Retour sur la touchante histoire de Malo, un jeune sportif asthmatique engagé pour le souffle

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Retour sur la touchante histoire de Malo, un jeune sportif asthmatique engagé pour le souffle

A travers son récit émouvant, Malo nous fait revivre son expérience mémorable lors du Marathon de Rome 2017 et nous montre que même en étant asthmatique, il est possible de courir intensément. 

Récit de Malo :

Janvier 2015 : je me décide enfin à arrêter de fumer et commence ainsi à courir régulièrement. Quelques mois après, plus ou moins sevré du tabac, je me rends compte que, bizarrement, j’apprécie ce sport. Je me demande alors : « pourquoi ne pas passer du sport thérapeutique au sport tout simplement, voir même à la compétition ?».

Dès lors, j’augmente la distance de mes sorties ainsi que leur intensité. Malheureusement à cette époque j’avais un sens de la mesure et un concept du raisonnable assez limité ce qui m’a valu de nombreuses blessures dues à un changement trop brutal de rythme.

Il m’a fallu environ un an et demi pour comprendre comment courir de manière à peu près saine… Après avoir fait quelques footings de près de 20 km je commence enfin à croire qu’il serait possible, moyennant un entraînement sérieux, de courir un marathon. En septembre 2016 j’arrive à Rome pour mes études et apprends qu’un marathon y est prévu le 2 avril de l’année suivante : j’ai alors 7 mois pour me préparer.

Les 4 premiers mois ont consisté en une augmentation progressive du rythme de mes entraînements, le 5ème a été un mois de repos avant les 2 mois de préparation intenses. En m’inscrivant, j’ai appris que j’allais devoir réaliser un check-up médical complet. Les médecins que je voyais n’en revenaient pas : le marathon de Rome exige un test d’effort (électrocardiogramme durant un effort), une analyse complète d’urine et une spirométrie (test de respiration) chez un pneumologue alors que le marathon de paris ne demande qu’un certificat médical. Cela ne m’a pas particulièrement enchanté mais, avant une première compétition sportive c’est plutôt rassurant.

À cette occasion j’ai tout de même appris que j’étais asthmatique ! Ma pneumologue m’a rassuré en me disant que si jusqu’alors je n’avais jamais été gêné pendant la course je pouvais tout à fait imaginer faire un marathon. Je commence alors mi-janvier mon vrai programme d’entrainement. Malheureusement, 3 semaines avant le jour j, les pollens décident de sortir, former leurs escadrilles et d’envahir l’atmosphère romaine… Commence alors la lutte annuelle de mon système immunitaire contre ce sournois ennemi. Malgré un traitement pris assidument, ces allergies écourtent sérieusement mes nuits et me gênent légèrement d’un point de vue respiratoire. Cependant j’ai remarqué qu’en courant, cette sorte de bronchite ne me dérange qu’au début.

Le jour J arrive : réveil à 5h30 du matin, un bon petit déjeuner pour recharger au maximum les réserves et je me prépare pour un top départ prévu à 8h50. Quinze minutes avant, je fais une inhalation préventive de ventoline. Je suis déjà très heureux d’être arrivé à cette ligne de départ ! C’est le fruit de longs mois de travail et de doutes mais à ce moment précis j’ai confiance en moi.

8h30 : on entend gronder un orage qui semble arriver à grande vitesse. 8h50, le top départ est marqué de coups de tonnerre et d’un intense début d’averses. Les humides pavés des rues romaines, polis par l’usure du temps, forment de longues patinoires… Cependant, l’ambiance dans le peloton est à son comble : chaque éclair s’accompagne d’un tonnerre d’applaudissements !

Les 25 premiers kilomètres défilent et offrent des vues uniques sur les monuments de Rome. Arrive le trentième et redouté kilomètre. Redouté car en général il s’accompagne d’un étape métabolique particulière : le corps change de carburant ! Il arrête de puiser dans les réserves classiques et commence à transformer les graisses. C’est à partir de ce moment que psychologiquement, ça se complique et que des abandons surviennent.

Un mauvais entrainement peut transformer ces 12 derniers kilomètres en un véritable supplice. Mais j’y crois et ne me sens pas trop mal. J’affronte une côte avec un peu trop de confiance : arrivé trop vite en haut, des fourmis envahissent tout mon corps, je me sens décoller. Je ralentie immédiatement et prend un peu de sucre que j’avais emporté par sécurité. Ce début de malaise tombe à pic pour me rappeler que durant ces derniers kilomètres on ne peut pas tout se permettre…

Je me mets alors à une allure raisonnable et parcours cette somptueuse fin de course dans le centre de Rome, ému par la beauté du lieu et par les applaudissements de gens venus nous encourager. Enfin, je passe cette ligne d’arrivée après plus de 42km pour 3heures 37 minutes 39 secondes de course et je me sens fier de réaliser ce rêve sous les couleurs de la Fondation du Souffle.

Son engagement a permis de collecter plus de 100 euros, l’équivalent d’un spiromètre acheté ! Un grand merci à Malo pour son initiative sportive et solidaire !


Mis à jour le 13 avril 2017