L'activité physique, essentielle pour l'asthmatique !  

 

 

Bouger est important pour l’asthmatique, et cela à tous les âges ! Aucune activité n’est formellement contre-indiquée. Il s’agit plutôt de se faire plaisir tout en prenant soin de sa santé !

 

Des études récentes montrent qu’une activité physique régulière améliore fortement la tolérance à l’exercice ainsi que la qualité de vie des asthmatiques et le contrôle de l’asthme.

Aussi, aujourd’hui, « on conseille aux asthmatiques de bouger, tout comme on leur conseille de ne pas fumer et de faire attention à leur poids » explique le Dr Anne Prud’homme, pneumologue, chef de service au centre hospitalier de Bigorre (Tarbes).

 

Les sports conseillés pour l’asthmatique

 

« Les meilleurs sports pour une personne asthmatique, ce sont les sports d’endurance portés, soit natation et cyclisme » informe le Dr Anne Prud’homme.

« L’atmosphère chaude et humide des piscines est aussi favorable » explique-telle. « Et les intolérances aux produits chlorés sont très exceptionnelles » ajoute le Dr Anne Prud’homme. Après, il importe de faire un sport qui plaît, et il n’y a aucune contre-indication absolue » indique le Dr Prud’homme. « Même la plongée sous-marine, interdite aux asthmatiques il y a quelques années, est autorisée à certaines conditions ». « On peut faire de la plongée sous-marine enbouteille sous réserve d’une surveillance stricte et si l’on est certain que l’asthme est bien contrôlé » ajoute-t-elle. Il faut juste éviter les grandes profondeurs ! « De la même façon, on ne va pas interdire d’emblée à un asthmatique de faire de l’équitation, la personne essaie et on voit comment cela se passe » informe la pneumologue.

 

Activités faiblement asthmogènes : Tennis, handball, gymnastique, karaté, sprint, natation, ski alpin, water-polo.

 

 

Activités fortement asthmogènes : Course à pied sur de longues distances, cyclisme sur de longues distance, football, basketball, rugby, ski de fond, patinage sur glace.

Cependant, avec un traitement préventif et une adaptation de la pratique, ces activités fortement asthmogènes peuvent être pratiquées par les asthmatiques.  

 

 

L’activité physique pour éviter l’asthme ?

L’activité physique semble diminuer la prévalence de la maladie. Une méta-analyse de 2012 montre qu’une activité physique régulière serait susceptible de diminuer le risque de développer un asthme. Un effet qui reste à confirmer avec de nouvelles études !  

 

 

Quel sport pour mon enfant asthmatique ?

 

« C’est comme pour l’adulte asthmatique, rien n’est interdit, l’enfant doit faire une activité qui lui plaise » indique le Dr Prud’homme.

Les sports particulièrement recommandés ? La natation et les sports collectifs.  

 

 

Enfant asthmatique et sport à l’école

 

En général, la photocopie de l’ordonnance qui indique le traitement de l’enfant suffit pour que l’enfant puisse prendre son traitement à l’école (bronchodilatateurs avant un exercice physique par exemple).

Un projet d’accueil individualisé (PAI) peut être utile en particulier dans les formes sévères et/ou si l’enfant a une allergie alimentaire. Il s’agit d’un dossier rédigé à la demande de la famille par le chef d’établissement, en concertation avec le médecin scolaire et le médecin traitant. Il permet à l’enfant et aux personnels scolaires de bien réagir : prévention de l’asthme d’effort, traitement immédiat d’une crise débutante...  

 

 

Asthme et sport d'hiver

L’altitude est bénéfique pour de très nombreux asthmatiques. Elle diminue les allergies : au-dessus de 1 600 m, il n’y a presque plus d’acariens. Tous les sports d’hiver sont permis si l’asthme est bien suivi et équilibré : ski alpin, ski de fond, surf, marche en raquettes...

Les règles à respecter pour éviter les crises d’asthme : ne pas monter au-dessus de 2 000 m en cas d’asthme sévère, ne pas skier si les températures sont inférieures à - 15°C, se couvrir le nez et la bouche (cagoule, écharpe) pour réchauffer l’air inspiré, s’il fait très froid et s’il y a du vent.

