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La Fibroscopie bronchique
 
 
Entretien avec le Dr Fayssal El Husseini, praticien attaché associé, Service de pneumologie de l’Hôtel Dieu, consultation pneumologie/phtisiologie.
 
 
 
ASGB : Dans quels cas réalise t-on une fibroscopie bronchique ?
Dr El Husseini : C’est l’examen le plus fréquent en pneumologie, à visée diagnostique et thérapeutique. Dans la majorité des cas, une fibroscopie est réalisée afin de poser un diagnostic. On peut aussi réaliser des actes thérapeutiques. La pathologie la plus fréquente qui nécessite de faire une fibroscopie est la Broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). On peut également réaliser une fibroscopie dans le cadre d’un bilan pré-opératoire.
 
ASGB : Comment cela se passe concrètement ?
Dr El Husseini : Le patient est informé sur le déroulement de l’examen, sur les risques et les gestes techniques. Une note explicative lui est remise préalablement. Le jour même, le personnel paramédical explique ce qui va se passer tout comme le médecin qui peut répondre à toutes les questions.
Le fibroscope est introduit dans le nez du patient alors que celui-ci est assis dans un fauteuil. Le médecin va pouvoir examiner les bronches et la trachée. Il est possible que le médecin pratique une biopsie (prélèvement d’un fragment de la muqueuse respiratoire ou d’une lésion) ou fasse un lavage broncho-alvéolaire (injection de sérum physiologique sur une zone, liquide aspiré ensuite pour être analysé).
 
ASGB : Est-ce désagréable ? Peut-on être anesthésié ?
Dr El Husseini :
Cet examen est angoissant mais pas douloureux. On pratique une anesthésie locale à l’aide d’un pulvérisateur et, dans certains cas, une anesthésie générale. L’anesthésie locale est faite pour endormir le nez, la gorge et la langue. La collaboration du patient est essentiel lors de cet examen.
 
ASGB : J’ai très peur, que peut-on faire ?
Dr El Husseini : Il est possible d’avoir une anesthésie générale dans certains cas. Il ne faut pas hésiter à demander des calmants si besoin est.
 
ASGB : Quelles sont les normes d’hygiène ?
Dr El Husseini : Le matériel est désinfecté suivant un protocole établi par les circulaires ministérielles. Les gestes d’hygiène sont bien sûr respectées pendant l’examen.
 
ASGB : Combien de temps dure cet examen en moyenne ?
Dr El Husseini : Une fibroscopie simple demande 5 à 10 minutes. S’il y a des prélèvements et un lavage alvéolaire, cela prend plus de temps.
 
ASGB : Faut-il se préparer à l’examen ? Doit-on prendre son traitement habituel avant l’examen ?
Dr El Husseini : Il faut être à jeun afin d’éviter le reflux dans les voies aériennes. L’anesthésie locale annihile le réflexe de défense pendant 1h30 à 2h. On peut manger deux heures après l’examen. Le patient peut prendre son traitement habituel, sauf  dans certains cas.
 
ASGB : Où se passe l’examen ?
Dr El Husseini :
A l’hôpital, dans les services de pneumologie mais aussi dans les cliniques ou les centres de pneumologie. On peut pratiquer une fibroscopie bronchique en salle de réveil, au bloc opératoire ou au lit d’hospitalisation pour les patients qui ne peuvent pas se déplacer.
 

ASGB : Peut-il y avoir des complications ?
Dr El Husseini :
La mortalité liée à cet examen est de 0,04 ‰. C’est infime mais l’examen n’est pas anodin. Il y a plus de risques quand des prélèvements sont effectués. Le praticien doit toujours peser le bénéfice et le risque de cet examen. Il existe d’autres examens qui peuvent contourner la fibroscopie bronchique.
Les complications peuvent être des malaises vagaux, surtout chez les jeunes très angoissés, une désaturation (manque d’oxygène), une hémoptysie massive, surtout en cas de biopsie. A long terme, il peut y avoir une infection mais c’est extrêmement rare. Et il s’agit souvent d’une infection plus haute que l’on fait descendre avec le fibroscope.
Des effets secondaires peuvent être liés à la sensibilité des patients à l’anesthésie locale. A dose forte, la xylocaïne peut entraîner des vomissements et tremblements. Il peut y  avoir une difficulté à déglutir ou à respirer. Il faut éviter de parler après car cela peut faire tousser.
 
ASGB : Peut-il y avoir des effets secondaires ?
Dr El Husseini : Si des biopsies ont été effectuées, il est possible de tousser et de cracher un peu de sang pendant quelques heures. Si les crachats sanglants persistent, il faut prévenir le médecin.
De la fièvre et des frissons peuvent aussi survenir à la luite d’un lavage.
 
 
ASGB : Y a t-il des contre-indications ?
Dr El Husseini :
Oui, une dyspnée sévère, des troubles sévères de la coagulation, une instabilité cardiaque, etc…
 
 
ASGB
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