Olivier Schneider, Monsieur vélo c’est lui !

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Olivier Schneider, Monsieur vélo c’est lui !

Début février, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, doit présenter son Plan Vélo, pour promouvoir ce mode de transport. Parmi ceux qui l’ont conseillée, le Brestois Olivier Schneider, président de la Fédération des usagers de la bicyclette.

 

Il arrive au rendez-vous sourire aux lèvres et vélo pliant sous le bras. Évidemment c’est fait exprès. Son biclou vert, dix kilos tout mouillé, selle en cuir customisée et garde-boue en bois, c’est un peu sa marque de fabrique. Il ne s’en sépare jamais. C’est même son « outil de communication » favori lorsqu’il se rend à Paris, en train et qu’il débarque dans les ministères à grands coups de pédale. Olivier Schneider, 36 ans, est brestois. Il est (surtout), depuis 2015, le plus jeune président de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), qui regroupe 270 associations locales de cyclistes. Et depuis quelques mois, celui qui murmure petite reine à l’oreille des responsables politiques.

 

Lorsque, début février, Elisabeth Borne, ministre des Transports, présentera son grand « Plan Vélo », nul doute qu’Olivier Schneider ne sera pas bien loin… Ce Plan Vélo gouvernemental, c’est, pour Olivier Schneider, un virage à ne pas rater. « Pour le vélo, c’est maintenant ou jamais », résume-t-il. Au départ, rien ne prédisposait particulièrement cet asthmatique à devenir un porte-parole de la bicyclette. En arrivant à Brest, en 2002, alors qu’il intègre Brest Telecom, il se met au deux-roues un peu contraint et forcé : « Le dimanche, pour quitter le campus de l’école, il n’y avait que trois bus… ». Il trouve « astucieux » de rouler à vélo, économique, et surtout, bon pour sa santé. « C’est quand je ne roule pas que mon asthme augmente », constate-t-il.

 

Le fils de diplomate, qui a sans cesse déménagé au cours de son enfance, décide de poser ses valises dans la cité du Ponant, dont il tombe « amoureux ». Son deuxième enfant y naît. « J’ai tellement aimé rouler à vélo que je suis devenu prosélyte ! », sourit-il. Il intègre l’association « Brest à pied à vélo », puis la FUB, dont il devient président bénévole il y a trois ans. « Mais c’est un vrai temps plein », qu’il arrive néanmoins à concilier avec une activité d’auto-entrepreneur. Et plus février approche, plus les nuits sont courtes.

 

Pris au sérieux pour la première fois

 


Tout s’est accéléré début juillet dernier. Emmanuel Macron, en gare de Rennes, annonce son intention de « développer les transports du quotidien ». Dans la foulée, le ministère des Transports organise des Assises de la mobilité.

La FUB prend le train en marche : c’est le moment ou jamais de faire valoir ses arguments, de passer à un lobbying actif. Mettre en lumière les plus de 100.000 réponses d’usagers de la bicyclette collectées par la FUB sur le territoire français (*) ; passer à des propositions « concrètes », réalisables, économiques et ergonomiques. Et ça prend. « Du dernier conseil interministériel sur la sécurité routière on a retenu le passage à 80 km/h sur les nationales, mais une autre mesure est restée discrète : celle qui incite tous les écoliers à apprendre à rouler à vélo avant l’entrée au collège », se réjouit Olivier Schneider.

 

Il se prend à y croire. « Pour la première fois, un gouvernement nous prend au sérieux », lâche-t-il, totalement apolitique par ailleurs. « Jusqu’à présent, le vélo c’était un peu un  » sujet sympathique « . Je ne suis pas juste un emmerdeur, porte-parole d’une minorité ! ». Exactement ce que pense Elisabeth Borne, lorsqu’elle appelle à « cesser de regarder le vélo avec condescendance ». Ce que souhaite la FUB, c’est qu’un véritable « système-vélo » soit mis en place en France, comme il l’est dans certains pays européens : notre pays pointe à la 20e place sur 28 sur l’usage quotidien du vélo par ses habitants… « Si on veut y arriver, cela passe par un ensemble d’infrastructures, de services et une communication favorables », souligne Olivier  Schneider.

Un enjeu de santé publique


Il rappelle un chiffre, terrible : « Depuis 40 ans, les enfants ont perdu près de 25 % de leur capacité cardio-vasculaire », la faute à cette sédentarité croissante (75 % des déplacements en voiture font moins de 5 km). Le vélo, c’est donc un enjeu de santé publique, environnemental, économique… « Tout le monde s’accorde à le dire mais il faut aller plus loin : créer un environnement favorable avec plus de sécurité sur les routes, plus de sûreté par rapport au vol notamment, permettre davantage de facilité pour switcher avec les autres modes de transports, inciter fiscalement avec des indemnités kilométriques remboursées par les entreprises… ». Autant de mesures qu’il espère voir mises « enfin » en oeuvre. Verdict le mois prochain. * Les résultats de cette enquête « Parlons Vélo » seront dévoilés au public le 16 mars prochain.

 


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Mis à jour le 1er février 2018