accueil
accueil
lien vers le site vaccination de la grippe
lien vers le site prévention tabac
lien vers le site asthme à la une
don en ligne
abonnez vous à la lettre du souffle !

 

Agresseurs du souffle

 
L'Amiante

1- Qu’est-ce que l'amiante ?
 
    L’amiante est un minéral fibreux qui possède de remarquables propriétés d’isolant thermique et phonique.
 
Les mines d’amiante se situent essentiellement dans l’Ex URSS, en Afrique australe et au Canada.
En France, il existait une mine à Canari, dans le Cap Corse.
 
Son utilisation industrielle a commencé dès le début du siècle dernier, avec une accélération aux USA à l’occasion de la seconde guerre mondiale.
En France, la consommation a été croissante jusqu’au milieu des années 1970, avant d’amorcer une décrue régulière, jusqu’à l’interdiction totale de 1997.
 
La transformation de l’amiante en produits finis a en effet persisté jusqu’à 1997.
L’amiante était incorporé avec le ciment (amiante-ciment ou fibro ciment) et utilisé sous de multiples formes dans le bâtiment (laissant persister un risque lors des travaux d’entretien), ainsi que comme matériel de friction et joints.
Il a été utilisé massivement dans la construction navale.
désert

 
2- Les maladies de l’amiante
 
 
    La prise de conscience des effets néfastes de l’amiante a été lente.
 
Outre les intérêts commerciaux sous-jacents, une des raisons de ce retard est le très long délai moyen qui sépare l’exposition et les maladies engendrées.
Ce délai est d’une quarantaine d’années pour la manifestation la plus grave, le mésothéliome.
 
Les maladies dues à l’amiante sont dans l’immense majorité des cas liées à une exposition professionnelle.
 
Une enquête de l' Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) a montré que plus d’un quart des travailleurs ayant pris leur retraite en 1998 avait été exposé à l’amiante (Imbernon, 1999).
Quant à l’appréciation des risques liées à l’exposition passive des occupants d’immeuble contenant de l’amiante, elle reste très difficile.
déflocage
 
 
 
3- L’Asbestose
désert
 
 
    La première maladie rapportée de façon certaine à l'exposition professionnelle à l'amiante fut l'asbestose, signalée dès 1906 et décrite dans les années 1920.
 
Ce terme d'asbestose ne désigne au sens strict que la fibrose pulmonaire liée à l’amiante. On peut la rapprocher de la silicose des mineurs.
La paroi des alvéoles pulmonaires s'épaissit, réduisant le passage de l'oxygène de l'air des alvéoles pulmonaires vers le sang, entraînant un essoufflement et dans les formes graves, aujourd’hui exceptionnelles, une insuffisance respiratoire.
 
Pour faire une asbestose, il faut avoir été exposé de façon intense et prolongée aux fibres d'amiante.
Ainsi, on rencontre essentiellement cette maladie chez les mineurs ou minotiers d'amiante, dans l'industrie de transformation de l'amiante, et chez les calorifugeurs.
 
Le scanner thoracique permet aujourd’hui de dépister des formes discrètes de cette fibrose pulmonaire.
 
 

4- Le cancer broncho-pulmonaire
 
 
    Dès l'avant guerre, on avait signalé la fréquence des cancers du poumon chez les travailleurs atteints d'asbestose. Cette notion fut prouvée par une étude épidémiologique anglaise en 1950 (Doll).
 
Les grandes études de Sélikoff sur les calorifugeurs nord-américains des années 1960-1970 ont confirmé que l'amiante seul augmentait le risque de cancer du poumon, mais encore plus quand il était associé au tabac.
 
Le rôle du tabac est prédominant dans ce cancer : l'effet de l'amiante est très difficile à mettre en évidence pour des populations soumises à des expositions faibles.
 
Rappelons qu'en France, les décès par cancer du poumon sont passés de 5000 en 1950 à 25000 actuellement, en lien avec l'augmentation du tabagisme.
 