L’air sec et froid, la raréfaction de l’oxygène sont en effet des facteurs de crises d’asthme.

 

 

Asthme de l’enfant et natation

Des études récentes montrent que la forte fréquentation de piscines chlorées peut déclencher des phénomènes inflammatoires au niveau des voies aériennes et renforcer la maladie asthmatique chez les enfants et adolescents prédisposés.

En cause ? L’inhalation de gaz résultant des émanations de chlore mélangées aux matières organiques, notamment l’azote (qui provient des produits de dégradation de la peau, de l’urine et de la salive).

Cependant, le sur-risque est surtout présent chez les personnes prédisposées, notamment celles présentant une allergie respiratoire. Et il n’est pas retrouvé dans une piscine dont le procédé de désinfection repose sur un système argent/cuivre et non pas chlore.

Il ne faut pas bannir la natation chez les asthmatiques pour autant, mais limiter la fréquentation des piscines chez les personnes prédisposées.

 

 

Sport et asthme, les bonnes pratiques

 

 

L’activité physique est bénéfique pour les asthmatiques si leur asthme est bien contrôlé. En outre, un certain nombre de précautions doivent êtreprises, en particulier un échauffement progressif, afin d’éviter les crises.

 

Il existe une forme d’asthme induit par l’exercice que l’on appelle asthme d’effort ou asthme post-exercices.

La gêne respiratoire arrive quelques minutes après l’arrêt d’un effort soutenu ou violent ou bien 5 à 10 mn après le début d’un sport d’endurance comme la course.

Elle se manifeste par des sifflements respiratoires, une toux, une oppression thoracique, comme lors d’une crise d’asthme classique.

L’asthme d’effort est une forme d’asthme fréquente chez l’enfant et l’adulte jeune.

Sa physiopathologie passe par une déshydratation des voies aériennes liée à une hyperventilation.

80 à 90% des enfants ressentent une gêne respiratoire à l’effort physique.

Cependant, cet asthme d’effort peut être facilement prévenu par un échauffement progressif préalable et la prise de broncho-dilatateurs (aérosols) 10 à 15 mn avant l’effort. Il ne doit donc pas justifier des dispenses de sport.

L’activité physique améliore en effet la tolérance de l’asthme à l’effort : l’essoufflement et l’intensité des crises diminuent au fur et à mesure.

Pour limiter le risque de bronchospasme post-exercice, il faut aussi faire attention à l’environnement : éviter les salles poussiéreuses et mal aérées, éviter de pratiquer une activité physique si l’air est pollué ou si l’air est très froid (ou en cas de grand froid se couvrir la bouche pour réchauffer et humidifier l’air inspiré).

 

 

Epreuve cardio-respiratoire d'effort

Ce test permet d’évaluer la tolérance à l’effort. Il est utile pour diagnostiquer un asthme d’effort par exemple.

Son objectif ? Rechercher les performances maximalesde la fonction cardio-respiratoire. Ce test est réalisé surbicyclette ergonomique ou tapis roulant.

Il s’agit de pédaler ou courir pendant 10 à 15 mn, avec une période d’échauffement et une montée progressive de l’effort pour atteindre les capacités maximales (80% de la fréquence cardiaque maximum). Plusieurs paramètres sont enregistrés: tension artérielle, activité cardiaque, (électro-cardiogramme), consommation d’oxygène, production de gaz carbonique, volumes respiratoires, gazométrie artérielle en fin d’exercice.

Un asthme à l’effort se traduit par une chute de plus de 15% du volume expiré maximal en une seconde (VEMS) ou débit respiratoire maximal, après l’exercice.

 

La pratique d'une activité physique est bénéfique si l'asthme est bien contrôlé

On dit qu’un asthme est bien contrôlé si la personne asthmatique peut mener une vie « normale » sans symptômes gênants (pas ou peu de symptômes chroniques, peu de crises d’asthme, besoin faible de bronchodilatateur d’action rapide et de courte durée, pas de limitation dans les activités physiques).

La connaissance des facteurs déclenchant les crises d’asthme et un traitement approprié permettent un bon contrôle de l’asthme. Il est nécessaire de prendre chaque jour son traitement de fond associant broncho-dilatateur et anti-inflammatoire même si l’on n’a pas de symptômes.

