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Maladies respiratoires
Un être humain passe un tiers de sa vie à dormir. Beaucoup considèrent le sommeil comme du temps perdu. Notre société prônant l’hyperactivité le néglige. Or, le sommeil est un temps d’intense activité physiologique permettant tout à la fois le repos et la restauration des fonctions essentielles du corps et de l’esprit. Panorama des ennuis liés au manque de sommeil et des maladies spécifiques. Les Français malades de leur sommeil Heures de travail, rythme professionnel qui impose des résultats, allongements des temps de transport, le sommeil pâtit des nouvelles cadences qui nous sont imposées. En outre, de multiples sollicitations (télévision téléphone, Internet) retardent d’autant plus l’heure du coucher. Conséquence : l’écart entre les besoins réels de sommeil et le temps qui lui est effectivement consacré a tendance à se creuser. D’ailleurs, un Français sur 3 se déclare fatigué et 47% estiment dormir moins qu’ils ne le souhaiteraient. En moyenne, les Français dorment 7 heures et 10 minutes. Rappelons qu’il y a 50 ans, les gens dormaient en moyenne 1 heure et demie de plus. 17% des Français sont somnolents dans la journée. Le manque de sommeil est cité comme première cause de fatigue par 45% des personnes fatiguées et 48% des individus somnolents. Or, « le manque de sommeil peut se rattraper sur le court terme mais pas quand il s’accumule » rappelle l’Institut national du sommeil et de la vigilance (ISV). Il faut dormir davantage pour éviter les accidents cardiovasculaires, un risque accru d’hypertension artérielle et même d’obésité. Les maladies du sommeil Le manque de temps accordé aux périodes de repos n’est pas le seul souci qui guette notre société. En effet, des pathologies spécifiques peuvent ruiner nos nuits. 28% des Français souffriraient d’au moins un trouble du sommeil. La classification internationale distingue six grandes familles de troubles du sommeil : >les insomnies, >les troubles respiratoires au cours du sommeil, >les hypersomnies d’origine centrale non reliées à un trouble du rythme circadien , respiratoire ou autre cause de troubles du sommeil nocturne, >les troubles du rythme circadien, >les parasomnies (somnanbulisme par exemple), >les mouvements anormaux en relation avec le sommeil. Les troubles du sommeil représentent des pathologies spécifiques et des pathologies d’impact intéressant diverses spécialités (pneumologie, neurologie, psychiatrie, cardiologie, pédiatrie, ORL…). Près de 10% des Français seraient touchés par l’insomnie chronique, 5% souffriraient du syndrome des jambes sans repos et 5 à 10% du syndrome d’apnées du sommeil. Source : enquête TNS Healthcare pour l’Institut national du sommeil et de la vigilance (ISV)
Les pathologies du sommeil chez l’enfant Malgré une prévalence élevée, les troubles du sommeil chez l’enfant sont rarement considérés comme une pathologie à part entière. Or, les conséquences sont importantes, notamment sur les apprentissages et les troubles psychopathologiques. Résumé des principales affections. Parmi les troubles rares, on trouve la mort subite du nourrisson dont la compréhension reste incomplète, mais qui semble liée à des difficultés respiratoires au cours du sommeil. Rappelons que les campagnes de prévention, d’information et d’éducation ont conduit à une réduction de moitié du nombre de cas de mort subite du nourrisson. Cela avec des règles très simples : coucher le nourrisson sur le dos, sur un matelas ferme adapté aux dimensions du lit, sans oreiller, ni couette, ni drap, ni couverture mais dans une turbulette ou une gigoteuse plus ou moins épaisse selon la saison, température de la pièce de 18 à 20°. Les troubles du très jeune âge Le nourrisson et le jeune enfant peuvent souffrir d’insomnies pédiatriques conditionnées se traduisant essentiellement par des troubles de l’initiation et de maintien du sommeil. Un pourcentage élevé de celles-ci répondent à des causes comportementales (erreurs de conditionnement au sommeil, absence d’habilités parentales). Certaines répondent à des causes organiques (affections ORL, orthodontiques et respiratoires, coliques…) 1 à 3% des enfants de 3 à 6 ans présentent un syndrome d’apnées du sommeil (SAOS). Chez l’enfant, la cause la plus fréquente de SAOS est la présence de grosses amygdales. Celles-ci sont souvent la conséquence d’angines ou rhinopharyngites à répétition. D’autres causes sont liées aux malformations faciales congénitales (maladie de Robin par exemple) ou des anomalies chromosomiques (trisomie 21…). L’obésité est également un facteur