Une vingtaine de greffes pulmonaires pédiatriques se font actuellement en France. L’indication mucoviscidose représente 75 à 80% des patients jeunes subissant actuellement ce type de transplantation.
Zoom sur la greffe pulmonaire pédiatrique avec le Pr Gérard Lenoir, chef de service à l’hôpital Necker-Enfants malades.

La mucoviscidose représente l’indication principale des greffes pulmonaires, quelles sont les autres indications ?

« Le reste des greffes pulmonaires pédiatriques se fait sur des enfants atteints de fibrose pulmonaire idiopathique ou non et sur des enfant intoxiqués par des produits chimiques qui ont détruit leurs poumons. »

Pouvez-vous nous rappeler l’histoire de la greffe pulmonaire chez l’enfant…

« En France, la première greffe cardio-pulmonaire sur un enfant atteint de mucoviscidose a eu lieu en 1988. Jusqu’en 1995, on greffait le bloc cœur-poumons. A partir de 1995, on passe à une greffe pulmonaire avec la technique bi-pulmonaire séquentielle. Chez l’enfant, cela permet de greffer des segments de poumons et non plus des lobes. On s’adapte ainsi à la taille du sujet à greffer. Plus de 400 greffes ont été effectuées en France. »

Il y a des meilleurs résultats…

« Il y a une amélioration très franche des résultats maintenant. Le changement le plus important est celui de l’âge moyen de la transplantation qui passe de 15.6 à 21.7 ans. Et c’est très bien car nous essayons de repousser le plus possible l’âge de la greffe. Les résultats à long terme sont très intéressants, on a des reculs de 17-18 ans, certes pas très fréquents.
On se bat mieux contre les complications : ici la bronchiolite oblitérante est la plus fréquente dans 50% des cas. Cette maladie multifactorielle équivaut à un rejet chronique du greffon. On arrive à juguler cette bronchiolite oblitérante si on agit sur divers facteurs : facteurs inflammatoires, facteurs infectieux… on arrive à présent à maitriser assez bien cette complication.

Des jeunes meurent faute de greffons disponibles…

« Oui, nous avons des jeunes sur liste d’attente qui décèdent faut de greffon. A Necker, en collaboration avec l’hôpital Européen Georges Pompidou nous avons mis en place la Super Urgence qui permet de greffer en priorité des jeunes qui sont en réanimation. C’est expérimental pour l’instant. Nous avons greffé 5 enfants comme ca depuis 2007. D’autres hôpitaux se mettent à ce système, qui chez nous fonctionne bien. Cela nous semble une voie intéressante, mais pour que ce régime fonctionne, il ne faut pas qu’il représente plus de 25% des jeunes sur liste d’attente. Un autre espoir d’avoir plus d’organes à greffer disponibles : le reconditionnement des poumons des donneurs ex vivo, grâce à des machines. Cela va commencer en France et semble une solution pour progresser. »

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Mis à jour le 24 Septembre 2014