 

 

Témoignages : je suis asthmatique et sportif de haut niveau !

 

 

Thomas Busser, champion d’aviron, nouveau détenteur du record du monde d’endurance sur ergomètre avec Romaric Cavard (janvier 2013)

« Le sport permet d’être mieux armé face à la maladie. J’ai commencé le sport à l’âge de 5/6 ans. Le sport m’a permis de ne pas faire progresser la maladie ou du moins de la contenir au maximum. Le sport m’a aussi permis de mieux connaître la maladie et d’être mieux armé face à elle. Par exemple, je sais qu’une sortie « sport en extérieur » à plus de -5°C et les échanges air froid/ bronches ne font pas bon ménage. Cela peut « irriter » les bronches et se terminer en bronchite deux ou trois jours plus tard. Je fais avec la maladie,je suis à l’écoute de mon corps.

Mon message aux jeunes asthmatiques est : tout est possible, l’asthme ne doit pas être un frein à une compétition, un challenge ou à un défi. Il est simplement nécessaire de se préparer au mieux et d’anticiper chaque situation qui pourrait se mettre en travers du chemin. L’asthme n’est pas une fatalité, il est possible de gérer la maladie en ayant une vie saine au quotidien en plus de pratiquer une activité physique. »

 

 Dominique Subias,double Champion de France en rallye routier catégorie 125

« Faire de la compétition me motive pour prendre mon traitement de fond. Je suis asthmatique depuis l’âge de 12 ans. Faire du sport et de la compétition me permettent d’être comme Monsieur tout-le-monde! Cela me motive aussi pour prendre mon traitement de fond car en le prenant j’ai de bons résultats sportifs.

Le traitement de l’asthme est contraignant et il se crée une lassitude au fil des années.

Mon message pour les jeunes asthmatiques ? Astreignez-vous à prendre votre traitement de fond car le retour sur la durée est colossal, et puis faites du sport ! »

 

 

Sportif de haut niveau : beaucoup d'asthmatiques !

Dans nombre de sports pratiqués à haut niveau, et particulièrement en natation et dans les sports pratiqués en milieu très froid (ski de fond par exemple) on trouve des taux d’asthmatiques non négligeables.

Pourquoi une telle prévalence ? L’hyperventilation prolongée entraînée par des séances répétitives et intensives de sport accentuerait l’irritation des voies respiratoires. Cette hyperventilation due à un exercice intense entraînerait également une augmentation de l’exposition aux allergènes, aux polluants de l’air (chlore, CO, NO...), à l’air froid.

D’où une forte incidence de l’asthme chez les athlètes. On parle pour cet asthme particulier des sportifs de haut niveau d’asthme induit par l’exercice (AIE).

 

 

Asthme et législation anti-dopage

3 questions au Dr Véronique Le Bar (VLB), Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD) :

Quels sont les traitements anti-asthmatiques considérés comme dopants ?

VLB: « La plupart des médicaments anti-asthmatiques ont été retirés de la liste des produits dopants et sont autorisés pour les sportifs. La terbutaline (1 broncho-dilatateur) et le Formotérol à un certain seuil font encore partie des produits dopants. »   Comment les sportifs doivent-ils prouver qu’ils ont besoin de médicaments non autorisés ?

VLB : « Ils doivent envoyer à l’AFLD un dossier d’Autorisation d’Usage à des fins Thérapeutiques (AUT) avec toutes les preuves de leur asthme, avec leurs résultats d’EFR avec test de provocation. Des experts jugent alors si le sportif doit bénéficier ou non d’une autorisation d’usage thérapeutique. »

Dans l’ensemble, les sportifs asthmatiques peuvent-ils prendre leur traitement sans être accusés de dopage ?

VLB : « Oui, si les tests demandés sont positifs, il n’y a en général pas de problème. Dans tous les cas, les athlètes doivent avant tout se soigner ! »  

 

 

 

 

Ecrit par le Docteur Anne Prud'homme, pneumologue, chef de service au centre hospitaliers de Bigorre (Tarbes)

 

 

 

Mis à jour le 11 avril 2013

L'activité physique, essentielle pour l'asthmatique !  