de risque. L’hypertrophie amygdalienne étant la principale cause de SAS, elle est traitée par l’amygdalectomie dont le taux d’efficacité est élevé. Conseil aux parents : si votre enfant a les amygdales gonflées, qu’il ronfle et que sa respiration s’accompagne de pauses silencieuses pendant la nuit, n’hésitez pas à consulter un médecin. Rappelons l’importance de l’examen orthodontique chez l’enfant. Nous pouvons aussi évoquer les insomnies idiopathiques dont les liens avec les troubles psychopathologiques sont en partie démontrés. Les pathologies du sommeil chez l’enfant de 6 à 12 ans Cette tranche d’âge présente un intérêt majeur pour le développement et l’apparition de certaines pathologies du sommeil telles que les parasomnies (somnanbulisme, éveils confusionnels, terreurs nocturnes). Les troubles de l’éveil sont majeurs dans cette tranche d’âge avec possibilité d’apparition d’hypersomnies primaires (narcolepsie, catalepsie, hypersomnies idiopathiques) mais aussi des troubles de l’éveil liés aux pathologies plus fréquentes :trouble déficit de l’attention/hyperactivité(TDAH), SJSR, PLMS). De nombreuses répercussions Métaboliques, cardiovasculaires, cognitives, comportementales… Les conséquences des troubles du sommeil chez l’enfant sont multiples. En outre, l’absence de traitement approprié des troubles du maintien de l’éveil ou de l’attention peuvent conduire à une exposition précoce et excessive aux sédatifs (antidépresseurs, neuroleptiques). Pire, certaines études montrent que les troubles du sommeil, s’ils ne sont pas traités dès le début de la vie, persisteront avec l’âge. D’où l’importance de dépister tôt les problèmes de sommeil chez l’enfant, véritable problème de santé publique, pour l’instant encore trop ignoré. Rappelons pour finir qu’une mauvaise alimentation et/ou le manque d’activités physiques affectent le sommeil de l’enfant. Il faut donc veiller à l’hygiène alimentaire de ses enfants et les encourager à se dépenser. Source : Rapport des Dr Franco, Konofal, Lecendreux, in Rapport sommeil, Ministère de la Santé et des Solidarités ; ANAES Lexique : Idiopathique : d’origine inconnue Hypersomnie : besoin exagéré de sommeil Maladie de Robin : maladie orpheline, se traduisant par une anomalie de développement mandibulaire. Quand les adolescents sont touchés Les pathologies du sommeil de l’adolescent sont principalement l’insomnie, le syndrome de retard de phase, les hypersomnies et, plus rare, le syndrome de Klein Levin. Le syndrome de retard de phase de sommeil touche 7 à 16% des adolescents et représente une cause majeure de troubles dans la tranche d’âge. On note physiologiquement une diminution qualitative et quantitative du sommeil lent profond et une tendance biologique au retard de phase. Celui-ci peut être accentué par des facteurs sociaux comme la pression scolaire ou la diminution de l’influence parentale, les activités scolaires et extra-scolaires, la consommation télévisuelle et informatique. Outre la fatigue et la baisse des performances attentionnelles, les troubles du sommeil peuvent entraîner des syndromes dépressifs avec risque suicidaire, une plus grande vulnérabilité aux affections psychiatriques et un nombre d’accidents par somnolence excessive lors de la conduite. Zoom sur l’insomnie L’insomnie touche 30 à 40% de la population française et se révèle sévère dans 9% des cas. Elle se traduit par des difficultés d’endormissement ou un sommeil fractionné, parfois écourté par un réveil survenant beaucoup trop tôt. Les causes les plus fréquentes de l’insomnie sont liées à la dépression et à l’anxiété. Mais l’insomnie la plus courante est psychophysiologique, c’est-à-dire conditionnée par une situation qui a été à l’origine des difficultés de sommeil. L’insomnie chronique entraîne fatigue, troubles de la concentration et de la mémoire, irritabilité, troubles de l’humeur voire somnolence. Les traitements dépendent de la cause de l’insomnie. Les médicaments pour dormir sont efficaces, mais seulement s’ils sont pris sur de courtes périodes ou en discontinu. L’important est de changer ses habitudes de sommeil. Une prise en charge comportementale peut être efficace. N’hésitez pas à en parler avec votre médecin traitant qui vous orientera si besoin est vers un spécialiste du sommeil. Source : réseau Morphée Réseau Morphée : réseau de santé pour une meilleure prise en charge des troubles du sommeil www.reseau-morphee.org ASGB Merci aux Dr B. Stach et B.Fleury ainsi qu’aux Pr J.L. Racineux et J. Steinbauer pour la relecture et la validation de cet article. |
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