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1916 : les « blessés de la tuberculose »
A l’origine, le CNMR s’appelle le « Comité Central d’aide aux militaires tuberculeux » vite baptisé plus simplement « Comité National de Défense contre la Tuberculose ». Dès sa création, il est assisté de Comités Départementaux. Léon BOURGEOIS en est le président infatigable, grand initiateur de la lutte anti-tuberculeuse en France. Le prix Nobel de la Paix lui sera d’ailleurs attribué en 1920 pour son œuvre sociale. Sa première vocation est la prise en charge des militaires réformés pour tuberculose, appelés " les blessés de la tuberculose ". Il sont plus de 60 000 en 1916. Pour trouver des solutions et manquant cruellement de moyens financiers, le Comité lève des fonds auprès du public lors de la première « journée nationale des tuberculeux anciens militaires », le 4 février 1917. Puis, assisté par la mission Rockfeller à partir de 1917, il met en place un véritable programme de prévention de la tuberculose et de formation des personnels de santé. En 1918, en effet, les armes sont déposées mais le combat contre la tuberculose reste immense. Le nombre de sanatoria et plus généralement de lits pour soigner les tuberculeux est très largement insuffisants. En 1919, la « Loi Honnorat » oblige chaque département à édifier un sanatorium public ou à passer un accord avec un autre département. Les sanatoria se développent. Le rôle des dispensaires d’hygiène sociale, mis en place par la mission Rockfeller, est alors important. Tandis que les sanatoria soignent, leur vocation est de détecter rapidement les nouveaux cas et les prendre en charge avant et après leur traitement. Ils aident au placement dans les établissements de cure, apportent un soutien moral et matériel aux malades et à leur famille. Ils contribuent également à l’éducation sanitaire populaire et participent à la surveillance épidémiologique de la maladie.
1924 : La découverte du BCG
![]() En 1924, c’est la victoire de la science et la
naissance du vaccin BCG. Le Comité National de Défense contre la Tuberculose
organise les campagnes d’information grand public pour généraliser la
vaccination.
Le Comité National de Défense contre la Tuberculose se voit alors confier
l’officielle et lourde tâche de poursuivre l’action de la mission américaine et
de développer sa propre éducation sanitaire. Il doit, pour cela, se faire
connaître du grand public et faciliter ainsi la collecte des fonds nécessaires à
une action médico-sociale antituberculeuse efficace.
Mais pour atteindre ces objectifs ambitieux, les moyens financier manquent.
C’est le Comité de Propagande du Comité National de Défense contre la
Tuberculose qui lance pour la première fois, en 1925, une opération de grande
envergure : la campagne nationale du timbre anti-tuberculeux. Cette
campagne vise deux objectifs : collecter des fonds et développer l’éducation
sanitaire : « l’argent, c’est bien, mais l’éducation antituberculeuse est bien
supérieure, c’est la tâche essentielle », L. VIBOREL, directeur du Comité de
Propagande. Elle est notamment relayée par les enfants des écoles, chargés de
vendre le Timbre antituberculeux.
A partir de cette date, les campagnes du timbre antituberculeux se
succèderont tous les ans avec des styles et des messages différents. Organisées
par le Comité National, elles sont relayées sur le terrain par les Comités
Départementaux.
La 2ème guerre redonne un nouvel élan à la tuberculose. En 1945, la création
de la sécurité sociale marque une étape capitale : désormais tous les
tuberculeux pourront bénéficier des techniques diagnostiques et thérapeutiques
adaptés. Par ailleurs, le dépistage systématique par radiographie se met
progressivement en place.
1944 : l’arrivée des antibiotiques
En 1944, 2ème grande victoire de la science :
Waksman découvre la streptomycine ; en 1946, cet antibiotique est mis à
disposition des Français. En 1952, une autre substance, l’isoniazide, plus
puissante et mieux tolérée est découverte. Les résultats sont spectaculaires et
remettent en cause le schéma traditionnel du traitement de la tuberculose
(pneumothorax, cures sanatoriales). L’arrivée des antibiotiques signifie
guérison de la tuberculose pour une majorité des cas.
Les campagnes du timbres du Comité National de Défense contre la Tuberculose
se poursuivent. Et, même si au fil des années, l’intérêt du public vis-à-vis
d’une maladie que l’on maîtrise et soigne de mieux en mieux, s’émousse, l’esprit
du timbre antituberculeux reste le même : apporter chaque année un message
éducatif en même temps que collecter les ressources financières. ![]()
1970 : Les autres pathologies respiratoires
La tuberculose devient finalement une maladie «
banale » et marque progressivement le pas en France. Elle laisse la place au
développement d’autres pathologies jusque là ignorées : bronchite chronique,
emphysème, insuffisance respiratoire, cancer du poumon… Conscient des nouvelles
préoccupations, le Comité devient « Comité National contre la Tuberculose et les
Maladies Respiratoires » en 1970. Désormais, le thème général des campagnes sera
« Protégez vos poumons ».
En 1976, le Comité affirme son orientation vers les pathologies chroniques.
Il propose son nouvel emblème : « Le souffle c’est la vie ». En 1981, il
confirme sa conversion en devenant « Comité National contre les Maladies
Respiratoires et la Tuberculose ».
La tuberculose s’enfonce dans l’oubli mais continue à sévir dans les milieux
défavorisés (personnes alcooliques, immigrés, chômeurs…).
Oubliée mais pas disparue.
Au début des années 90, la tuberculose semble reprendre de la vigueur. Le
nombre de cas, qui a régulièrement diminué jusqu’alors, remonte. Les causes sont
rapidement identifiées. Puis, entre 1993 et 1997, l’incidence baisse de nouveau
de 30 %. Aujourd’hui elle reste stable.
Désormais, la lutte contre la tuberculose ne représente plus une mission
prioritaire pour le CNMR. En 2000, le Comité National contre les Maladies
Respiratoires et la Tuberculose est donc devenu Comité National contre les
Maladies Respiratoires.
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