Pour poser vos questions ou témoigner sur les maladies respiratoires : adressez un mail à communication@lesouffle.org

Question reçue par mail de M.D (44) :

« Sur l’une de vos précédentes lettres vous expliquiez ce qu’était une dilatation des bronches, je voudrais savoir l’origine de cette maladie, ce qui la provoque ? »

Réponse de la Fondation du Souffle :

Les Dilatations Des Bronches (DDB) ou bronchectasies sont une augmentation permanente et irréversible du calibre des bronches sous-segmentaires; elles induisent une destruction de l’armature de la sous-muqueuse bronchique, une inflammation de la paroi bronchique, et une hypervascularisation à l’origine d’hémoptysies. Ces lésions évoluent vers la destruction bronchique par divers mécanismes, telles les baisses des défenses immunitaires de l’appareil respiratoire et de la capacité de drainage bronchique, ce qui est à l’origine d’une augmentation de la sensibilité des bronches aux infections, d’une répétition des infections bronchiques, et de lésions permanentes de la paroi bronchique. Les dilatations des bronches sont le plus souvent une maladie acquise dont la cause reste méconnue dans 30 à 50 % des cas. On distingue les formes acquises des formes congénitales, et les formes localisées des formes diffuses.

Question reçue par mail de Mlle S (54) :

« Une personne d’un âge avancé peut-elle faire un infarctus en vivant normalement? Et après un infarctus, une personne dort-elle sans arrêt? »

Réponse de Dominique BACRIE (Directrice Adjointe et Responsable éducation sanitaire de la Fondation du Souffle) : 

Voici quelques informations qui, nous l’espérons, répondront à votre attente.
Une personne d’un âge avancé peut faire un infarctus même si elle fait des efforts supérieurs en durée ou en intensité à ce qu’il est normal de faire pour son âge. Le coeur est en effet plus fatigué au fur et à mesure des années et les efforts doivent être adaptés à cette situation. Cependant, ce n’est pas l’âge en lui-même qui est générateur d’infarctus mais l’état du coeur: s’il n’a jamais été altéré par des comportements à risques (tabac, alcool, nourriture grasse, sédentarité…) il n’y a aucune raison que la personne, même âgée, ait un infarctus pour les actes de la vie courante.
En ce qui concerne le fait de dormir beaucoup àprès un infarctus cela peut correspondre au fait que, le coeur étant plus fatigué, l’organisme à besoin de récupérer. Certains médicaments peuvent également avoir cet effet d’augmenter le sommeil.

Question reçue par mail de M.X (27) :

« En ayant commencé à fumer à 15 ans, peut-on développer une BPCO à 30 ans? »

Réponse de la Fondation du Souffle :

On a longtemps estimé que le risque de BPCO chez les fumeurs était réel autour de la quarantaine. Mais les jeunes fument de plus ne plus tôt! Par conséquent, l’adolescent fumeur risque de développer une BPCO plus précocément. La banalisation du canniabis aggrave encore la situation. Tout comme le tabac, le cannabis expose des poumons jeunes à l’inhalation de produits de combustion. L’impact du tabagisme chez les adolescents est d’autant plus grand que la fumée de cigarettes est nocive pour la croissance pulmonaire, qui ne s’achève qu’à l’âge de 20 ans.

Question reçue par mail de Mme A.(75) :

« Je fais des bronchites au moins 2 fois par an dont certaines m’ont aussi provoqué de l’asthme. Je crains le mois de Septembre, pouvez-vous me dire s’il existe un vaccin anti-bronchique? »

Réponse du Pr. Gérard HUCHON :

Les bronchites sont essentiellement des maladies virales pour lesquelles il n’existe pas de moyens de prévention sauf dans le cas où le virus en cause est le plus populaire celui de la grippe. Mon conseil est de vous faire vacciner contre la grippe, d’éviter de vous rapprocher des personnes ayant une infection virale et bien sûr de respecter les mesures d’hygiène largement diffusées actuellement.

Question reçue par mail de Mme L (13) :

« Je me permets de vous contacter car j’habite à côté d’un marbrier qui travaille à ciel ouvert. Le vent répand les poussières de marbre chez nous. J’aurais aimé savoir si des dangers sont connus pour une exposition non professionnelle aux poussières de marbre, notamment auprès des jeunes enfants. »

Réponse de la Fondation du Souffle :

A ma connaissance, la possibilité d’une contamination indirecte par les poussières de marbre, qui sont faites de particules de silice, n’a pas fait l’objet de travaux scientifiques, comme cela a été le cas des poussières d’amiante. L’atteinte respiratoire possible chez les marbriers est par contre bien connue : il s’agit de la silicose.

