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Le premier souffle du nouveau-né

Le premier souffle du nouveau-né : le début de la vie aérienne


La respiration du fœtus


L’activité respiratoire et circulatoire fœtale est très différente de celle de l’adulte. Le placenta joue un rôle prédominant dans les échanges entre le fœtus et la mère, notamment un rôle primordial dans les échanges respiratoires, les fonctions pulmonaires fœtales étant pratiquement absentes, ce qui impose des particularités anatomiques de la circulation fœtale qui disparaîtront à la naissance.
 

En effet, in utero, le fœtus reçoit l’oxygène du placenta, et en cas de tabagisme de la mère le monoxyde de carbone, par la veine ombilicale :
 
  > du placenta part, via le cordon ombilical,  le canal veineux d’Arantius, qui assure l’arrivée du sang directement dans la veine cave inférieure.
 >  le sang oxygéné gagne l’oreillette droite, puis il passe directement dans l’oreillette gauche par un orifice situé entre les deux oreillettes, appelé le trou de Botal ou foramen ovale (ouverture qui  se situe en arrière et en bas de la cloison séparant les deux oreillettes du cœur), de sorte qu’il y a cette période de la vie une communication entre les deux oreillettes et que le sang peut passer dans l’oreillette gauche sans traverser le poumon : les deux ventricules cardiaques fonctionnent donc en parallèle chez le fœtus.
   >Le sang va ensuite dans le ventricule gauche qui l’éjecte par l’aorte dans la partie supérieure du corps. Il perd en chemin une partie de son oxygène puis il redescend dans l’oreillette droite, passe dans le ventricule droit, retourne dans l’aorte par un canal spécial, le canal artériel de Botal qui permet de court-circuiter l’artère pulmonaire et donc les poumons. Le sang descend ensuite dans la partie inférieure du corps,  perd le reste de son oxygène et se charge en gaz carbonique puis revient au cordon ombilical par l’intermédiaire des artères ombilicales.
       » Ainsi, la respiration in utero est assurée par le placenta.
 
 
 

Une véritable révolution respiratoire et cardiaque à la naissance

Immédiatement après la naissance (15 à 20 secondes après en général), le nouveau-né subit des modifications physiologiques importantes en même temps qu’il s’adapte à a vie aérienne.
 A la naissance, lorsque l’enfant prend sa première respiration (premier cri), les poumons se déplissent de façon soudaine et se remplissent d’air.
En même temps, les poumons aspirent le sang provenant du côté droit du cœur, ce qui entraîne une chute soudaine de la pression dans l’oreillette droite. Cette différence de pression sanguine entraîne la fermeture du trou de  Botal (qui assurait la communication entre les deux oreillettes du cœur du fœtus) mais aussi  du canal d’Arantius et du canal artériel de Botal.
 
 > La circulation sanguine devient autonome. Le canal artériel et le canal d’Arantius vont    progressivement  se transformer en tissu fibreux plein.
 > Les deux ventricules cardiaques fonctionnent en série.
 > Les poumons assurent les échanges gazeux.
 > Le nouveau-né est apte à la vie aérienne.
 
Le nombril, cicatrice qui marque l’emplacement du cordon ombilical  dans l’abdomen du fœtus, est le seul témoin externe de notre dépendance passée.
 
 
 
 En savoir plus :
Développement des poumons in utero
Les poumons fœtaux se développent tout au long de la vie intra utérine avec des alvéoles parfaitement fonctionnelles dès la 25ème  semaine de gestation et produisent en permanence du liquide intra  pulmonaire par les capillaires pulmonaires, ainsi que du surfactant  (complexe lipido-protidique tapissant la paroi des alvéoles)  dès la 22ème semaine.
Le surfactant pulmonaire produit par les pneumocytes empêche le collapsus des alvéoles en fin d’expiration et donc l’installation d’une détresse respiratoire. Des mouvements respiratoires fœtaux intermittents sont observés précocement à la phase de sommeil agité et ils semblent contribuer au développement du poumon et au contrôle neuromusculaire de la respiration nécessaire à la naissance.
 
 
En savoir plus :
 
  Détresse respiratoire à la naissance
 
Dans la plupart des cas, ces modifications se produisent sans problème. Seulement 3% à 5% des nouveau-nés  ne respirent pas spontanément à la naissance ou  présentent des gasps (respirations occasionnelles entrecoupées de longues pauses) C’est ce que l’on appelle la détresse respiratoire. Les nouveau-nés doivent alors être réanimés.
Les manœuvres de la réanimation consistent  à :
 
→   Prévenir les déperditions de chaleur: le nouveau-né est séché puis recouvert d’un linge sec. Le fait de le sécher est une stimulation suffisante si le nourrisson présente une dépression légère
→   Dégager les voies aériennes : les voies aériennes supérieures (bouche et nez) doivent être aspirées afin d’éliminer les liquides qu’elles contiennent surtout s’ils sont teintés de sang ou de méconium ( selles épaisses et verdâtres évacuées par le nouveau-né pendant l’accouchement). La présence de méconium dans le liquide amniotique avant l’accouchement traduit un hypoxie ou une anoxie fœtale, c’est-à-dire un manque d’oxygène. Le risque consiste en l’inhalation du méconium par le nouveau-né, pouvant conduire à une détresse respiratoire. Pour le prévenir, cela nécessite une aspiration endotrachéobronchique sous laryngoscope ou via une sonde d’intubation avant ventilation sur celle-ci.
→ Ventiler en pression positive dans la minute qui suit la naissance : on peut ventiler à l’aide d’un insufflateur à main et l’air ambiant.
 
Ces gestes permettent  d’instaurer une respiration  chez plus de trois nouveau-nés sur quatre présentant une détresse respiratoire. Une réanimation plus poussée est nécessaire pour les autres :
 
→ Intubation endotrachéale
→ Aspiration avant administration d’oxygène
→ Massage cardiaque externe
Cette réanimation plus poussée ne peut se faire que dans un établissement de soins  qui dispose de personnels qualifiés, de matériel et des équipements nécessaires en appliquant les règles de bonnes pratiques.
 
 
 
 
 
Un peu d’histoire autour du premier souffle
 
Pour les juristes du Moyen-âge, le nouveau-né n’acquiert pas son statut d’enfant au moment précis où il naît, mais quelques secondes plus tard, quand il pousse son premier cri. Ce cri est considéré comme un acte juridique : le bébé réserve ainsi son héritage paternel, s’il est orphelin de père et, s’il meurt avant sa mère, celle-i pourra en hériter ; à son tour, il transmet l’héritage à sa mère en mourant. Grâce au premier cri de l’enfant, le père pourra conserver la dot de son épouse morte en couches au lieu de la restituer aux parents de cette dernière, comme le veut la coutume. Faire crier l’enfant à la naissance est donc une nécessité pour le bien des familles.
Pour aller plus loin, J.Gélis, M.Laget, M.-F. Morel,, Entrer dans la vie, naissance et enfance dans la France traditionnelle, Paris, 1978.
 
 
Nouvelles dispositions concernant la viabilité du nouveau-né :
 
 
Les critères de viabilité ont été indiqués par la circulaire du 23 juillet 1993. Celle-ci, en référence aux critères de l’OMS, détermine comme limites basses, la durée de gestation de 22 semaines et/ou plus de 500 g et ayant respiré.
 
ASGB
 
Merci au Pr Michel Delcroix, Président de l’APPRI, Responsable Maternité sans tabac qui a relu et validé ce texte.
 
 
 
 
 
 
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