syndrome d'apnées obstructives du sommeil

Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil

Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil est défini par la survenue répétitive, au cours du sommeil, d’obstructions complètes ou partielles des voies aériennes supérieures, responsables d’apnées (une apnée, du grec a-pnein, sans respirer, est définie par l’arrêt du flux aérien pendant plus de dix secondes).

Mis à jour le 24 Septembre 2014

Le SAOS est un syndrome fréquent… souvent non détecté. Celui-ci touche en effet entre 3,5 et 5% de la population française. Il affecte environ 4% des hommes et 2% des femmes.

Les enfants sont concernés également. Aujourd’hui, environ 400000 personnes bénéficient d’une assistance ventilatoire nocturne au masque.

On considère qu’en France, huit apnéiques sur dix restent non diagnostiqués et donc non traités.

Mis à jour le 24 Septembre 2014

Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) est défini par la survenue répétitive, au cours du sommeil, d’obstructions partielles (hypopnées) ou complètes (apnées) des voies aériennes supérieures.

Pendant le sommeil, la personne souffrant de SAOS subit un rétrécissement de son pharynx lié à un relâchement musculaire. Ce qui entraîne une circulation de l’air plus difficile et un ronflement à cause des vibrations du voile du palais et de la langue. Si les voies aériennes se ferment complètement, la personne s’arrête de respirer : c’est l’apnée obstructive.

Une apnée, du grec a-pnein, sans respirer, est définie par l’arrêt du flux aérien pendant plus de dix secondes. La gravité se mesure par l’indice d’hypopnées/ d’apnées (IHA), nombre d’hypopnées et d’apnées pendant une heure de sommeil. Quelques apnées ou hypopnées isolées n’entraînent pas de troubles particuliers. En revanche, lorsqu’il se produit plus de cinq apnées ou hypopnées par heure de sommeil, on parle de syndrome d’apnées obstructives du sommeil.

Les apnées sont responsables durant le sommeil de réveils de quelques secondes dont le sujet n’a pas conscience : les micro-éveils. Ceux-ci perturbent les phases de sommeil profond réparateur. Les épisodes de pauses respiratoires contrarient le sommeil profond réparateur et provoquent une somnolence qui peut être à l’origine d’accidents de la route ou du travail. Certaines études montrent une multiplication par six des risques d’accidents en automobile.

Non traitées, les apnées du sommeil entraînent de graves problèmes de santé, notamment un risque d’hypertension artérielle . Normalement, pendant le sommeil, la fréquence cardiaque et la pression artérielle diminuent, ce qui permet au cœur de se reposer.

Les apnées augmentent la pression artérielle. Lorsque celle-ci est trop élevée, le cœur travaille trop fort, ce qui peut provoquer un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire-cérébral. En outre, le syndrome d’apnées du sommeil peut être à l’origine d’une dépression, d’une diminution de la fonction sexuelle. Il peut entrer dans la cadre d’un syndrome métabolique associant des troubles du métabolisme lipidique (hypercholestérolémie) et glucidique (diabète non insulino-dépendant) à une obésité.

Mis à jour le 24 Septembre 2014

  • Signes cliniques :

Les conseils du Dr Bernard Fleury, pneumologue responsable de l’Unité de sommeil à l’hôpital Saint Antoine

Les symptômes évocateurs du syndrome de l’apnée du sommeil sont les suivants :

–> Symptômes nocturnes :

– ronflements,
– arrêts respiratoires décrits par l’entourage,
– réveils nocturnes fréquents, souvent pour aller uriner (polyurie : augmentation anormale du volume des urines ),
– sommeil non récupérateur,
– tension artérielle élevée la nuit,
– parfois, sueurs nocturnes.

–> Symptômes diurnes :

– somnolence au cours de la journée,
– maux de tête le matin,
– irritabilité,
– dépression,
– manque d’énergie,
– troubles de la concentration et de la mémoire.

Des problèmes sexuels (baisse de la libido) peuvent apparaître également.

  • Diagnostic :

Un enregistrement pendant le sommeil est nécessaire pour poser le diagnostic.

Deux types d’examens peuvent être prescrits.

Si la symptomologie est très évocatrice, on effectue une polygraphie ventilatoire, souvent en ambulatoire (à domicile) C’est un enregistrement sur toute la nuit, à l’hôpital ou chez le patient des paramètres respiratoires, cardiaques et de la saturation en oxygène dans le sang.

En cas de doute ou pour contrôler le traitement, on effectue une polysomnographie, actuellement le plus souvent en hospitalisation. La polysomonographie est un examen plus complet qui enregistre aussi l’activité du cerveau, afin de reconnaître les différents stades du sommeil. Elle permet aussi le diagnostic d’autres pathologies du sommeil (mouvements périodiques des membres par exemple).

