Pneumothorax

PNEUMOTHORAX : traitements et recherche

PNEUMOTHORAX : traitements et recherche

Le but de la prise en charge thérapeutique du pneumothorax est d’évacuer l’air de la cavité pleurale et d’éviter les récidives. Les traitements diffèrent selon le type de pneumothorax et son importance.

Le pneumothorax spontané secondaire et le pneumothorax traumatique sont des urgences médicales. Tout comme le pneumothorax compressif/sous tension.

Les traitements des pneumothorax

Repos, exsufflation à l’aiguille, drainage thoracique, intervention chirurgicale… Découvrez les traitements des différents pneumothorax.

Les petits pneumothorax spontanés primaires bien tolérés peuvent être traités avec du repos ou une exsufflation (évacuation de l’air) à l’aide d’une aiguille ou d’un petit cathéter après anesthésie locale. Une radiographie de contrôle est réalisée 48h après pour vérifier la résorption du pneumothorax.

Le premier épisode de pneumothorax spontané primaire plus important ou mal toléré (dyspnée) est traité avec la mise en place d’un drain thoracique. Le drainage thoracique consiste à insérer un tube de quelques millimètres de diamètre, sous anesthésie locale, entre deux côtes. Si le pneumothorax se résout rapidement (1 à 5 jours), le drain est enlevé. Mais il y a un risque important de récidive, de l’ordre de 15%.

« Le pneumothorax spontané secondaire nécessite une hospitalisation et un drainage pleural en urgence » informe le Dr Clément Fournier. « Le taux de récidive étant élevé, de l’ordre de 40 à 80%, un geste chirurgical est envisagé d’emblée pour prévenir la récidive chez la plupart des patients en dehors des personnes souffrant de mucoviscidose et étant en attente d’une greffe : une symphyse pleurale ou pleurodèse » décrit-il.

Dans le pneumothorax secondaire traumatique, le drainage est recommandé en première intention. Il est généralement précédé d’un scanner thoracique à la recherche de lésions associées (hémothorax, plaie trachéobronchique, fractures osseuses…).

Deux à quatre semaines après le traitement, une consultation avec réalisation d’une radiographie thoracique est recommandée afin d’objectiver la régression complète du pneumothorax. Un certain nombre de précautions doivent être prises pour prévenir la récidive.

Risques de récidive

Le taux de récidive du pneumothorax spontané primaire en l’absence de symphyse pleurale est de 15 % après un premier épisode, de 63 % après un deuxième et de 80 % après un troisième. En cas de pneumothorax spontané secondaire, sans intervention chirurgicale, le taux de récidive est estimé à 40-80 %. La récidive a lieu généralement du même côté et survient le plus souvent dans les deux ans.

Des progrès en matière de prise en charge

Pr Philippe Astoul, chef du service d’oncologie thoracique, maladies de la plèvre et pneumologie interventionnelle à l’hôpital Nord (Marseille)

La prise en charge des pneumothorax spontanés primaires, situation la plus fréquente pour cette pathologie, a considérablement changé ces dernières années. Initialement, l’objectif principal avait pour but une ré-expansion pulmonaire la plus rapide possible sans tenir compte des symptômes présentés par le patient. La prise en charge était dictée par l’importance du décollement lié à la présence d’air dans la plèvre, sur la radiographie thoracique. À cette fin des drains thoraciques de gros calibre étaient utilisés pour accoler le poumon à la paroi thoracique.

Actuellement, l’objectif de la prise en charge est d’être le moins invasif possible, voire de réaliser une simple surveillance du patient qui est mis au repos. Dans le cas où il est nécessaire d’intervenir, notamment devant un essoufflement inconfortable et mal toléré, une exsufflation à l’aiguille peut être réalisée ou la mise en place de drains thoraciques de très petit calibre et la prise en charge est quasiment ambulatoire.

Prévenir les récidives, un des grands enjeux

Le pneumothorax spontané primaire récidive dans environ 15% des cas. Le risque de récidive est de plus de 60% après un deuxième épisode, et de 80% après la troisième récidive. Dans ces cas de figure, le traitement consiste en la réalisation d’une symphyse pleurale, qui consiste à coller la plèvre par voie chirurgicale ou par voie médicale. Le tabagisme favorise l’apparition d’un pneumothorax mais également des récidives. Il est donc essentiel de mettre l’accent sur l’importance d’un sevrage tabagique mais aussi d’un arrêt de la consommation de cannabis ou autres produits à visée récréative (narguilé etc..) qui entraînent eux aussi des anomalies du parenchyme pulmonaire et constituent un facteur de risque de récidive de pneumothorax.

L’importance d’informer sur les risques de récidives des personnes continuant à fumer

La Fondation du Souffle et les pneumologues ont un rôle fondamental d’éducation sur le tabac. Cette dernière est d’autant plus importante actuellement où l’on pourrait banaliser le pneumothorax spontané primaire qui est traité avec des outils mini-invasifs, sans douleur et en ambulatoire. Il est important de rappeler que la prise en charge d’une récidive est plus lourde, et qu’une anesthésie générale est nécessaire pour réaliser une symphyse pleurale. Le sevrage tabagique est indispensable, pour protéger les poumons de manière générale. Continuons à le faire savoir

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Mis à jour le 14/08/2019