BPCO et travail

Un patient atteint de BPCO peut continuer à travailler si son état de santé est compatible avec le travail effectué. Il est possible dans le cas contraire de se reclasser vers un poste plus sédentaire, moins pénible physiquement. Au stade d’insuffisance respiratoire chronique, il est possible de pouvoir continuer à travailler en cas de travail très sédentaire.

BPCO et psychologie

Il est assez habituel de se sentir anxieux au cours d’une BPCO, voire même d’être dépressif. Entre un tiers et la moitié des malades sont concernés. Il ne faut donc surtout pas hésiter à se faire aider par un psychiatre ou un psychologue, et au minimum en parler à son ou ses médecin(s) habituel(s). Il peut être proposé au patient de faire un séjour de reconditionnement à l’effort dans un centre de réhabilitation respiratoire, ce qui peut avoir des effets positifs non seulement sur le physiaque mais aussi sur le mental.

BPCO et alimentation

Le fait d’être trop gros ou trop maigre a des effets néfastes sur l’évolution de la maladie. Etre en surpoids trop important peut aggraver l’essoufflement et réduire plus encore la capacité pulmonaire. Il convient donc de mettre en place des mesures diététiques afin de se rapprocher du poids normal. A l’inverse, le problème de dénutrition est majeur lors des stades évolués de la maladie : en effet, 50% à 60% des personnes atteintes de BPCO évoluées sont en état de dénutrition. Le patient doit donc être attentif à une éventuelle perte de poids et fonte musculaire. Une fois celles-ci détectées, un apport calorique suffisant doit les compenser et permettre une reconstruction des muscles. Il faut donc tout au long de l’évolution de la BPCO rester vigilant face à ce risque.

BPCO et sport

A un stade précoce de la BPCO, il est recommandé de faire du sport. Lorsque la BPCO rend difficiles les efforts, un programme de réhabilitation respiratoire centré sur l’activité physique et le ré-entraînement des muscles, sera conseillé. Au stade d’insuffisant respiratoire, la pratique d’un sport est impossible mais l’entretien musculaire reste cependant nécessaire, si besoin est avec l’aide d’un kinésithérapeute et, dans tous les cas, par le maintien d’un minimum d’activité physique quotidienne.

BPCO et voyages

On peut partir en voyage si on a une BPCO à condition de savoir quel est son niveau de souffle (VEMS) et d’oxygénation dans le sang au repos, d’avoir sur soi des informations précises sur sa maladie et son traitement, d’être capable de reconnaître et gérer un début d’exacerbation respiratoire. L’avion peut poser problème lorsque la BPCO a évolué. En effet, le vol risque de renforcer l’hypoxie (manque d’oxygène dans le sang). Il peut être nécessaire d’être mis sous oxygène pendant le vol ou d’adapter son oxygénothérapie. Dans tous les cas, il n’est pas possible d’utiliser son propre matériel (sauf si l’on dispose d’un concentrateur portable ou transportable, mais ces matériels sont encore peu diffusés, et il faut de toutes façons en prévenir la compagnie aérienne à l’avance) ; des bouteilles d’oxygène agréées «aéronautique » peuvent être fournies par la compagnie. Ceci nécessite là encore de la prévenir quelques semaines à l’avance. Pour pouvoir bénéficier de l’assistance gratuite proposée par les aéroports aux passagers malades, il faut prévenir le service médical de sa compagnie d’avion à l’avance (le patient devra faire remplir un imprimé spécifique par son médecin traitant ou son pneumologue).

BPCO et interventions chirurgicales

Les précautions à prendre en cas d’anesthésie sont d’autant plus importantes que la maladie est évoluée et l’apport d’oxygène nécessaire

– En cas d’intervention abdominale, la douleur postopératoire due à l’ouverture des muscles de l’abdomen réduit la capacité respiratoire et rend la toux pénible, donc moins efficace (le risque d’infection ou d’insuffisance respiratoire est alors plus grand). Les risques sont identiques en cas d’intervention sur le thorax (opération du cœur par exemple).

– Dans ces circonstances, l’aide du kinésithérapeute est précieuse. Des consignes simples doivent être respectées avant une opération :

– Arrêt total du tabac plusieurs semaines avant l’intervention.

– Faire mesurer son souffle et prendre l’avis de son pneumologue.

– Faire des séances de kinésithérapie pour bien vider ses bronches et apprendre à contrôler au mieux sa respiration.

– Augmenter sa consommation de bronchodilatateurs (sur les conseils du médecin). Dans certains cas, il peut être nécessaire de débuter une réhabilitation respiratoire avant de subir une opération.

BPCO et vie sexuelle

Une vie sexuelle est tout à fait possible pour un patient atteint de BPCO qui rencontre comme seul obstacle un essoufflement important. Rappelons que l’énergie requise pour un acte sexuel correspond à peu près à l’effort qu’il faut pour monter un escalier de vingt marches ou pour marcher rapidement sur un terrain plat pendant quatre à six minutes tout en parlant.

Des solutions existent pour être moins essoufflé :

– Il est possible d’économiser son souffle en pratiquant certaines positions (il faut éviter celles qui compriment le thorax et l’abdomen).

– Il est possible d’utiliser un bronchodilatateur avant voire pendant les relations.

– Il est conseillé de poursuivre l’oxygénothérapie pendant tout ou partie de l’acte sexuel si besoin est.

– Le kinésithérapeute peut aider son patient à trouver des positions et des exercices respiratoires qui détendent avant les rapports sexuels.


Mis à jour le 3 avril 2017