Grâce aux avancées technologiques et à la miniaturisation, la polysomnographie pourra être de plus en plus pratiquée en ambulatoire. Un ronflement associé à une somnolence diurne doit faire évoquer un syndrome d’apnée du sommeil. Il est possible de réaliser une auto-évaluation, grâce à une échelle Epworth.

Mis à jour le 24 Septembre 2014

Chez l’enfant, la cause la plus fréquente d’apnée du sommeil est la présence de grosses amygdales qui sont souvent la conséquence d’angines ou de rhinopharyngites à répétition.

D’autres causes sont liées aux malformations faciales congénitales (maladie de Pierre Robin par exemple) ou à des anomalies chromosomiques (trisomie 21…).

L’obésité est aussi un facteur de risque. L’hypertrophie amygdaliennne étant la principale cause de SAS, elle est traitée par l’amygdalectomie dont le taux d’efficacité est élevé.

Conseil : si votre enfant a les amygdales gonflées, qu’il ronfle et que sa respiration s’accompagne de pauses silencieuses pendant la nuit, n’hésitez pas à consulter un médecin. Une mauvaise alimentation et le manque d’activités physiques affectent le sommeil de l’enfant. Il faut donc veiller à l’hygiène alimentaire et encourager l’enfant à se dépenser.

Mis à jour le 24 Septembre 2014

  • Traitement curatif :

Trois types de traitement existent.

> Le traitement de référence est la Ventilation par Pression Positive Continue (VPPC).

Celle-ci est indiquée pour les apnéiques faisant plus de 30 apnées par heure ou des micro-éveils nombreux. Cette technique consiste à appliquer une pression au niveau des voies aériennes supérieures, par l’intermédiaire d’un masque nasal relié à une source de pression. Cette pression maintient les voies aériennes ouvertes, ce qui permet de supprimer les apnées. Et donc de normaliser le sommeil. 15% des patients refusent immédiatement l’appareillage et 35% l’abandonnent au bout de 5 ans.

> Le deuxième type de traitement est l’Orthèse d’Avancée Mandibulaire (OAM).

Cette prothèse, portée la nuit, avance la mâchoire inférieure, ce qui dégage le pharynx pour laisser passer l’air. Elle peut être proposée en première intention si le patient présente un syndrome d’apnées peu sévère car elle ne supprime pas toutes les apnées et hypopnées. Elle peut être discutée en cas de refus de la VPPC par des patients sévères. Son taux d’efficacité globale est à peu près de 60%. Précision importante, il est possible de proposer au patient une alternance : machine chez soi et orthèse en déplacement.

> Le troisième type de traitement est la chirurgie.

Deux techniques sont utilisées :

– La première, l’uvulo-palato-pharyngoplastie (UPPP) vise à élargir l’oro-pharynx. Réalisée sous anesthésie générale, elle consiste en une amygdalectomie (ablation des amygdales) associée à une résection des piliers postérieurs de l’amygdale, d’une partie de la luette ainsi que des replis muqueux de la paroi postérieure du pharynx.

Pendant des années, on a beaucoup utilisé cette technique qui comptait moins de 30% de succès. C’est pourquoi cette opération a perdu beaucoup de son intérêt et est effectuée en présence d’un énorme voile du palais et de grosses amygdales. Elle peut aussi compliquer le traitement par Pression Positive Continue.

– Le deuxième traitement chirurgical est une chirurgie d’avancée maxillo-mandibulaire. Ce qui consiste à avancer les deux mâchoires. Cette opération est pratiquée sur les apnéiques jeunes, ne présentant pas de maladie cardio-vasculaire. Le taux d’efficacité de cette technique est inférieur à celui obtenu par VPPC et peut poser des problèmes d’articulé dentaire. Le traitement du syndrome des apnées obstructives du sommeil est nécessairement collaboratif. Pneumologues, cardiologues, neurologues, oto-rhino-laryngologistes et dentistes travaillent ensemble.

  • Traitement préventif (hygiène et condition de vie) :

Des changements de mode de vie peuvent aider à gérer l’apnée du sommeil :

– Perdre du poids : l’excès de poids est un facteur de risque de l’apnée du sommeil.

– Avoir une activité physique : l’exercice contribue à un sommeil de qualité.

– Arrêter de fumer : en effet, le tabagisme aggrave les symptômes du SAS.

– Avoir des habitudes de sommeil régulières : aller se coucher et se lever à peu près aux mêmes heures aide à avoir un bon sommeil.

– Eviter l’alcool et les somnifères : ceux-ci peuvent avoir pour effet de trop relâcher les muscles de la gorge. En cas de difficulté à l’endormissement, il vaut mieux prendre un bain chaud, une tisane ou lire.

– Dormir sur le côté : cette position peut réduire les symptômes de l’apnée du sommeil.

Mis à jour le 24 Septembre 2014

Pour l’instant, on ne dispose pas de médicaments pour traiter les apnées du sommeil.

