TABAC

Le tabagisme actif (fait de fumer soi-même) constitue un facteur aggravant de la maladie asthmatique. La fumée du tabac renferme entre autres substances nocives des irritants puissants. Ceux-ci ont tendance à accentuer la fermeture des bronches car l’irritation qu’ils provoquent augmente l’inflammation et la production de secrétions. Depuis peu, il est même démontré que la cortisone à inhaler, traitement de base de l’asthme, est moins efficace chez le fumeur. Il est difficile de savoir si le tabagisme actif peut amener l’apparition d’asthme chez une personne qui n’en avait pas jusque là. L’aggravation de l’asthme de l’enfant par le tabagisme passif est incontestable. Des études ont montré que l’enfant asthmatique dont l’entourage familial fume a des crises plus fréquentes, des capacités respiratoires plus basses et des besoins en médicaments antiasthmatiques plus importants que si ses proches ne fument pas. Le tabagisme passif est susceptible d’induire un asthme chez un enfant présentant un terrain prédisposé (risque multiplié par deux).

ANGOISSE

La crise d’asthme se traduit le plus souvent par une sensation d’étouffement, voire d’asphyxie génératrice d’une anxiété majeure. La sensation d’angoisse est souvent d’autant plus grande que la crise survient la nuit. Cette angoisse amplifie souvent la sensation de mal respirer.

Comment y remédier ?

Une meilleure connaissance de soi, de la maladie et un contrôle plus efficace de ses émotions face au stress peuvent être des moyens efficaces complémentaires du traitement médicamenteux pour contrôler la crise. Les techniques de relaxation (sophorologie), la pratique du sport ou du yoga peuvent aider à mieux vivre avec son anxiété.

CURES THERMALES ET CLIMATIQUES

Les cures thermales ou climatiques peuvent avoir une action bénéfique chez certains patients. L’action bénéfique des cures thermales (qui durent trois semaines environ) repose sur :

– la crénothérapie (application thérapeutique des eaux thermales)
– l’éducation thérapeutique qui permet à chaque curiste d’apprendre à mieux connaître, donc mieux contrôler sa maladie.

L’utilisation thérapeutique des conditions climatiques (climatothérapie) est réservée le plus souvent à des enfants asthmatiques, souffrant d’un asthme sévère, avec allergie aux acariens de la poussière de maison et difficilement contrôlé par les traitements médicamenteux. L’état de ces enfants s’améliore lors des séjours en montagne au-delà de 1200 mètres d’altitude. La durée du séjour peut être d’un mois ou de plusieurs mois, voire une année scolaire.

SPORT

Le sport est non seulement possible mais recommandé. L’acquisition d’un bon capital musculaire participe à la qualité de la vie et au contrôle de toutes les maladies respiratoires dont l’asthme. Une activité physique telle que la marche à bonne allure ou la course est recommandée. La course, surtout la course d’endurance, peut provoquer des crises d’asthme. Pour les éviter, l’asthmatique devra prendre un broncho-dilatateur 10 à 15 minutes avant la course et faire un échauffement. La natation et l’aquagym sont très bénéfiques à l’asthmatique. Toutefois, lorsque l’activité se fait en piscine couverte et que l’odeur de chlore est marquée, elle peut induire des crises d’asthme. Bien sûr, les exercices doivent être personnalisés selon l’âge et les performances respiratoires et cardiaques. Une règle est très importante à respecter : la maladie asthmatique doit être bien équilibrée pour que le sport soit bien supporté.

AMÉNAGEMENTT DE L’ESPACE DE VIE

Il faut aérer les pièces de l’habitation tous les jours et lutter contre l’humidité.

Chambre :

– Recouvrir le matelas, l’oreiller et éventuellement la couette d’une housse anti-acarien pour réduire les sources d’allergie aux acariens dans la chambre.
– Choisir des oreillers et une couverture en matière synthétique lavable.
– Laver les draps une fois par semaine.
– Mettre les peluches dans des sacs de congélation alimentaire et les laisser 24 heures au congélateur avant de les passer à la machine (ceci pour éliminer les acariens).
– Eviter les double-rideaux, les tentures sur les murs.
– Eviter tous les nids à poussières.
– Eviter les vêtements portés de substances irritantes ou allergisantes (naphtaline, détachants…).

Cuisine :

– Garder les produits alimentaires dans des boîtes hermétiques et dans des placards correctement fermés.
– Jeter les cartons ramenés des magasins. Ils peuvent être contaminés par des œufs de blattes.
– Opter pour des plaques électriques (car le gaz dégage en brûlant du dioxyde d’azote).
– Faire attention aux produits d’entretien utilisés.

