accueil
accueil
lien vers le site vaccination de la grippe
lien vers le site prévention tabac
lien vers le site asthme à la une
don en ligne
abonnez vous à la lettre du souffle !

 
Interview de Loïc LEFERME (plongeur apnéiste) - Décédé le 11 avril 2007
 
Loïc Leferme est décédé le 11 avril 2007 des suites d'un accident d'apnée dû à une défaillance du système de contre-poids.
 
Rendez-vous le 20 juin 2006 avec un champion du souffle, recordman du Monde d’apnée absolue -171 M
 

 
ASGB :Dites-nous (ou rappelez-nous) ce que vous faites dans la vie
Loïc Leferme : je suis plongeur en apnée « no limit », c’est-à-dire descente absolue.
Je détiens cinq records du monde. J’ai 36 ans. Je vis à Nice avec ma femme et mes deux enfants.(NDLR :  dans la plongée « no limit », l’apnéiste descend avec un poids et remonte rapidement à l’aide d’un ballon gonflé d’air, aussi appelé parachute.)

ASGB :Décrivez-nous un peu votre parcours
Loïc Leferme : J’ai habité à partir de 10 ans dans le sud de la France. J’ai fait beaucoup de montagne, d’escalade. A Nice, j’ai pratiqué l’apnée avec des amis pour m’amuser dans les années 1990, après les exploits de Jacques mayol. Il n’y avait pas grand chose en apnée à l’époque. Tout était à faire. Et on l’a fait ! Le mouvement de l’apnée moderne s’est créé. Ce sont les pratiquants qui se sont organisés en Fédération Internationale. Cinquante pays sont affiliés.
 
ASGB : Qu’appelez-vous apnée moderne ?
Loïc Leferme : On est passé d’une apnée individuelle à une apnée collective. Avant, il y avait des records, comme ceux de Jacques Mayol et compagnie. Maintenant, il y a toujours des records mais c’est plus structuré. Les débuts de l’apnée moderne ont eu lieu dans la rade de Villefranche-sur-Mer.

ASGB :Quelle est votre actualité ?
Loïc Leferme : Je fais des séminaires et des conférences dans les entreprises. J ‘utilise l’eau comme un vecteur de relâchement. J’enseigne une discipline bien-être plutôt qu’un sport. Les gens sont détendus dans l’eau. Sinon, je m’entraîne tous les jours car je veux faire une nouvelle tentative pour aller encore plus profond pas cet été, mais l’été d’après.
 
ASGB : Avez-vous été content d'être choisi comme parrain de l'opération Capital Souffle?
Loïc Leferme : J’ai été super content. J’aime bien donner mon image pour des choses qui me correspondent. C’est une belle campagne. Et il me semble que c’est bien de prévenir (NDLR : les maladies respiratoires) plutôt que d’agir après. Le souffle, ça me correspond. Tout vient du souffle et de son utilisation .On vit mal quand on utilise mal le souffle.
 
ASGB :Pourquoi avoir accepté d’être le parrain de Capital souffle ? En quoi cela vous semble important de vous engager pour cela ?
Loïc Leferme : J’ai parrainé un week-end avec des jeunes atteints de la mucoviscidose. Pendant ces deux jours, j’ai vu comment ils le vivaient, comment ça fonctionnait. J’étais plus actif. Ça m’a sensibilisé par rapport à la campagne Capital souffle. Je n’ai pas envie de donner mon image à des choses que je ne connais pas et dont je ne peux pas parler.
Etre parrain de Capital souffle, c’est assez sympa car ça m’a permis de discuter avec pas mal de médecins. Nous, les apnéistes, on a développé un vocabulaire que les médecins ont développé dans leur pratique. J’ai appris des choses d’eux et moi je leur ai donné des tuyaux. On fait des choses qui ne sont théoriquement pas faisables. Notre pratique pourrait servir à mieux comprendre l’asthme par exemple. Nous n’avons pas assez l’occasion d’échanger avec les médecins.

 
 
 
ASGB : Quels conseils pouvez-vous donner sur le souffle et la respiration ?
Loïc Leferme : Il faut beaucoup expirer et,, à l’expiration, beaucoup se relâcher. Il faut expirer plutôt qu’inspirer. Quand on expire à fond, on se détend et c’est ça qui est important. Quand on respire bien, on se détend physiquement et on est donc détendu dans la tête. Je le vois quand je fais des séminaires. Les gens entrent avec un certain comportement et en ressortent détendus. C’est très gratifiant pour moi. Je leur apporte vraiment quelque chose.
 
ASGB : Rappelez nous l’importance du souffle pour pratiquer l’apnée. Que se passe-t-il au niveau de la respiration pendant l’apnée ?
Loïc Leferme : Le souffle ne doit servir qu’à se détendre. Si quelqu’un souffle très fort mais  ne se détend pas, cela ne sert à rien. Au niveau physiologique, on fait le moins de mouvements possibles, ainsi on peut rester sous l’eau le plus longtemps possible. Le corps consomme moins d’oxygène car les muscles ne bougent pas. Les muscles au repos ne consomment pas d’oxygène.
 
ASGB : Que faites-vous au quotidien pour entretenir votre souffle ?
Loïc Leferme : Dans la vie quotidienne, je cours et je nage. Je fais pas mal d’exercices où je laisse écraser les poumons à cause de la pression.

 
 
ASGB : Vous jouez de l’harmonica. Là-aussi, il faut du souffle et surtout bien l’utiliser ?
Loïc Leferme : J’utilise beaucoup l’harmonica pour le plaisir. On doit maîtriser sa respiration pour jouer d’un instrument. Cela m’aide aussi dans la maîtrise du diaphragme, à gérer le souffle et le relâchement.

 
ASGB : Avez-vous déjà fait ou avez-vous songé à donner des cours sur la respiration à des malades respiratoires ?
Loïc Leferme : Je ne l’ai jamais fait. J’ai eu l’idée mais il faut passer par des laboratoires, des hôpitaux. On ne m’a jamais sollicité. Pourtant, il y aurait des choses très intéressantes à faire.
 

ASGB : Une rencontre  entre vous et des malades respiratoires organisée par le Comité National contre les maladies respiratoires vous intéresserait ?
Loïc Leferme :  C’est une idée. Cela m’intéresserait beaucoup. Il nous faut juste une piscine !

 
 Site de Loïc Leferme : http://loic.leferme.free.fr/

 
ASGB
 
 
 
 
Association loi 1901, reconnue d'utilité publique depuis 1916 CNMR - 66, bd St Michel - 75006 Paris - contact@lesouffle.org Tél : 01 46 34 58 80