« Je suis appareillé depuis 20 ans »
Jean-Claude Roussel, 68 ans

« Il y a une vingtaine d’années, j’allais très mal, j’étais constamment fatigué mais on ne savait pas pourquoi. J’ai eu deux accidents de la route parce que je m’étais endormi au volant : une première fois, j’ai roulé sur le rail de sécurité de l’autoroute pendant quelques secondes ; la deuxième fois, je suis entré en collision avec une autre voiture sur une route de campagne. Après ces deux immenses frayeurs, je suis retourné voir mon médecin.

Toujours pas d’explication. Puis, un jour mon médecin généraliste est allé à une formation sur l’apnée du sommeil. Sur le chemin du retour, il m’a appelé d’une cabine téléphonique. Il pensait avoir trouvé ma maladie : l’apnée du sommeil.

Effectivement.

Les premiers enregistrements effectués ont détecté des apnées très importantes.

Lorsque j’ai été équipé de la machine à pression positive contrôlée (PPC), j’ai ressenti un bienfait quasi immédiat. L’appareil n’est pas si gênant que certains le disent. D’autant plus que les machines ont fait d’immenses progrès depuis vingt ans.

Elles sont maintenant toutes petites et quasi-silencieuses. Et puis, les bénéfices sont largement supérieurs aux contraintes. L’apnée du sommeil est encore trop largement méconnue. Il faut dire que le ronflement -un des signes- est banalisé dans notre société. Aussi, cela n’inquiète pas. Il est indispensable d’informer le grand public et de généraliser le dépistage de cette maladie. »

Témoignage recueilli par Anne-Sophie Glover-Bondeau

« Je ne pourrais plus dormir sans ma machine »
Marie-Agnès Wiss, 51 ans

« Mes soucis de santé ont commencés après la naissance de mon troisième enfant. J’avais alors 32 ans. J’étais épuisée tout le temps. On a mis cela sur le compte de mon accouchement par césarienne, de ma prise de poids, de ma vie de mère de famille avec enfants en bas âge. Cela pendant trois longues années.

Un matin, j’ai eu un accident de voiture alors que ma fille de trois ans était avec moi. C’est elle qui m’a réveillée en criant. Je m’étais endormie. Juste des dégâts matériels mais une grande peur. Une de mes tantes, infirmière, m’a conseillée d’aller à une consultation à l’hôpital. J’ai appelé. Huit jours après, j’y étais. Le médecin m’a trouvée endormie dans la salle d’attente. En cinq minutes, il a fait un diagnostic, confirmé par des enregistrement : apnées du sommeil très sévères.

90 apnées par heure. J’avais 35 ans.

En 15 jours, je me suis retrouvée appareillée. Le médecin m’a clairement dit que je n’avais pas le choix. La première nuit où j’ai porté mon appareil, mon mari m’a dit le matin qu’il avait enfin pu dormir.

Cela faisait des années qu’il me surveillait la nuit car il avait peur quand j’arrêtais de respirer. Moi, j’ai eu l’impression qu’on avait ouvert une fenêtre et que de l’air rentrait dans ma tête. Au bout de quelques semaines, je me sentais déjà mieux. Le 14 décembre, cela fera 16 ans que j’ai mon appareil de PPC.

Bien sûr, parfois, je suis lasse de le porter mais je refuse de dramatiser. Il y a tellement pire comme situation. Seize ans après, je ne voudrais pas rendre ma machine ! »

Caucasian male with sleep apnea wears a CPAP machine mask in bed.

Machine à ventilation par pression positive continue (VPPC)

Témoignage recueilli par Anne-Sophie Glover-Bondeau.

Mis à jour le 24 Septembre 2014