Salle de bains :

– S’assurer de la bonne évacuation de la vapeur d’eau par l’ouverture d’une fenêtre ou la mise en place d’une ventilation mécanique qui renvoie l’humidité à l’extérieur du logement.
– Utiliser de l’eau de javel pour éviter les moisissures.

Grenier, cave, garage :

– Eviter d’y entreposer des denrées alimentaires ou des produits toxiques.
– Eviter l’empoussiérage et l’humidité.
– Eviter de laisser tourner le moteur de la voiture dans le garage.

Salon :

– Privilégier un canapé en skaï ou en cuir plutôt qu’en tissu.
– Eviter les cheminées à foyer ouvert.
– Eviter d’utiliser sans précaution des produits de bricolage ou d’entretiens (colles…).
– Eviter certaines plantes et fleurs qui sont reconnues comme très allergisantes : ficus, caféiers, cactées, papyrus, gerberas, spathiphyllums, mimosa, tulipes, gypsophiles, stacices- Eviter la présence d’animaux à poils.

ASTHME ET MÉTIERS

L’orientation professionnelle doit se faire vers des métiers différents de ceux connus pour être particulièrement à risque comme la coiffure, la boulangerie, les métiers du bâtiment, la peinture en carrosserie, les professions impliquant l’utilisation de produits d’entretien, le milieu agricole, les métiers exposés aux pollens. Le métier exercé peut être la cause de l’asthme. L’asthme est en effet une des maladies respiratoires d’origine professionnelle les plus fréquentes dans les pays industrialisés. Environ 10% des asthmatiques ont un asthme professionnel.

ASTHME ET GROSSESSE

La maladie d’une femme enceinte peut évoluer de manière imprévisible: dans un tiers des cas, elle s’améliore, dans un tiers des cas, elle s’aggrave, et dans un tiers des cas, elle reste inchangée. Le manque d’oxygène généré par une ou plusieurs crises d’asthme importantes est le risque majeur pour l’enfant à naître. Il peut entraîner à la fois une prématurité et un petit poids de naissance si la maladie n’est pas bien contrôlée, ce qui se produit si le traitement de fond est arrêté de manière inopportune par le patient et même parfois par le médecin. Une grossesse peut être menée à son terme sous réserve d’un suivi médical régulier et concerté entre l’obstétricien, le médecin traitant et le pneumologue.

ASTHME ET PSYCHOLOGIE

Toute maladie chronique peut entraîner un certain état d’anxiété, voire un état dépressif. L’anxiété est généralement améliorée par la pratique de la relaxation, d’un sport et de yoga. En revanche, l’état dépressif doit conduire à une consultation spécialisée auprès d’un psychiatre.

ASTHME ET ALIMENTATION/POIDS

L’obésité semble augmenter le risque d’asthme. Ces deux maladies ont vraisemblablement des causes génétiques et environnementales communes. Etre en surpoids est mauvais pour l’asthmatique ; une hygiène de vie incluant un poids équilibré contribue à un meilleur contrôle de la maladie.

ASTHME ET VOYAGE

Le voyage, lointain en particulier, impose certaines précautions :
– Consulter le médecin avant le départ.
– Il vaut mieux ne pas effectuer un long voyage dans les suites immédiates d’une crise d’asthme sévère. Il faut emporter une quantité suffisante de médicaments.
– Il faut conserver une trousse d’urgence sur soi lors du trajet et du séjour.
– Si possible, il faut emporter en voyage, en cas d’allergie aux acariens, sa housse anti-acariens de matelas et d’oreiller. Il faut emporter l’ordonnance du médecin et les boîtes des médicaments à l’étranger.
– Il vaut mieux prendre une assurance de rapatriement sanitaire.

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L’EDUCATION THÉRAPEUTIQUE

Elle a pour principe de procéder à un bilan des connaissances du patient sur sa maladie, puis sur des séances collectives d’apprentissage et de partage du vécu et des connaissances, de manière à rendre le patient autonome dans la gestion de sa maladie. Toutes les questions développées ci-dessus pourront être abordées lors de ces séances. La désensibilisation ou immunothérapie spécifique ou vaccination anti-allergique. Il s’agit d’un traitement de l’asthme allergique dont le principe est d’essayer d’induire une tolérance de l’organisme vis-à-vis de l’allergène qu’il craint. Il a montré son efficacité s’il est prescrit à bon escient, c’est-à-dire si le rôle de l’allergène est clairement démontré. Il s’effectue par piqûres ou par solution envoyée sous la langue (désensibilisation sublinguale).


Mis à jour le 3 avril 2017