Le tabac, responsable d’un décès sur huit

A l’approche de la Journée Mondiale Sans Tabac qui se tient le 31 mai 2019, Santé Publique France publie son Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire (BEH) dédié au tabagisme. L’occasion de faire le point sur les derniers chiffres du tabagisme avec une donnée phare : le tabac est responsable d’un décès sur huit.

75 320. C’est le nombre de décès imputables au tabac en 2015. Cancers (environ 60 % des décès), maladies cardiovasculaires (environ 22 %) et maladies respiratoires (environ 16 %) font partie des causes de ces décès.

Si ce constat n’est pas disproportionné par rapport aux précédents, les détails du BEH permettent toutefois de se rendre compte des évolutions sociologiques.

UN NOMBRE DE FUMEURS EN BAISSE

Même si ce nombre de décès reste très élevé, on compte 1,6 million de fumeurs en moins entre 2018 et 2016.

Et ceux qui continuent de fumer, fument quand même moins ! On compte 25,4 % de fumeurs quotidiens en 2018 contre 26,9 % en 2017.

Malgré tout, cette proportion reste importante : 1 adulte sur 4 fume encore chaque jour.

DES INEGALITES SOCIALES

Les inégalités perdurent même dans le tabagisme.

En effet, alors que le tabagisme est en baisse chez les hommes depuis 2000, le nombre de décès imputables au tabac chez les femmes a été multiplié par 2,5.

Le niveau de diplôme est également source d’inégalité : Santé Publique France compte 28,4 % de fumeurs quotidiens chez les personnes sans diplômes contre 19,4 % chez les personnes ayant un niveau égal ou supérieur au baccalauréat.

DES MESURES EFFICACES

Tout d’abord, l’augmentation progressive du prix des paquets de cigarette – jusqu’à atteindre 10 € en 2020, a porté un coup au marché.

La mise en place du paquet neutre, sans logo, a également permis de rendre la cigarette moins « cool » chez les jeunes, pour lesquels on constate d’ailleurs une diminution du tabagisme.

Le développement de la cigarette électronique a également eu des conséquences sur la consommation de tabac : 3,8 % des français vapotent chaque jour, dont la moitié se compose d’anciens fumeurs.

Le Mois Sans Tabac organisé chaque année au mois de Novembre est un succès, avec 250 000 inscrits en 2018. D’autant plus que cette année, il y avait une nouveauté : les substituts nicotiniques sont désormais remboursés comme des médicaments (patchs, gommes, etc.).

Toutefois, la France figure parmi les pays avec le plus grand nombre de fumeurs : près de 30 % contre 15 % en Australie et aux États-Unis par exemple.

Selon Santé Publique France, « le tabagisme reste la première cause de décès évitables en France ». Et même si le nombre de fumeurs est en baisse, il faudra attendre longtemps avant que cela ne se ressente sur le nombre de décès. Les conséquences tu tabac se font ressentir sur le long terme sur notre santé, et ce, même chez ceux qui ont arrêté de fumer.

Mis à jour le 28 mai 2019