Question reçue par mail de M.V (75) :

« Quelle est l’incidence de la pollution sur une toux persistante, ininterrompue depuis 2 ans, surtout nocture ? Je suis non fumeur et n’ai jamais fumé. »

Réponse de la Fondation du Souffle :

Les principaux contaminants de l’air proviennent, entre autres, des véhicules à moteur, des procédés industriels, du chauffage (mazout, bois, propane, etc.) ainsi que des feux de forêt. Les principaux symptômes qui sont parfois associés à une exposition de courte durée (de quelques minutes à quelques jours) à la pollution sont : l’irritation des voies respiratoires (toux, irritation de la gorge) ; la respiration sifflante ; la sensation de serrement de poitrine ; la douleur associée à la respiration profonde ; la difficulté à respirer; la toux. Mais avant de rapporter la toux à la pollution de l’air il convient de consulter son médecin pour éliminer toutes les autres causes pouvant faire tousser.

Question postée sur la page Facebook :

« Peut-on vivre vieux avec une BPCO ? »

Réponse du Pr Gérard Huchon :

Oui, on peut vivre avec une BPCO, surtout lorsqu’on n’est pas encore essoufflé. La maladie peut être dépistée assez tôt, surtout lorsqu’on est un fumeur ou que l’on est exposé à un facteur de risque ; la soustraction à ce risque préviendrait une progression de la maladie mais ne permettrait malheureusement pas une guérison. Lorsque l’on est déjà essoufflé, l’essoufflement a hélas une grande probabilité de persister et de s’aggraver, surtout si l’on continue de fumer. On s’expose alors à des handicaps majeurs voire à la nécessité d’une oxygénothérapie au long court. S’entêter à fumer conduit à des hospitalisations répétées et précipitera le décès. Fumer tue.

Question posée par Madame V du 74, via contact@lesouffle.org :

« Merci pour l’article sur la BPCO qui explique bien le problème. Je viens d’apprendre que j’ai une BPCO. J’ai 57 ans, je ne fume plus depuis au moins 15 ans, j’ai une bonne hygiène de vie mais je suis allergique avec emphysème… Je vis à 1800 mètres mais d’autres allergènes sont présents ! Ma question : la vie en altitude est-elle bonne pour les BPCO, l’oxygène s’y faisant plus rare ? »

Réponse du Pr Gérard Huchon :

Pour répondre à vos interrogations, en l’état le seul conseil que l’on puisse vous donner est de solliciter un médecin qui pourra donner un avis basé sur votre situation médicale personnelle. Car cela dépend de votre état respiratoire. Vivre à plus de 1500 mètres d’altitude peut être un problème dans les formes très sévères de BPCO. Nous pouvons vous faire parvenir d’autres brochures d’informations sur la BPCO pour mieux renseigner sur cette pathologie pour vous et votre entourage. Pour ce faire, veuillez nous transmettre vos coordonnées postales. Bon courage et bonne continuation.

Question posée par Monsieur M du 75 via contact@lesouffle.org :

« Je me permets de vous écrire car je souhaiterais avoir votre avis au sujet de la silicose et de cette plante, l’aloé véra qui semblerait posséder de nombreuses vertus…Sur divers forums de santé, j’ai pu aussi relever que cette plante pouvait traiter et guérir notamment les tumeurs et les cancers des poumons (l’aloe vera, sous forme liquide à boire bouteille). Pensez-vous que cette plante pourrait être bénéfique contre la silicose ? Une piste à explorer ? »

Réponse de Dominique Bacrie (Directrice Adjointe et Responsable éducation sanitaire de la Fondation du Souffle) : 

L’aloé véra est semble-t-il une plante qui possède des propriétés favorisant le bien être ; en revanche, à notre connaissance, il n’y a aucune preuve scientifique de son efficacité thérapeutique. Pour ce qui concerne des pathologies lourdes telles que celles que vous citez (cancer du poumon, silicose) il n’est pas raisonnable de s’en remettre à des remèdes dont l’efficacité n’a pas été prouvée. S’il s’avère qu’un bénéfice peut être apporté par cette plante, des tests seront effectués et la communauté médicale et scientifique en appréciera les effets avant de la proposer aux patients. Aujourd’hui, il est indispensable de suivre les thérapeutiques que prescrivent les spécialistes et qui ont, elles, fait l’objet d’évaluations.

