Périphérique pollution

ECLAIRAGE : Périphérique & pollution

PARIS – Pour tenter de mieux comprendre la pollution et l’impact du boulevard périphérique parisien sur celle-ci, nous nous sommes entretenus avec Gilles Dixsaut, expert de la Fondation du souffle en la matière.

RÉDUIRE DE 20 KM/H LA VITESSE SUR LE PÉRIPHÉRIQUE : QUEL IMPACT ?

D’après notre expert, réduire de 20 km/h la vitesse sur le périphérique pour la ramener à 50 km/h présenterait comme avantage principal la réduction du bruit pour les riverains. En effet, il y aurait moins de pollution sonore car le bruit augmente avec la vitesse.

En revanche, en ce qui concerne la pollution, le gain ne serait pas si évident.

En voiture, ce sont les 10 premiers kilomètres qui émettent le plus de polluants. Les systèmes de dépollution dont sont équipés les véhicules nécessitent pour fonctionner que le véhicule chauffe. Par exemple, pour les véhicules diesel, la température minimale de dépollution est de 190°C.

Le problème est donc de s’arrêter et de redémarrer, notamment lors des embouteillages. C’est la raison pour laquelle les embouteillages avec arrêts sont d’importants facteurs de pollution.

RÉDUIRE LE NOMBRE DE VOIES SUR LE PÉRIPHÉRIQUE : UNE BONNE IDÉE ?

Là, encore une fois, tout dépend de si cela crée des bouchons supplémentaires ou non. Une autre idée, nous rappelle Gilles Dixsaut, est de consacrer la troisième voie du périphérique parisien au covoiturage. Cela permettrait en effet de réduire la pollution sans créer d’embouteillages supplémentaires.

En résumé, jusqu’à présent, rien ne démontre les bienfaits d’une baisse de la vitesse sur la santé respiratoire. La solution pour diminuer durablement la pollution reste de réduire le nombre de véhicules en circulation et cela peut passer par des transferts de mode (« si on ferme une voie, il y a trop d’embouteillages donc je prends mon vélo ») ou des phénomènes d’évaporation de la circulation.

Mis à jour le 29 mai 2019