 

 

Bouger est important pour l’asthmatique, et cela à tous les âges ! Aucune activité n’est formellement contre-indiquée. Il s’agit plutôt de se faire plaisir tout en prenant soin de sa santé !

 

Des études récentes montrent qu’une activité physique régulière améliore fortement la tolérance à l’exercice ainsi que la qualité de vie des asthmatiques et le contrôle de l’asthme.

Aussi, aujourd’hui, « on conseille aux asthmatiques de bouger, tout comme on leur conseille de ne pas fumer et de faire attention à leur poids » explique le Dr Anne Prud’homme, pneumologue, chef de service au centre hospitalier de Bigorre (Tarbes).

 

Les sports conseillés pour l’asthmatique

 

« Les meilleurs sports pour une personne asthmatique, ce sont les sports d’endurance portés, soit natation et cyclisme » informe le Dr Anne Prud’homme.

« L’atmosphère chaude et humide des piscines est aussi favorable » explique-telle. « Et les intolérances aux produits chlorés sont très exceptionnelles » ajoute le Dr Anne Prud’homme. Après, il importe de faire un sport qui plaît, et il n’y a aucune contre-indication absolue » indique le Dr Prud’homme. « Même la plongée sous-marine, interdite aux asthmatiques il y a quelques années, est autorisée à certaines conditions ». « On peut faire de la plongée sous-marine enbouteille sous réserve d’une surveillance stricte et si l’on est certain que l’asthme est bien contrôlé » ajoute-t-elle. Il faut juste éviter les grandes profondeurs ! « De la même façon, on ne va pas interdire d’emblée à un asthmatique de faire de l’équitation, la personne essaie et on voit comment cela se passe » informe la pneumologue.

 

Activités faiblement asthmogènes : Tennis, handball, gymnastique, karaté, sprint, natation, ski alpin, water-polo.

 

 

Activités fortement asthmogènes : Course à pied sur de longues distances, cyclisme sur de longues distance, football, basketball, rugby, ski de fond, patinage sur glace.

Cependant, avec un traitement préventif et une adaptation de la pratique, ces activités fortement asthmogènes peuvent être pratiquées par les asthmatiques.  

 

 

L’activité physique pour éviter l’asthme ?

L’activité physique semble diminuer la prévalence de la maladie. Une méta-analyse de 2012 montre qu’une activité physique régulière serait susceptible de diminuer le risque de développer un asthme. Un effet qui reste à confirmer avec de nouvelles études !  

 

 

Quel sport pour mon enfant asthmatique ?

 

« C’est comme pour l’adulte asthmatique, rien n’est interdit, l’enfant doit faire une activité qui lui plaise » indique le Dr Prud’homme.

Les sports particulièrement recommandés ? La natation et les sports collectifs.  

 

 

Enfant asthmatique et sport à l’école

 

En général, la photocopie de l’ordonnance qui indique le traitement de l’enfant suffit pour que l’enfant puisse prendre son traitement à l’école (bronchodilatateurs avant un exercice physique par exemple).

Un projet d’accueil individualisé (PAI) peut être utile en particulier dans les formes sévères et/ou si l’enfant a une allergie alimentaire. Il s’agit d’un dossier rédigé à la demande de la famille par le chef d’établissement, en concertation avec le médecin scolaire et le médecin traitant. Il permet à l’enfant et aux personnels scolaires de bien réagir : prévention de l’asthme d’effort, traitement immédiat d’une crise débutante...  

 

 

Asthme et sport d'hiver

L’altitude est bénéfique pour de très nombreux asthmatiques. Elle diminue les allergies : au-dessus de 1 600 m, il n’y a presque plus d’acariens. Tous les sports d’hiver sont permis si l’asthme est bien suivi et équilibré : ski alpin, ski de fond, surf, marche en raquettes...

Les règles à respecter pour éviter les crises d’asthme : ne pas monter au-dessus de 2 000 m en cas d’asthme sévère, ne pas skier si les températures sont inférieures à - 15°C, se couvrir le nez et la bouche (cagoule, écharpe) pour réchauffer l’air inspiré, s’il fait très froid et s’il y a du vent.

