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Conférence sur les substituts nicotiniques

 
Conférence du Dr Iatchev sur les méthodes de sevrage
 
Le 1er juin 2007, le Dr Iatchev du Comité de Paris contre les maladies respiratoires donnait une conférence sur les méthodes de sevrage. Résumé.

Nature du tabac
Cela fait environ quatre siècles que l’on utilise le tabac en Europe. On a importé le tabac sans le connaître beaucoup. En comparaison, nous connaissons le blé depuis 10 000 ans. Dès 1828, la nicotine est connue. Dans les années 1930-1950, on a commencé à étudier la composition du tabac.. C’est seulement dans les années 1980 qu’a été étudiée l’intégralité de ce que contient le tabac : plus de 4000 substances composent celui-ci.
Robert Doll, épidémiologiste et statisticien anglais, publie en 1955 une étude sur les fumeurs. Il suivra pendant 30 ans un large échantillon de médecins et d’infirmières fumeurs. Et a découvert que ceux qui fumaient avaient un temps de vie réduit de façon extraordinaire (on sait aujourd’hui que le fumeur d’un paquet de cigarettes perd 10 à 14 ans de vie). On s’est alors posé des questions : qu’y a-t-il dans la cigarette pour causer ses effets ? Comment faire arrêter les personnes qui fument ?
En 1967, le Dr Ferno, médecin militaire suédois a l’idée de charger de nicotine des gommes pour des sous-mariniers qui ne devaient pas fumer. Idée très vite reprise par le monde de l’industrie pharmaceutique.
 
 
La dépendance
En fait, la dépendance à la cigarette est multiple. La première dépendance, la plus simple, est physique. A celle-ci s’ajoutent d’autres dépendances, plus subtiles, liées à l’inconscient : une dépendance psychologique, une gestuelle, une que l’on pourrait qualifier de dépendance de pur réflexe et une cinquième dépendance, plus difficile à expliquer, qui est sociale.
La médecine a conclu que la dépendance première était celle à la substance, celle dont dépendaient les autres.
 

Les méthodes de sevrage
Le premier des substituts nicotiniques, ce sont les gommes à la nicotine. Viennent ensuite les comprimés sublingaux et pastilles, qui fonctionnent sur le même principe :la nicotine passe à travers la muqueuse de la bouche puis dans le sang, pour arriver au cerveau.

La troisième arme contre le tabac, ce sont les patchs. Ceux-ci introduisent la nicotine dans le corps du fumeur par voie transdermique : la nicotine se délivre en traversant la peau, arrive dans le sang, puis au cerveau. La dose de nicotine dans le sang arrive de façon lente et très soutenue. La nicotine utilisée dans les substituts nicotiniques n’est en rien différente de celle contenue dans les cigarettes ;  elle est filtrée et débarrassée des 3999 autres substances du tabac.

Cette façon de remplacer la nicotine de la cigarette par la nicotine du patch agit et comble la dépendance physique du fumeur. Les autres dépendances (telles que la dépendance gestuelle ou psychologique…) ne sont pas influencées par ce mode de traitement. Or, chez certains fumeurs, la dépendance gestuelle et/ou la dépendance psychologique est plus prononcée que la dépendance physique. Chacun des fumeurs est un cas différent des autres.

Deux sortes de patchs existent : ceux de 16h et ceux de 24h. Leurs différents avantages et
inconvénients ? Les patchs portés 24h délivrent de la nicotine pendant la nuit, ce qui peut entraîner un sommeil léger, perturbé ; en revanche, le lendemain matin il n’y a pas de symptôme de manque. Les patchs portés durant 16h permettent au contraire une nuit calme mais la matin l’envie de fumer est très forte.
Quand on est sous patch, on peut avoir de très fortes envies de fumer : c’est pour cela qu’on associe les patchs à des substituts oraux (pastilles, gommes, ..). Rappelons qu’il n’y a aucun danger à combiner ces deux méthodes. Depuis le 1er février, les patchs sont remboursés sur prescription médicale à hauteur de 50 euros le premier mois.

Autre traitement de substitution, l’inhalateur (avec cartouche imbibée de nicotine). C’est le seul moyen qui permet de combler en grande partie une dépendance à la gestuelle. Si l’on est un gros fumeur, il est toujours bon de consulter : la consultation de tabacologie permet l’évaluation et le suivi du sevrage.
 

Dernièrement, sont apparus deux médicaments qui sont basés sur un mécanisme autre que la substitution.

Le Zyban tout d’abord, qui a été utilisé en première intention comme anti-dépresseur. Les résultats avec le Zyban ne sont pas foncièrement différents des patchs (entre 30 et 34% de succès dans les différentes études). Le prix du Zyban est supérieur à celui des patchs.

Le deuxième produit est le Champix (Varénicline). Ses résultats sont encourageants. La Varénicline agit sur les récepteurs nicotiniques, endroits sur lesquels se fixe la nicotine. La nicotine, une fois introduite dans le corps, se fixe sur ces récepteurs-là. La Varénicline bloque les récepteurs. Deux actions en découlent : les récepteurs sont comblés, la Varénicline a un effet proche de celui de la nicotine sans en être (effet agoniste). D’autre part, si on fume,la nicotine n’arrive plus à se fixer sur les récepteurs ; ainsi, on ne retire aucun plaisir du fait de fumer.. Au final : pas de symptômes de manque, pas de stress, pas d’envie de se suralimenter.
 
Autres méthodes
Viennent ensuite d’autres méthodes : les thérapies cognitives et comportementales-qui ont prouvé depuis longtemps leur efficacité- ainsi que des thérapies considérées par la médecine allopathique comme marginale-mais qui toutes ont leur place dans la lutte contre le tabagisme- telles l’acupuncture, l’hypnose, la mésothérapie.
ASGB
 
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