NOTRE GRAND DOSSIER

Pollution de l’air : le principal risque environnemental pour la santé.

La pollution de l’air (extérieur et intérieur) est responsable de millions de morts prématurées dans le monde. Les chiffres actuels sont bien plus élevés qu’on ne l’estimait il y a quelques années. Données récentes sur la pollution.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a donné en mars 2014 de nouvelles estimations sur les effets sanitaires de la pollution de l’air : près de 7 millions de personnes en sont décédées prématurément en 2012 – une sur huit au niveau mondial – du fait de l’exposition à l’air « ambiant ou extérieur » et à l’air intérieur ; nombreux sont ceux qui sont en fait exposés à ces deux types de pollution. Ces chiffres, représentant plus du double des estimations antérieures, confirment que la pollution de l’air est désormais le principal risque environnemental pour la santé dans le monde.

Conséquences sanitaires de la pollution : maladies pulmonaires, cardiovasculaires et cancéreuses. 

Les nouvelles données de l’OMS mettent en évidence un lien fort entre pollution de l’air intérieur et extérieur, cancer et maladies cardiovasculaires (accidents vasculaires cérébraux et cardiopathies ischémiques représentant la grande majorité des décès). A ceci s’ajoute l’apparition et l’aggravation de maladies respiratoires, et notamment d’infections respiratoires aiguës, de broncho-pneumopathies chroniques obstructives et d’asthme. Tous ces effets sur la santé sont en particulier dus à l’exposition à un aérosol de particules fines (≤ 10 μm de diamètre, ou PM10/ ou à 2,5 ou ≤ PM2,5) et à des polluants gazeux irritants pour les voies aériennes (notamment oxydes d’azote et de soufre, ozone). Pour le Dr Maria Neira,* « Peu de risques ont un impact supérieur sur la santé mondiale à l’heure actuelle à celui de la pollution de l’air ; ces faits indiquent la nécessité d’une action concertée pour rendre l’air que nous respirons plus propre. »

Décès liés à la pollution atmosphérique : répartition des décès attribués à chaque type de maladie.

Décès dus à la pollution extérieure : 

40 % cardiopathies ischémiques ;
40 % accident vasculaire cérébral ;
11 % bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO) ;
6 % cancer du poumon ;
3 % infections aiguës des voies respiratoires inférieures
chez l’enfant.

Décès dus à la pollution intérieure :

34 % accident vasculaire cérébral ;
26 % cardiopathies ischémiques ;
22 % bronchopneumopathies chroniques obstructives ;
12 % infections aiguës des voies respiratoires inférieures
chez l’enfant ;
6 % cancer du poumon.

*Directeur du Département OMS
« Santé publique, déterminants sociaux
et environnementaux de la santé »

POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE ET CANCER

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’Organisation Mondiale de la Santé a classé fin 2013 la pollution de l’air extérieur comme cancérigène certain. Les scientifiques disposent de preuves suffisantes pour affirmer que l’exposition à la pollution provoque le cancer du poumon et augmente probablement le risque de cancer de la vessie. D’après les données les plus récentes du CIRC, en 2010, 223 000 personnes sont mortes dans le monde des suites d’un cancer du poumon en lien avec la pollution de l’air. Les particules diesel, élément majeur de la pollution de l’air extérieur, ont été évaluées séparément et classées elles aussi en juin 2012 comme cancérigènes certains pour l’homme.

Pollution de l’air : une lutte difficile.

dossier

Interview du Pr Isabelle Roussel, Présidente de l’Association de Prévention de la Pollution Atmosphérique (APPA), Directrice de la revue « Pollution atmosphérique, climat, santé, société ».

« A-t-on fait des progrès pour diminuer les niveaux de polluants dans l’air ? 

Pr Isabelle Roussel : « Oui. Les niveaux des principaux polluants sont plus bas qu’il y a 20 ou 30 ans. Les constructeurs automobiles, tout comme les industriels, ont fait des progrès pour moins polluer, même s’il reste encore des marges de progrès. »

Sur quoi doivent porter particulièrement les efforts en matière de pollution ?

Pr Isabelle Roussel : « Les voitures restent une des trois sources principales d’émission de particules, avec l’agriculture et les émissions domestiques de la vie quotidienne: le comportement des habitants est source de pollution. »

Pourquoi est-ce difficile de lutter contre la pollution de l’air ?