L’air sec et froid, la raréfaction de l’oxygène sont en effet des facteurs de crises d’asthme.

 

 

Asthme de l’enfant et natation

Des études récentes montrent que la forte fréquentation de piscines chlorées peut déclencher des phénomènes inflammatoires au niveau des voies aériennes et renforcer la maladie asthmatique chez les enfants et adolescents prédisposés.

En cause ? L’inhalation de gaz résultant des émanations de chlore mélangées aux matières organiques, notamment l’azote (qui provient des produits de dégradation de la peau, de l’urine et de la salive).

Cependant, le sur-risque est surtout présent chez les personnes prédisposées, notamment celles présentant une allergie respiratoire. Et il n’est pas retrouvé dans une piscine dont le procédé de désinfection repose sur un système argent/cuivre et non pas chlore.

Il ne faut pas bannir la natation chez les asthmatiques pour autant, mais limiter la fréquentation des piscines chez les personnes prédisposées.

 

 

Sport et asthme, les bonnes pratiques

 

 

L’activité physique est bénéfique pour les asthmatiques si leur asthme est bien contrôlé. En outre, un certain nombre de précautions doivent êtreprises, en particulier un échauffement progressif, afin d’éviter les crises.

 

Il existe une forme d’asthme induit par l’exercice que l’on appelle asthme d’effort ou asthme post-exercices.

La gêne respiratoire arrive quelques minutes après l’arrêt d’un effort soutenu ou violent ou bien 5 à 10 mn après le début d’un sport d’endurance comme la course.

Elle se manifeste par des sifflements respiratoires, une toux, une oppression thoracique, comme lors d’une crise d’asthme classique.

L’asthme d’effort est une forme d’asthme fréquente chez l’enfant et l’adulte jeune.

Sa physiopathologie passe par une déshydratation des voies aériennes liée à une hyperventilation.

80 à 90% des enfants ressentent une gêne respiratoire à l’effort physique.

Cependant, cet asthme d’effort peut être facilement prévenu par un échauffement progressif préalable et la prise de broncho-dilatateurs (aérosols) 10 à 15 mn avant l’effort. Il ne doit donc pas justifier des dispenses de sport.

L’activité physique améliore en effet la tolérance de l’asthme à l’effort : l’essoufflement et l’intensité des crises diminuent au fur et à mesure.

Pour limiter le risque de bronchospasme post-exercice, il faut aussi faire attention à l’environnement : éviter les salles poussiéreuses et mal aérées, éviter de pratiquer une activité physique si l’air est pollué ou si l’air est très froid (ou en cas de grand froid se couvrir la bouche pour réchauffer et humidifier l’air inspiré).

 

 

Epreuve cardio-respiratoire d'effort

Ce test permet d’évaluer la tolérance à l’effort. Il est utile pour diagnostiquer un asthme d’effort par exemple.

Son objectif ? Rechercher les performances maximalesde la fonction cardio-respiratoire. Ce test est réalisé surbicyclette ergonomique ou tapis roulant.

Il s’agit de pédaler ou courir pendant 10 à 15 mn, avec une période d’échauffement et une montée progressive de l’effort pour atteindre les capacités maximales (80% de la fréquence cardiaque maximum). Plusieurs paramètres sont enregistrés: tension artérielle, activité cardiaque, (électro-cardiogramme), consommation d’oxygène, production de gaz carbonique, volumes respiratoires, gazométrie artérielle en fin d’exercice.

Un asthme à l’effort se traduit par une chute de plus de 15% du volume expiré maximal en une seconde (VEMS) ou débit respiratoire maximal, après l’exercice.

 

La pratique d'une activité physique est bénéfique si l'asthme est bien contrôlé

On dit qu’un asthme est bien contrôlé si la personne asthmatique peut mener une vie « normale » sans symptômes gênants (pas ou peu de symptômes chroniques, peu de crises d’asthme, besoin faible de bronchodilatateur d’action rapide et de courte durée, pas de limitation dans les activités physiques).

La connaissance des facteurs déclenchant les crises d’asthme et un traitement approprié permettent un bon contrôle de l’asthme. Il est nécessaire de prendre chaque jour son traitement de fond associant broncho-dilatateur et anti-inflammatoire même si l’on n’a pas de symptômes.

