La mesure du souffle est également capitale pour adapter le traitement du patient car ce dernier a, notamment dans les formes d’asthme les plus sévères, une mauvaise perception de la qualité de son souffle. Il peut ainsi penser que son asthme est stable alors qu’il s’est au contraire détérioré. Cela peut aboutir à une forme grave d’asthme. Lors de la surveillance de l’asthme, le médecin fera en consultation une mesure du souffle à l’aide du spiromètre. Le patient peut également se procurer en pharmacie un «peak-flow» ou «débitmètre de pointe» qui permet une mesure à domicile du souffle avec un appareil d’utilisation simple. La comparaison du chiffre mesuré au chiffre normal du patient permet à ce dernier de savoir si sa maladie est bien contrôlée. On a pu désigner ce «peak-flow» comme le thermomètre de l’asthme.

Radiographie thoracique

Le bilan initial d’une personne asthmatique, surtout si elle est fumeuse, impose de réaliser cet examen pour éliminer une autre maladie dont les signes prendraient l’allure d’un asthme. La radiographie des poumons permet aussi de vérifier, dans certaines circonstances, que l’asthme n’est pas associé à une autre maladie pulmonaire. Elle peut aussi mettre en évidence dans les formes graves et évoluées de la maladie des complications pulmonaires (emphysème, dilatation des bronches). Celles-ci sont cependant rares.

Examens biologiques

Ils sont rarement nécessaires et sont de deux types :
> le comptage des éosinophiles dans le sang : il s’agit d’un type particulier de globules blancs qui le plus souvent oriente vers une allergie d’autant plus que le chiffre de ces cellules est supérieur à 500 par mm3 de sang,
> le test de dépistage biologique de l’allergie : ce type de test permet de savoir que le patient a d’une façon quasi certaine une sensibilisation à un ou plusieurs allergènes qu’il faut identifier. Le dosage des immunoglobulines E spécifiques, encore appelé RAST, donne une réponse qualitative et quantitative pour chaque allergène testé (par exemple, RAST aux pollens de graminées). Il est réservé aux cas pour lesquels il existe une discordance entre l’interrogatoire et les tests cutanés ou lorsque les tests ne peuvent pas être réalisés (eczéma).

Enquête allergique cutanée

Les tests cutanés doivent être ciblés en fonction des éléments recueillis à l’interrogatoire. Ils consistent à déposer sur la peau des gouttes de chacun des allergènes à tester, puis de piquer la peau avec une pointe, au travers de chaque goutte, de manière à en faire pénétrer une quantité minime dans la couche superficielle de la peau. Le test est positif si une papule blanchâtre, entourée d’un halo rouge, apparaît dans les minutes qui suivent.

Mesure du gaz du sang

Elle permet d’évaluer la qualité de la respiration par la mesure des taux d’oxygène et de gaz carbonique dans le sang. Lorsque ces taux sont anormaux, ils témoignent d’une importante altération de la respiration. Dans le cas de l’asthme, ils sont pratiqués dans deux circonstances : évaluation d’un asthme aigu grave et formes très sévères de l’asthme chronique susceptibles de se compliquer d’une insuffisance respiratoire. La prise de sang est réalisée dans une artère, souvent au poignet. Cet examen est peu douloureux ; pour les personnes sensibles et les enfants, il est possible de placer un patch autocollant anesthésiant une heure avant sur l’endroit du prélèvement. Aucun de ces examens n’est systématique en dehors de la mesure du souffle.

Les maladies à ne pas confondre avec l’asthme

Certaines maladies se manifestent comme l’asthme par des sifflements. Elles sont rares mais doivent être cependant recherchées (diagnostics différentiels).

> Le premier diagnostic à éliminer est celui d’une tumeur bronchique qui diminue le calibre des bronches jusqu’à les obstruer parfois. Le second est celui d’une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) car les symptômes peuvent se ressembler dans les deux maladies.

> Chez l’enfant, l’inhalation d’un corps étranger doit être recherchée. Il faut aussi penser à la mucoviscidose si l’asthme traité de l’enfant ne répond pas bien au traitement. Au moindre doute, un test dit « test à la sueur » doit être pratiqué. Il permet de faire l’analyse de la composition de la sueur qui est anormale si l’enfant est atteint de la maladie.

> Chez l’enfant encore, il faut parler de la bronchiolite, terme qui aboutit à beaucoup de confusion dans l’esprit des patients, de leurs familles mais aussi parfois de leur médecin. Au sens propre, la bronchiolite est une maladie due à un virus, le virus respiratoire syncycial ou VRS. Chaque hiver, elle donne lieu à des épidémies chez les nourrissons qui toussent et ont parfois une respiration sifflante. Dans ce contexte, le traitement anti-asthmatique est absolument inadapté. En raison de la ressemblance de la bronchiolite avec certaines formes d’asthme qui se manifestent par des bronchites sifflantes, certains médecins ont pris l’habitude de nommer ces formes d’asthme bronchiolite, ce qui entretient la confusion.

> Certaines maladies cardio-vasculaires se manifestent par des sifflements : c’est le « pseudo asthme cardiaque ». Là encore, la confusion est possible, en particulier chez la personne âgée chez laquelle les maladies cardiaques sont fréquentes. Il faut y penser si la personne a déjà eu des ennuis cardiaques et si le traitement anti-asthmatique n’est pas efficace.

L’asthme peut-il être associé à d’autres maladies

En dehors de la fréquente association entre asthme, rhinite et sinusite, l’asthme peut être associé à d’autres maladies ou en être un des signes :

> Le reflux gastro-oesophagien qui se manifeste par des sensations de brûlures dans la poitrine ou de reflux acide en bouche peut constituer un facteur aggravant de l’asthme. Son traitement permet parfois de mieux contrôler les symptômes respiratoires.
> L’asthme est aggravé par la présence d’un syndrome d’apnées du sommeil. Ce syndrome est évoqué si le patient ronfle beaucoup, se plaint d’endormissements ou de somnolence importante durant la journée et s’il a une surcharge pondérale importante. Son diagnostic nécessite un examen appelé polysomnographie qui est une sorte d’enregistrement de la respiration pendant le sommeil. Cet examen est souvent réalisé dans le service de pneumologie.

Dans de très rares cas, l’asthme peut être l’un des signes d’une maladie plus complexe. Le diagnostic de ces affections est évoqué quand l’asthme est sévère, répond mal au traitement et s’accompagne d’un taux élevé de globules blancs particuliers de type éosinophiles.

Il peut s’agir de :

> La maladie de Carrington ou pneumonie chronique idiopathique à éosinophiles : pneumonie de cause non infectieuse, liée à l’infiltration du poumon par les globules blancs de type éosinophiles.

> Le syndrome de Churg et Strauss : il est dû à une infiltration de la paroi des petits vaisseaux (artères, veines) par les éosinophiles, ce qui engendre, entre autres, des problèmes cardiaques, cutanés, articulaires ou neurologiques.

> L’aspergillose bronchopulmonaire allergique : maladie qui associe un asthme à une réaction allergique vis-à-vis d’une moisissure (aspergillus) à une réaction immunitaire d’un autre type contre cette même moisissure. Ceci engendre souvent des images de pneumonie à la radiographie et, à la longue, des anomalies des bronches sous forme de dilatations, bronchectasies visibles à la radiographie ou mieux, au scanner du poumon.

A noter : ces trois maladies sont rares.


Mis à jour le 3 avril 2017