Pr Isabelle Roussel : « Parce que les polluants les plus nocifs pour la santé ne correspondent pas toujours à des sources bien identifiées. À côté des polluants primaires, que l’on connaît bien, comme le carbone-suie, il existe des polluants secondaires, comme les particules de nitrate d’ammonium ou l’ozone, dont les sources sont complexes. On respire un cocktail de polluants; il est difficile d’identifier une source plus responsable qu’une autre et d’avoir une action ciblée, car les maladies sont souvent plurifactorielles. »

ZOOM SUR LES PARTICULES FINES

La pollution de l’air, c’est notamment la pollution par les particules fines (Particulate matter ou PM). Ces petites particules de taille inférieure à 10 micromètres, d’origine liquide ou solide, sont en suspension dans l’air. Elles contiennent des composés chimiques dangereux qui pénètrent profondément dans nos poumons ; elles atteignent les alvéoles pulmonaires et passent dans la circulation sanguine. C’est ce qui explique qu’elles soient responsables de problèmes respiratoires, de cancers, notamment du poumon, et de maladies cardiovasculaires.

Les sources de production de ces particules fines ? Le chauffage par produits d’origine fossile (on a découvert récemment la nocivité du chauffage au bois liée aux appareils individuels anciens, par l’usage du bois bûche et du feu à l’âtre) ; mais aussi les industries, l’agriculture; le trafic routier surtout, source prépondérante de ces particules dans les grandes agglomérations, essentiellement liée aux gaz d’échappement des moteurs diesel…,

Pour les particules fines, les valeurs guides de l’OMS indiquent une valeur seuil en moyenne journalière à ne pas dépasser de 50 g/m3 plus de 35 jours par an. Or, ce dépassement concerne, en France, 12 agglomérations de plus de 100 000 habitants, dont 3 millions de Franciliens… Une étude récente a conclu à une réduction de l’espérance de vie de plusieurs mois pour les habitants de ces plus grandes villes françaises; ainsi chaque année plus de 2 900 morts prématurées dues aux particules fines pourraient être évitées si les concentrations en particules fines respectaient les valeurs guides de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

ZOOM SUR LA POLLUTION DE L’AIR INTÉRIEUR

Nous passons plus de 80 % de notre temps à l’intérieur ; le tabac, le mobilier, les produits ménagers, etc… dégagent des substances allergisantes, irritantes ou cancérigènes que nous inhalons au quotidien. En vous référant aux informations ci dessous, vous pouvez établir un état des lieux de votre environnement personnel afin de limiter les risques d’exposition.

dossier

 

Les principaux polluants intérieurs et leurs effets sur la santé

Acariens, pollens, moisissures, polluants biologiques

Ces polluants de l’air extérieur pénètrent aussi à l’intérieur des maisons. Une isolation mal comprise peut induire un confinement et ces émissions s’accumulent dans les maisons dépourvues de ventilation.

Conséquences sur la santé : irritations du nez, de la gorge et des yeux, infection des voies respiratoires, asthme.

Composés Organiques Volatils (COV)

Ce sont des produits organiques, mélanges de gaz ou de gouttelettes minuscules en suspension dans l’atmosphère, issus de nombreux produits d’usage courant : désodorisants, nettoyants ménagers, parfums, vernis, colles, peintures… Les COV sont 2 à 10 fois plus concentrés dans l’air intérieur que dans l’air extérieur et d’autant plus que l’habitat est mal ventilé. On en trouve entre 50 et 100 types différents dans nos habitations. Exemples : benzène, toluène, formaldéhyde, éthers de glycol, hydrocarbures…
Conséquences sur la santé : elles sont encore mal connues ; mais certaines sont prouvées : irritations de la peau, des muqueuses et du système respiratoire, nausées, fatigue, maux de tête, vomissements, allergies cutanées ou respiratoires. Dans le cadre d’expositions professionnelles, le formaldéhyde ou le benzène peuvent être à l’origine de leucémies ou de cancers.

Fibres de carbone/de roche/de verre

Ces fibres minérales artificielles sont inoffensives lorsqu’elles sont noyées dans une résine ou un ciment ; mais leurs débris en suspension dans l’air sont nocifs.
Conséquences sur la santé : allergies cutanées ou respiratoires, fibrose du poumon, cancers de la plèvre ou du poumon (exposition à l’amiante).

Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP)

Ce sont des contaminants produits par la combustion de matières organiques, dont le bois.
Conséquences sur la santé : la toxicité des HAP est variable. Le benzopyrène est cancérogène.

Monoxyde de carbone

Gaz incolore et inodore produit par les appareils à combustion (poêles, chaudières, chauffe-eau…) mal réglés, mal entretenus ou ayant un tirage insuffisant.
Conséquence sur la santé : l’intoxication au monoxyde de carbone est responsable de nausées, vomissements, vertiges, pertes de connaissance, coma. C’est la première cause de mortalité accidentelle par intoxication en France.

Oxydes d’azote

Ils sont produits par la combustion des combustibles fossiles et notamment par les moteurs diesel.
Conséquences sur la santé : altération de la fonction pulmonaire, accroissement de la réactivité bronchique et des infections respiratoires. Les oxydes d’azote favorisent aussi les infections bactériennes chez les enfants et une hyperréactivité chez les asthmatiques.

Ozone

Les photocopieurs, les imprimantes laser, les purificateurs d’air émettent de l’ozone à l’intérieur des locaux ; mais l’ozone est surtout à l’extérieur un polluant secondaire, produit sous l’effet du soleil par réaction entre les oxydes d’azote et les COV.
Conséquences sur la santé : toux, altération pulmonaire, hyperréactivité bronchique, irritations oculaires et cutanées.

Insecticides, fongicides, bactéricides

Tous ces produits que nous utilisons au quotidien pour « assainir » notre intérieur sont toxiques et irritants.
Conséquences sur la santé : irritations de la peau, allergies, asthme, toux, maux de tête, insomnies…

Tabac

C’est le principal polluant de nos intérieurs ! La fumée de tabac contient plus de 4 000 substances toxiques. Elle accroît en outre la toxicité des autres polluants de l’air.
Conséquences sur la santé : irritations du nez, des yeux, de la gorge. En cas d’exposition prolongée au tabagisme passif, risque de cancer du poumon. Les enfants dont les parents fument souffrent plus fréquemment d’infections respiratoires et ORL.

Radon

Gaz radioactif émis par les sous-sols granitiques et volcaniques qui s’infiltre dans les habitations à travers les fissures, joints et matériaux poreux.
Conséquences sur la santé : ce gaz est cancérigène (cancer du poumon).

Sources :
association ARHEN, Guide de la pollution de l’air intérieur,
Ministère de la santé, Inpes.
*Laboratoire d’hygiène de la ville de Paris

La pollution de l’air intérieur au niveau mondial

Dans le monde, la principale pollution de l’air intérieur est due à l’utilisation de combustibles solides (bois, résidus agricoles, charbon, déjections animales…) dans des foyers ouverts ou des poêles qui fuient. Ces moyens de chauffage ou de cuisson sont à l’origine d’émissions de particules fines, notamment de suie. Selon les données de l’OMS de 2012, 4,3 millions de personnes meurent prématurément de maladies dues à la pollution de l’air intérieur induite par l’utilisation de combustibles solides.

Les principaux gestes pour limiter la pollution de notre air intérieur

  • Aérez chaque jour en ouvrant les fenêtres dix minutes, au minimum. Cela permet de renouveler l’air intérieur, de réduire la concentration des polluants dans les logements, mais aussi d’évacuer la vapeur d’eau. Il faut aussi aérer après des activités qui créent de l’humidité (douche, cuisine…), après utilisation de produits chimiques…
  • Ventilez : la ventilation permet de renouveler l’air de façon permanente, ce qui est beaucoup plus efficace. Deux sortes de ventilation sont possibles: naturelle, avec des bouches et des grilles d’aération, ou mécanique avec un système électrique de renouvellement de l’air (ventilation mécanique contrôlée).
  • Choisissez des produits écologiques pour le bricolage, l’entretien de la maison, les cosmétiques…
  • Préférez des produits sans émission ou à faible émission de COV.
  • Évitez les déodorants d’ambiance, les insecticides et bactéricides domestiques, les purificateurs d’air.
  • Maintenez une température de 18 à 20°c maximum et un niveau d’hygrométrie idéal (40 à 60 % à l’hygromètre) afin d’éviter le développement d’allergènes. « Et si vous avez un problème de santé particulier, du type asthme par exemple, vous pouvez faire appel à des conseillers médicaux en environnement intérieur. Ils font un diagnostic de votre habitation pour identifier ce qui peut vous porter préjudice et quels sont les bons gestes pour limiter les polluants » indique le Pr Isabelle Roussel. Ces « conseillers habitat santé » existent déjà dans certaines régions.