 

 

Témoignages : je suis asthmatique et sportif de haut niveau !

 

 

Thomas Busser, champion d’aviron, nouveau détenteur du record du monde d’endurance sur ergomètre avec Romaric Cavard (janvier 2013)

« Le sport permet d’être mieux armé face à la maladie. J’ai commencé le sport à l’âge de 5/6 ans. Le sport m’a permis de ne pas faire progresser la maladie ou du moins de la contenir au maximum. Le sport m’a aussi permis de mieux connaître la maladie et d’être mieux armé face à elle. Par exemple, je sais qu’une sortie « sport en extérieur » à plus de -5°C et les échanges air froid/ bronches ne font pas bon ménage. Cela peut « irriter » les bronches et se terminer en bronchite deux ou trois jours plus tard. Je fais avec la maladie,je suis à l’écoute de mon corps.

Mon message aux jeunes asthmatiques est : tout est possible, l’asthme ne doit pas être un frein à une compétition, un challenge ou à un défi. Il est simplement nécessaire de se préparer au mieux et d’anticiper chaque situation qui pourrait se mettre en travers du chemin. L’asthme n’est pas une fatalité, il est possible de gérer la maladie en ayant une vie saine au quotidien en plus de pratiquer une activité physique. »

 

 Dominique Subias,double Champion de France en rallye routier catégorie 125

« Faire de la compétition me motive pour prendre mon traitement de fond. Je suis asthmatique depuis l’âge de 12 ans. Faire du sport et de la compétition me permettent d’être comme Monsieur tout-le-monde! Cela me motive aussi pour prendre mon traitement de fond car en le prenant j’ai de bons résultats sportifs.

Le traitement de l’asthme est contraignant et il se crée une lassitude au fil des années.

Mon message pour les jeunes asthmatiques ? Astreignez-vous à prendre votre traitement de fond car le retour sur la durée est colossal, et puis faites du sport ! »

 

 

Sportif de haut niveau : beaucoup d'asthmatiques !

Dans nombre de sports pratiqués à haut niveau, et particulièrement en natation et dans les sports pratiqués en milieu très froid (ski de fond par exemple) on trouve des taux d’asthmatiques non négligeables.

Pourquoi une telle prévalence ? L’hyperventilation prolongée entraînée par des séances répétitives et intensives de sport accentuerait l’irritation des voies respiratoires. Cette hyperventilation due à un exercice intense entraînerait également une augmentation de l’exposition aux allergènes, aux polluants de l’air (chlore, CO, NO...), à l’air froid.

D’où une forte incidence de l’asthme chez les athlètes. On parle pour cet asthme particulier des sportifs de haut niveau d’asthme induit par l’exercice (AIE).

 

 

Asthme et législation anti-dopage

3 questions au Dr Véronique Le Bar (VLB), Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD) :

Quels sont les traitements anti-asthmatiques considérés comme dopants ?

VLB: « La plupart des médicaments anti-asthmatiques ont été retirés de la liste des produits dopants et sont autorisés pour les sportifs. La terbutaline (1 broncho-dilatateur) et le Formotérol à un certain seuil font encore partie des produits dopants. »   Comment les sportifs doivent-ils prouver qu’ils ont besoin de médicaments non autorisés ?

VLB : « Ils doivent envoyer à l’AFLD un dossier d’Autorisation d’Usage à des fins Thérapeutiques (AUT) avec toutes les preuves de leur asthme, avec leurs résultats d’EFR avec test de provocation. Des experts jugent alors si le sportif doit bénéficier ou non d’une autorisation d’usage thérapeutique. »

Dans l’ensemble, les sportifs asthmatiques peuvent-ils prendre leur traitement sans être accusés de dopage ?

VLB : « Oui, si les tests demandés sont positifs, il n’y a en général pas de problème. Dans tous les cas, les athlètes doivent avant tout se soigner ! »  

 

 

 

 

Ecrit par le Docteur Anne Prud'homme, pneumologue, chef de service au centre hospitaliers de Bigorre (Tarbes)

 

 

 

Mis à jour le 11 avril 2013

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