Mais il faut préciser que les traitements par machine et orthèse ont beaucoup progressé et progressent encore.

En outre, précise le Dr Bernard Fleury, pneumologue responsable de l’Unité de sommeil à l’hôpital Saint Antoine, « le malade doit savoir qu’il n’est pas seul, il y a des associations de malades, une prise en charge par des prestataires ».

Mis à jour le 24 Septembre 2014

Merci au Professeur Damien LEGER pour la relecture et la validation de cet article.

Sources :
www.syndrome-apnee-sommeil.fr

Association pulmonaire (Canada) ANAES

– Rapport sommeil, Ministère de la Santé et des Solidarités, décembre 2006

– Vecchierini, Marie-Françoise et Levy, Patrick, Du ronflement au syndrome d’apnées du sommeil, John Libbey Eurotext, Paris, 2004.

 

Lettre du Souffle:

Télécharger la lettre du souffle N°50

syndrome d'apnées obstructives du sommeil

 

Mis à jour le 24 septembre 2014

« Je suis appareillé depuis 20 ans »
Jean-Claude Roussel, 68 ans

« Il y a une vingtaine d’années, j’allais très mal, j’étais constamment fatigué mais on ne savait pas pourquoi. J’ai eu deux accidents de la route parce que je m’étais endormi au volant : une première fois, j’ai roulé sur le rail de sécurité de l’autoroute pendant quelques secondes ; la deuxième fois, je suis entré en collision avec une autre voiture sur une route de campagne. Après ces deux immenses frayeurs, je suis retourné voir mon médecin.

Toujours pas d’explication. Puis, un jour mon médecin généraliste est allé à une formation sur l’apnée du sommeil. Sur le chemin du retour, il m’a appelé d’une cabine téléphonique. Il pensait avoir trouvé ma maladie : l’apnée du sommeil.

Effectivement.

Les premiers enregistrements effectués ont détecté des apnées très importantes.

Lorsque j’ai été équipé de la machine à pression positive contrôlée (PPC), j’ai ressenti un bienfait quasi immédiat. L’appareil n’est pas si gênant que certains le disent. D’autant plus que les machines ont fait d’immenses progrès depuis vingt ans.

Elles sont maintenant toutes petites et quasi-silencieuses. Et puis, les bénéfices sont largement supérieurs aux contraintes. L’apnée du sommeil est encore trop largement méconnue. Il faut dire que le ronflement -un des signes- est banalisé dans notre société. Aussi, cela n’inquiète pas. Il est indispensable d’informer le grand public et de généraliser le dépistage de cette maladie. »

Témoignage recueilli par Anne-Sophie Glover-Bondeau

« Je ne pourrais plus dormir sans ma machine »
Marie-Agnès Wiss, 51 ans

« Mes soucis de santé ont commencés après la naissance de mon troisième enfant. J’avais alors 32 ans. J’étais épuisée tout le temps. On a mis cela sur le compte de mon accouchement par césarienne, de ma prise de poids, de ma vie de mère de famille avec enfants en bas âge. Cela pendant trois longues années.

Un matin, j’ai eu un accident de voiture alors que ma fille de trois ans était avec moi. C’est elle qui m’a réveillée en criant. Je m’étais endormie. Juste des dégâts matériels mais une grande peur. Une de mes tantes, infirmière, m’a conseillée d’aller à une consultation à l’hôpital. J’ai appelé. Huit jours après, j’y étais. Le médecin m’a trouvée endormie dans la salle d’attente. En cinq minutes, il a fait un diagnostic, confirmé par des enregistrement : apnées du sommeil très sévères.

90 apnées par heure. J’avais 35 ans.

En 15 jours, je me suis retrouvée appareillée. Le médecin m’a clairement dit que je n’avais pas le choix. La première nuit où j’ai porté mon appareil, mon mari m’a dit le matin qu’il avait enfin pu dormir.

Cela faisait des années qu’il me surveillait la nuit car il avait peur quand j’arrêtais de respirer. Moi, j’ai eu l’impression qu’on avait ouvert une fenêtre et que de l’air rentrait dans ma tête. Au bout de quelques semaines, je me sentais déjà mieux. Le 14 décembre, cela fera 16 ans que j’ai mon appareil de PPC.

Bien sûr, parfois, je suis lasse de le porter mais je refuse de dramatiser. Il y a tellement pire comme situation. Seize ans après, je ne voudrais pas rendre ma machine ! »

Caucasian male with sleep apnea wears a CPAP machine mask in bed.

Machine à ventilation par pression positive continue (VPPC)

Témoignage recueilli par Anne-Sophie Glover-Bondeau.

Mis à jour le 24 Septembre 2014

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*Source : Données chiffrées européennes du Livre Blanc de l’ERS (European Respiratory
Society).

Mis à jour le 15 Avril 2015