Il faut le rappeler, la tuberculose est une maladie qui guérit dans l’immense majorité des cas grâce aux traitements antibiotiques antituberculeux. Correctement pris, ceux-ci sont extrêmement efficaces. Résumé du traitement et des problèmes rencontrés.

  • Le traitement :

La tuberculose est une maladie à déclaration obligatoire. Cette maladie donne droit à une prise en charge à 100% par la Sécurité sociale. Le traitement anti-tuberculeux dure au minimum 6 mois et se déroule en deux phases.
La première étape est celle du traitement intensif, d’une durée de deux mois, durant laquelle on associe quotidiennement quatre antibiotiques. Cette première phase a pour objectif de tuer la majorité des bacilles présents dans les lésions, d’éviter la sélection de mutants résistants aux antibiotiques et de supprimer rapidement la contagiosité du malade.
Dans un deuxième temps, on associe quotidiennement deux de ces antibiotiques pendant au moins quatre mois. Cette seconde étape a pour objectif d’assurer la stérilisation complète des lésions, ceci afin d’éviter la rechute de la maladie. Les taux de guérison sont de 99%.

  • Les modalités :

Il est indispensable de respecter strictement le traitement et de ne pas l’arrêter trop tôt. Les médicaments doivent être pris ensemble en une seule fois par 24 heures, l’estomac vide, tous les jours à la même heure. La parfaite observance du traitement est important pour l’individu atteint mais a également un impact majeur sur le contrôle de l’endémie tuberculeuse et la prévention de l’émergence de souches multi-résistantes de bacilles tuberculeux.
L’OMS estime en effet que d’un point de vue de santé publique, un traitement incomplet ou mal suivi est pire que pas de traitement du tout. Non seulement il n’élimine pas l’infection mais il peut en outre provoquer chez le malade l’apparition de bacilles résistants aux antibiotiques. Ces cas de tuberculose résistants, lorsqu’ils peuvent être traités, sont cent fois plus coûteux que des cas de tuberculose pouvant être traités par les traitements standards.

  • Les résistances :

On observe ces multirésistances surtout chez des patients ayant été infectés dans certaines zones géographiques : Europe de l’Est, Afrique subsaharienne. En France, le nombre de cas de tuberculose à bacilles multirésistants est relativement faible (68 cas, soit 1,3% en 2004). Mais, « au niveau mondial, les tuberculoses multirésistantes augmentent, surtout en Europe de l’Est et en Afrique centrale, où la prévalence peut atteindre 20% ».
Une plus grande dispersion des bactéries tuberculeuses résistantes à travers l’Europe est crainte au cours des prochaines années, due à l’augmentation des migrations de population. Pour cela de nombreux chercheurs cherchent à mettre au point des techniques diagnostiques plus performantes, de générer des vaccins plus efficaces et de développer de nouvelles molécules.
Plus de 80 ans après la découverte du BCG, la tuberculose est toujours d’actualité.

Quand la tuberculose est-elle contagieuse ?

Les conseils du Dr Christos chouaïd, pneumologue, Hôpital Saint-Antoine

Un malade atteint de tuberculose pulmonaire est contagieux si l’on trouve du bacille dans ses crachats. Plus le nombre de bacilles est élevé, plus le malade est contagieux. Dans ce cas, le malade doit porter un masque. Au fur et à mesure du traitement, le nombre de bacilles projetés par le patient diminue, le risque de contagion aussi. Le risque de contagion diminue rapidement après traitement. Il est nul en général après 3 semaines de traitement.
Tout patient contagieux doit porter un masque afin d’éviter de contaminer ceux qui l’entourent. Et surtout éviter le contact des personnes fragiles : les enfants de moins de 15 ans, les personnes âgées, les personnes immuno-déprimées et les femmes enceintes. En général, une personne atteinte de tuberculose non-pulmonaire n’est pas contagieuse.

Si j’ai été en contact prolongé avec une personne souffrant de tuberculose : je me rends chez mon médecin qui me prescrira une intra-dermo réaction (IDR), une radiographie pulmonaire. L’intra-dermo réaction (IDR) est un test de contrôle de la vaccination ou du contact avec le bacille : une protéine du bacille, la tuberculine, est injectée dans la peau d’une personne infectée ou vaccinée. En général, une seconde consultation est nécessaire pour éliminer une contamination tardive.

L’HOSPITALISATION

Une hospitalisation peut s’avérer nécessaire dans deux cas de figure : si le malade est contagieux ou quand les conditions de vie du patient ne lui permettent pas de suivre son traitement dans de bonnes conditions. Dans ces deux situations, le malade est hospitalisé à l’hôpital ou en centre de cure spécialisé.

A noter : une personne sortie de l’hôpital mais qui continue son traitement n’est plus contagieuse. En effet, des contrôles sont effectués à l’hôpital afin de s’assurer que le patient n’est plus contagieux. A partir de ce moment, il peut continuer son traitement tout en reprenant son travail et/ou ses activités. Il ne risque plus de transmettre la tuberculose aux autres.

A l’hôpital : un patient contagieux doit porter un masque afin d’éviter de contaminer le personnel soignant et ceux qui viennent le voir. Les sorties sont limitées au maximum. Si le malade doit sortir, il doit ajuster son masque de façon correcte sur son visage avant de sortir de sa chambre. Il doit aussi mettre son masque lorsque quelqu’un rentre dans sa chambre. Une personne arrivant de l’extérieur doit également porter un masque.

A SAVOIR :

La primo-infection récente peut justifier un traitement préventif pour limiter le risque de progression ultérieure vers la tuberculose-maladie. Ce traitement comporte en général un seul antibiotique pour une durée de 6 mois. En France, on propose en alternative un traitement de deux antibiotiques pendant 3 mois.

Mis à jour le 24 Septembre 2014