L’air de nos voitures est plus pollué que celui de nos habitations

En 2012, l’air d’une centaine de véhicules, circulant principalement en ville et sur autoroute, a été analysé. Conclusions: un automobiliste dans sa voiture est 5 fois plus exposé au benzène et au dioxyde d’azote, et 3 fois plus exposé aux particules fines que dans son logement ou dans la rue.*

POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE : COMMENT L’AIR EST-IL SURVEILLÉ ?

En France, la surveillance de l’air est assurée par des associations indépendantes, agréées par le Ministère de l’Environnement. Interview d’Amélie Fritz, ingénieur communication et relations internationales ; association AIRPARIF (Association de surveillance de la qualité de l’air en Île-de-France)

Comment la qualité de l’air est-elle  mesurée ?

Amélie Fritz : « Nous mesurons une soixantaine de polluants : 15 dont les concentrations sont réglementées, et d’autres pour lesquels nous nous posons des questions. Pour cela, nous utilisons trois outils complémentaires. Tout d’abord des stations de mesure : il en existe une cinquantaine dans la région Île-de-France. Il y en a trois grands types : celles de fond, éloignées des sources polluantes (dans un parc par exemple, qui mesure la pollution à laquelle on ne peut échapper) ; celles de proximité du trafic, placées au bord des trottoirs, du boulevard périphérique par exemple ; et enfin une station d’observation sur la Tour Eiffel, que nous utilisons pour des projets de recherche. Le deuxième outil, ce sont des campagnes de mesure. Elles ont trois fonctions : mieux comprendre la dispersion de la pollution, surveiller certains polluants dont on soupçonne que les concentrations dans l’air pourraient être importantes ou pas encore réglementées, comme les pesticides; enfin mesurer l’exposition individuelle (par exemple : à quelle pollution suis-je exposé dans ma voiture ?). Notre dernier outil de mesure de la qualité de l’air est l’inventaire des émissions de polluants et notre modèle de calcul. Chaque matin nous faisons tourner notre modèle, cela nous permet de prévoir la qualité de l’air du jour et celle du lendemain. »

À partir de quand parle-t-on de pic de pollution ?

Amélie Fritz : « On lance une alerte si nos ingénieurs détectent un dépassement des seuils fixés par la réglementation (par exemple pour les particules, pour l’ozone…). Il existe un premier niveau d’information et de recommandation, où nous informons les personnes sensibles d’un premier niveau de dépassement. Le deuxième niveau d’alerte signale un dépassement plus important. Il concerne toute la population et se fait en lien avec les autorités. Dans ce cas celles-ci peuvent prendre des mesures, notamment de réduction des émissions. »

Un automobiliste francilien passe en moyenne 78 mn par jour dans sa voiture s’il l’utilise pour se rendre à son travail…

Source : laboratoire d’hygiène de la ville de Paris

PICS DE POLLUTION : COMMENT SE PROTÉGER ?

dossier

Les réponses du Pr Denis Charpin,Chef de Service de pneumologie allergologie à l’Hôpital Nord de Marseille, membre du réseau de la Fondation du Souffle

Faut-il éviter de sortir en cas de pics de pollution ?

Pr Denis Charpin : « Cette solution ne semble pas vraiment appropriée, en particulier pour les enfants. En effet, on sait que nos habitations sont polluées, avec des concentrations de polluants chimiques élevées et des polluants biologiques (acariens, tabagisme passif dans un foyer français sur trois…). Le Haut Conseil de la santé publique recommande dans son avis du 15 novembre 2013 le maintien à l’intérieur des personnes se sachant sensibles aux effets de la pollution atmosphérique. On sait que génétiquement certaines personnes ont du mal à détoxifier les polluants. Pour les autres, il faut éviter de faire des activités sportives poussées lors des pics de pollution : l’activité physique augmente la ventilation, ce qui fait que les particules pénètrent plus profondément dans les bronches. Ce conseil vaut aussi lors des épisodes de pollution à l’ozone (lorsque le temps est beau). Dans ce dernier cas, il faut privilégier les sorties des enfants et les activités physiques avant 10h et après 17h, car les concentrations d’ozone y sont plus faibles. Mais il faut bien se dire que la pollution est là tout le temps, pas seulement lors des pics depollution. C’est ce qui se passe tous les jours qui est important ; malheureusement nous ne pouvons pas choisir l’air que nous respirons. »

Le port d’un masque est-il utile ?