Madame T, 75, question reçue via contact@lesouffle.org :

« Je souhaiterais avoir des informations sur les particules fines du diesel et leurs méfaits pour la santé. »

Réponse du Dr Gilles Dixsaut :  

Il est impossible de répondre à cette question, dans la mesure où en matière d’épidémiologie environnementale, il s’agit toujours de liens statistiques d’augmentation d’un risque et pas de relations directes de causalité, (sauf dans des cas très particuliers comme l’amiante). On peut avoir un cancer du poumon sans avoir jamais fumé et ayant toujours vécu à la campagne sans la moindre pollution particulaire, A l’inverse on peut avoir fumé toute sa vie et vécu en pleine pollution urbaine sans avoir le moindre cancer. On peut dire que l’exposition aux particules diesel est un facteur d’augmentation du risque de cancer, notamment de cancer du poumon, ou d’aggravation de BPCO ou d’asthme, mais on ne peut jamais dire pour une personne donnée que c’est l’exposition à ces particules qui est responsable de sa pathologie, car il y a bien d’autres facteurs en jeu notamment des facteurs génétiques individuels ou des facteurs liés au mode de vie.

Monsieur D.44, question reçue via contact@lesouffle.org :

« Dans l’une de vos précédentes lettres vous expliquiez ce qu’était une dilatation des bronches, je voudrais savoir l’origine de cette maladie, ce qui la provoque. »

Réponse du Pr Gérard Huchon :

Les dilatations des bronches (DDB) ou bronchectasies sont une augmentation permanente et irréversible du calibre des bronches sous-segmentaires ; elles induisent une destruction de l’armature de la sous-muqueuse bronchique, une inflammation de la paroi bronchique, et une hypervascularisation à l’origine d’hémoptysies. Ces lésions évoluent vers la destruction bronchique par divers mécanismes, telles les baisses des défenses immunitaires de l’appareil respiratoire et de la capacité de drainage bronchique, ce qui est à l’origine d’une augmentation de la sensibilité des bronches aux infections, d’une répétition des infections bronchiques, et de lésions permanentes de la paroi bronchique. Les dilatations des bronches sont le plus souvent une maladie acquise dont la cause reste méconnue dans 30 à 50 % des cas. On distingue les formes acquises des formes congénitales, et les formes localisées des formes diffuses.

Monsieur B, 57, question reçue via contact@lesouffle.org :

« Je suis a recherche d’informations et/ou d’études ayant été menées sur la nocivité de la VMC (ventilation mécanique contrôlée) installée aux domiciles de personnes âgées. Avez-vous un contact d’un organisme à me transmettre ? »

Réponse du Dr Gilles Dixsaut :

Je ne connais pas d’étude portant sur la nocivité éventuelle de la VMC en particulier chez les personnes âgées. A ma connaissance ce type d’équipement en assurant une ventilation permanente ne peut avoir que des effets favorables sur la santé en diminuant l’humidité et le risque de confinement, d’où une diminution par exemple du risque d’allergies respiratoires lié aux moisissures et poussières. En outre cela diminue la pollution de l’air intérieur liée aux composés organique volatils ou au radon. Le meilleur contact pour une réponse plus complète est le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et en particulier le Directeur du département «bâtiment et santé» Christian COCHET.

Question de Mme Maria L :

« Je réside dans le quartier Nord d’Asnières sur Seine et de plus en plus de personnes font des allergies. Avec l’urbanisation, on coupe tous les arbres qui ont 40 ans, qui je crois nous protégeaient de la pollution, nous avons la A86 qui passe à proximité. Le pire c’est que tous ces arbres sont coupés pour faire des parkings. Comment faire comprendre à nos gouvernants que la santé va s’en ressentir ? Notre quartier qui ressemblait à un petit bois est devenu un désert… »

Réponse du Dr Dixsaut :

« Il est certain que l’urbanisation conduit à la suppression d’espaces boisés en zone périurbaine et à une augmentation du trafic routier pour desservir ces nouvelles zones urbaines. C’est cette augmentation de trafic qui est responsable d’une augmentation locale de pollution. Il ne faut pas cependant considérer que ces plantations d’arbres conduisent en elles mêmes à une diminution de la pollution atmosphérique, par contre ce sont des écrans anti bruits efficaces à proximité des voies rapides. En même temps, pour les personnes allergiques certaines espèces d’arbres peuvent conduire à l’apparition de symptômes de gène respiratoire en période de pollinisation, c’est pourquoi en zones périurbaines urbanisées, il convient de privilégier les espèces d’arbres à faible pouvoir allergisant. »

Mis à jour le 24 Septembre 2014