Les pneumonies communautaires désignent les pneumonies acquises en milieu citadin ou rural par opposition aux pneumonies acquises à l’hôpital que l’on appelle nosocomiales (du grec nosokomia, qui signifie « les soins donnés au malade »).

  • Fréquence et principales causes :

On estime en France la fréquence des pneumonies à 400 000 cas annuels. La cause la plus fréquente est l’infection à pneumocoque (130 000 cas) qui peut être particulièrement grave (mortalité 10%) :

> Chez les personnes âgées

> En cas de maladie chronique (insuffisance respiratoire ou cardiaque, et diabète en particulier)

> En cas d’immunodépression (déficit en anticorps, splénectomie ou drépanocytose, infection par le VIH).

Le tabagisme est un facteur de risque de survenue de ce type de pneumonie.

Parmi les autres principaux germes responsables de pneumonies communautaires :

> Le mycoplasme (plus souvent chez des sujets jeunes) et le chlamydia

> L’ Haemophilus influenzae

> La légionelle

> Les virus : la grippe et l’infection à virus respiratoire syncytial sont parmi les plus fréquentes à se compliquer d’une pneumonie, surtout par suite d’une surinfection bactérienne

> Des agents plus rares sont identifiés chez des patients débilités par le grand âge et/ou des maladies chroniques

  • Signes cliniques et diagnostic :

> Dans sa forme la plus caractéristique, la pneumonie franche a un début aigu : une fièvre élevée, une toux, un point de côté. A l’examen clinique, notamment à l’auscultation pulmonaire, il existe des signes correspondant à « une congestion » du poumon.

Le diagnostic est confirmé par la radiographie du thorax qui visualise une opacité systématisée à un territoire pulmonaire.

> La pneumonie atypique est plus progressive souvent précédée ou accompagnée de signes ORL ; les signes à l’examen sont plus frustes.

> La broncho-pneumonie évolue en général dans un contexte infectieux sévère avec plusieurs foyers pulmonaires, une altération de l’état général sur un terrain souvent débilité et/ou un poumon quelquefois déjà pathologique.

> Il y a des formes de pneumonie plus volontiers torpides ou trompeuses en particulier chez les personnes âgées, à confirmer au moindre doute par une radiographie du thorax.

  • Traitement :

Les formes graves ou ayant une gravité potentielle en raison de facteurs de risques liés au terrain du patient impliquent une hospitalisation au cours de laquelle des investigations à la recherche de l’agent causal seront effectuées et, dans les formes les plus sévères, une prise en charge en milieu de soins intensifs.

Dans les autres cas, au domicile, le traitement est probabiliste c’est-à-dire que le choix du traitement antibiotique est fondé sur la probabilité de l’agent en cause susceptible d’adaptation en fonction de la réponse clinique. Le repos est requis, une bonne hydratation, des médications symptomatiques. Les deux principales familles d’antibiotiques prescrits sont les pénicillines et les macrolides.

Dans tous les cas, une évaluation de la réponse au traitement (essentiellement sur la fièvre) doit être faite dans les 48-72 heures qui suivent le début de l’antibiothérapie.

  • Prévention :

La prévention fait appel à :

> Des mesures d’hygiène de vie (abstention tabagique, tempérance vis-à-vis de l’alcool, soins dentaires et ORL éventuels, drainage des voies respiratoires en cas de bronchite chronique ou de dilatation des bronches).

> La vaccination, par le vaccin grippal tous les ans à l’automne et par le vaccin pneumococcique tous les 5 ans.

La vaccination est recommandée chez tous les sujets à risque fragilisés par une maladie chronique et chez les personnes âgées à partir de 65 ans.

Les pneumonies bactériennes (pneumocoque, haemophilus, légionelle) sont habituellement non contagieuses, à l’inverse des pneumonies virales ou à mycoplasme.

Mis à jour le 24 Septembre 2014