentaires pour perdre du poids. Je mise sur les légumes, je limite la viande, le gras, le sucre, j’ai quasiment supprimé l’alcool. J’ai bénéficié de conseils de base donnés par une diététicienne que j’ai consultée. Aujourd’hui, quand je me lève le matin, je suis en forme, j’ai envie de faire des choses, comme tout le monde !

 


Pour consulter l’article en intégralité : www.66millionsdimpatients.org

Mis à jour le 7 mai 2018