Les épidémiologistes attribuent 85 à 90%  des cancers pulmonaires au tabac,  et environ 5% à l'amiante.
 
Il est très important d’arrêter de fumer quand on a été exposé à l’amiante.
désert
 
 
5- Le mésothéliome
 
 
    C'est en 1960 que Wagner décrivit en République Sud Africaine la fréquence du cancer de la plèvre (fine membrane enveloppant les poumons et recouvrant l'intérieur de la cage thoracique) chez les mineurs d'amiante bleu.
 
La fréquence de ce cancer appelé mésothéliome était très rare avant l'utilisation généralisée de l'amiante (environ 2 cas par million d'habitants et par an).
 
Sa fréquence a augmenté de façon impressionnante dans tous les pays industrialisés. Une étude réalisée à partir des registres des cancers estime que sa fréquence a augmenté de 25% tous les trois ans entre 1979 et 1990.
 
En 1999, le  nombre de décès est estimé à 800 pour la France entière. On prévoit une augmentation de ce nombre jusqu’à un pic de 1500 vers 2015, avant de pouvoir espérer une réduction.
 
L'élément majeur à prendre en compte pour ce cancer est qu'il peut succéder à des expositions professionnelles très brèves et très faibles.
Par contre, son délai de survenue est très long dépassant en moyenne 30 à 40 ans.
 
Son pronostic est particulièrement sévère.
 
On a décrit des cas chez des personnes vivant sous le même toit que des travailleurs de l'amiante (exposition domestique), et chez des sujets vivants au voisinage d'usine ou de chantiers manipulant l'amiante. Il est très difficile d'apprécier le risque lié à la pollution dans des locaux floqués à l'amiante.

 
désert
 
 
6- Les lésions pleurales bénignes
désert
 
    Un autre type de lésions pleurales a été décrit dans les années 60 : les plaques pleurales fibro-hyalines.
 
Il s'agit d'épaississements localisés de la plèvre pariétale (qui tapisse l'intérieur de la cage thoracique).
Contrairement aux mésothéliomes, il s'agit d'affections très bénignes, ne donnant aucun symptôme, mais très fréquentes dans les populations exposées à l'amiante.
 
Elles constituent actuellement l’immense majorité des maladies professionnelles reconnues par la Sécurité Sociale (voir rubrique Déclarer une maladie professionnelle).
 
Comme le mésothéliome elles demandent plusieurs dizaines d'années en moyenne pour apparaître. De la même façon, elles peuvent succéder à des expositions faibles et brèves.
 
Il est important de souligner que ces plaques ne se transforment pas en cancer de la plèvre.
 
 
7- Autres conséquences de l’amiante
 
    L'amiante peut être responsable d'autres maladies non cancéreuses de la plèvre, plus rares mais pouvant diminuer les capacités respiratoires : pleurésies et épaississements plus diffus de la plèvre tapissant le poumon (plèvre viscérale).
 
Pour les maladies pleurales, comme pour l’asbestose, le scanner est obligatoire pour obtenir une reconnaissance de maladie professionnelle.
désert
 

Merci au Pr Edmond CHAILLEUX, Centre Hospitalier Universitaire de Nantes (44), auteur de ce texte.

Références bibliographiques :

Expertise collective INSERM, Effets sur la santé des principaux types d’exposition à l’amiante, Les Editions INSERM, Paris, 1997.

Conférence de consensus pour l’élaboration d’une stratégie de surveillance médicale clinique des personnes exposées à l’amiante, Revue des Maladies Respiratoires, 1999, vol 16, n°6 bis.

Peto, J. et coll,  The European mesothelioma epidemic, Br J Cancer, 1999,79,  p.666-672.
 
Liens vers d'autre sites :
Association loi 1901, reconnue d'utilité publique depuis 1916 CNMR - 66, bd St Michel - 75006 Paris - contact@lesouffle.org