Pr Denis Charpin : « Les masques dits chirurgicaux classiques : non, car ils ont été conçus pour éviter la propagation des bactéries du patient infecté. Ils sont inefficaces pour les microparticules. En outre, il y a souvent des fuites. Il existe des masques plus sophistiqués, du type masques à cartouches de charbon actif, mais ils sont difficiles à supporter longtemps. »

LA POLLUTION DE L’AIR EN QUESTIONS

Question de Mme Maria L.

« Je réside dans le quartier Nord d’Asnières sur Seine et de plus en plus de personnes font des allergies. Avec l’urbanisation, on coupe tous les arbres qui ont 40 ans, qui je crois nous protégeaient de la pollution, nous avons la A86 qui passe à proximité. Le pire c’est que tous ces arbres sont coupés pour faire des parkings. Comment faire comprendre à nos gouvernants que la santé va s’en ressentir ? Notre quartier qui ressemblait à un petit bois est devenu un désert… »

Réponse du Dr Dixsaut

« Il est certain que l’urbanisation conduit à la suppression d’espaces boisés en zone périurbaine et à une augmentation du trafic routier pour desservir ces nouvelles zones urbaines. C’est cette augmentation de trafic qui est responsable d’une augmentation locale de pollution. Il ne faut pas cependant considérer que ces plantations d’arbres conduisent en elles mêmes à une diminution de la pollution atmosphérique, par contre ce sont des écrans anti bruits efficaces à proximité des voies rapides. En même temps, pour les personnes allergiques certaines espèces d’arbres peuvent conduire à l’apparition de symptômes de gène respiratoire en période de pollinisation, c’est pourquoi en zones périurbaines urbanisées, il convient de privilégier les espèces d’arbres à faible pouvoir allergisant. »

Particules fines : où en est la France ?

Selon la Directive 2008/50/CE, la concentration moyenne annuelle ne doit pas dépasser 40μg/m3. En moyenne journalière, elle ne doit pas dépasser 50 μg/m3 plus de 35 jours par an. La France est actuellement en contentieux avec l’Union européenne pour non-respect de ces valeurs limites d’exposition aux particules fines (PM10), et priée de se mettre rapidement en conformité avec la réglementation, sous peine de lourdes pénalités financières. En Île-de-France, cinq polluants ne respectent pas à des degrés divers les réglementations : outre les particules (PM10 et PM2, 5), le dioxyde d’azote, l’ozone et le benzène. Les valeurs limites sont notamment dépassées de manière récurrente pour les PM10 et pour le dioxyde d’azote; une procédure de contentieux est en cours pour les premières et pourrait suivre pour le second.

Qui sont les sujets les plus sensibles ?

La pollution de l’air est dangereuse pour tous ; mais elle l’est tout particulièrement pour les personnes sensibles: les enfants (leurs alvéoles pulmonaires sont en plein développement), les femmes enceintes, les personnes âgées (elles ont une capacité respiratoire diminuée), les personnes souffrant de troubles respiratoires, cardiaques ou d’allergies (on sait ainsi que les allergies aux pollens sont aggravées par la pollution qui augmente la réactivité des bronches).

Sommes-nous égaux face à la pollution ?

En 2012 les Régions de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental à revenu faible ou intermédiaire sont celles qui ont le plus souffert de décès prématurés liés à la pollution de l’air : 3,3 millions de décès par pollution intérieure et 2,6 millions de décès par pollution extérieure.

Sources: rapport de l’OMS, mars 2014 – http://www.who.int/phe/health_topics/outdoorair/
databases/FINAL_HAP_AAP_BoD_24March2014.pdf

Mis à jour le 24 Septembre 2014