Plus que jamais, il importe de trouver de nouvelles armes contre la tuberculose. La recherche sur la tuberculose n’est pas suffisamment soutenue car la tuberculose est une maladie des pays pauvres qui suscitent un désintérêt des acteurs privés. Résumé des perspectives.

En collaboration avec le Pr Gilles Marchal, Centre National de référence des Mycobactéries, Institut Pasteur.

  • Vaccin :

Pour l’instant, on ne dispose pas d’un vaccin meilleur que le BCG. Différentes équipes de recherche tentent de l’améliorer, mais sans succès. Les freins ? Les chercheurs ne disposent pas d’un bon modèle animal. Le meilleur modèle est le cobaye, mais très peu d’équipes ont la possibilité de travailler avec ces animaux. En outre, la tuberculose du cobaye n’est pas identique à la tuberculose humaine. L’essentiel des recherches vaccinales contre la tuberculose s’effectue sur des souris, or l’infection tuberculeuse chez la souris n’a rien à voir avec l’infection chez l’homme.

  • Nouveaux médicaments :

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Les deux derniers antibiotiques antituberculeux datent de 1952 pour l’Isoniazide et de 1967 pour la Rifampicine. Il est donc normal qu’il y ait des résistances qui se soient développées. Deux nouvelles molécules antituberculeuses vont bientôt se trouver sur le marché. Il s’agit de la Diarylquinoline TMC-207, en phase I/IIa des essais cliniques et du Nitroimidazo-oxanzine OPC-67683, en phase II des essais cliniques.
Ces deux nouvelles molécules sont actives sur les bacilles qui ne se multiplient pas ou se multiplient très peu : les bacilles dits quiescents. En effet, des bacilles de la tuberculose quiescents ou dormants peuvent persister quelques mois ou plusieurs années. On peut espérer que ces molécules permettront de raccourcir le traitement. Il faudra sûrement les associer.

  • Moyens diagnostiques :

Une des urgences est de trouver un moyen diagnostic rapide, fiable et peu coûteux, en particulier pour les pays en développement. Les pays développés diagnostiquent la tuberculose à peu près correctement (utilisation de la radiographie, des examens de laboratoire, les personnes qui toussent depuis trois semaines vont voir le médecin). Dans les pays en voie de développement, par contre, le seul diagnostic que l’on ait, ce sont l’examen des signes cliniques et l’examen direct des crachats au microscope.
Or, l’examen direct est peu fiable. On cherche donc actuellement un test diagnostic bon marché et rapide. Pour l’instant, on en est encore loin.
En France, signalons de nouveaux tests de diagnostic de la tuberculose : test de détection des cellules T sécrétant de l’interféron gamma en réponse à une activation par les antigènes de Mycobacterium tuberculosis. Ces tests, QuantiFERON-TB et T-SPOT.TB, mesurent le fait que les sujets ont été en contact avec tuberculosis.
Cela pourrait constituer un diagnostic simple pour les enfants.

Mis à jour le 24 Septembre 2014