L’amiante est un minéral fibreux qui possède de remarquables propriétés d’isolant thermique et phonique.

Les mines d’amiante se situent essentiellement dans l’Ex URSS, en Afrique australe et au Canada.

En France, il existait une mine à Canari, dans le Cap Corse.

Son utilisation industrielle a commencé dès le début du siècle dernier, avec une accélération aux USA à l’occasion de la seconde guerre mondiale.

En France, la consommation a été croissante jusqu’au milieu des années 1970, avant d’amorcer une décrue régulière, jusqu’à l’interdiction totale de 1997.

La transformation de l’amiante en produits finis a en effet persisté jusqu’en 1997.

L’amiante était incorporé avec le ciment (amiante-ciment ou fibro ciment) et utilisé sous de multiples formes dans le bâtiment (laissant persister un risque lors des travaux d’entretien et de démolition), ainsi que comme matériel de friction et joints.

Il a été utilisé massivement dans la construction navale.

Mis à jour le 24 Septembre 2014

La prise de conscience des effets néfastes de l’amiante a été lente.

Outre les intérêts commerciaux sous-jacents, une des raisons de ce retard est le très long délai moyen qui sépare l’exposition et les maladies engendrées.

Ce délai est d’une quarantaine d’années pour la manifestation la plus grave, le mésothéliome.

Les maladies dues à l’amiante sont dans l’immense majorité des cas liées à une exposition professionnelle.

Une enquête de l' Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale (INSERM) a montré que plus d’un quart des travailleurs ayant pris leur retraite en 1998 avait été exposé à l’amiante (Imbernon, 1999).

Quant à l’appréciation des risques liés à l’exposition passive des occupants d’immeuble contenant de l’amiante, elle reste très difficile.

L’Asbestose

l'amiante

La première maladie rapportée de façon certaine à l'exposition professionnelle à l'amiante fut l'asbestose, signalée dès 1906 et décrite dans les années 1920.

Ce terme d'asbestose ne désigne au sens strict que la fibrose pulmonaire liée à l’amiante. On peut la rapprocher de la silicose des mineurs.

La paroi des alvéoles pulmonaires s'épaissit, réduisant le passage de l'oxygène de l'air des alvéoles pulmonaires vers le sang, entraînant un essoufflement et dans les formes graves, aujourd’hui exceptionnelles, une insuffisance respiratoire.

Pour faire une asbestose, il faut avoir été exposé de façon intense et prolongée aux fibres d'amiante.

Ainsi, on rencontre essentiellement cette maladie chez les mineurs ou minotiers d'amiante, dans l'industrie de transformation de l'amiante, et chez les calorifugeurs.

Le scanner thoracique permet aujourd’hui de dépister des formes discrètes de cette fibrose pulmonaire.

Le cancer broncho-pulmonaire

Dès l'avant guerre, on avait signalé la fréquence des cancers du poumon chez les travailleurs atteints d'asbestose. Cette notion fut prouvée par une étude épidémiologique anglaise en 1955 (Doll).

l'amiante

Les grandes études de Sélikoff sur les calorifugeurs nord-américains des années 1960-1970 ont confirmé que l'amiante seul augmentait le risque de cancer du poumon, mais encore plus quand il était associé au tabac.

Le rôle du tabac est prédominant dans ce cancer : l'effet de l'amiante est très difficile à mettre en évidence pour des populations soumises à des expositions faibles.

Rappelons qu'en France, les décès par cancer du poumon sont passés de 5000 en 1950 à 27000 en 2005, en lien avec l'augmentation du tabagisme.

Les épidémiologistes attribuent 85 à 90% des cancers pulmonaires au tabac. L’INVS (Institut de Veille Sanitaire) estime que 1500 et 2400 cancers broncho-pulmonaires étaient liés à l’amiante en 2007, en se basant sur une fraction attribuable à l’exposition professionnelle chez les hommes entre 8 et 11 %.

Les effets du tabac et de l’amiante s’additionnent : il est très important d’arrêter de fumer quand on a été exposé à l’amiante.

Le mésothéliome

C'est en 1960 que Wagner décrivit en République Sud Africaine la fréquence du cancer de la plèvre (fine membrane enveloppant les poumons et recouvrant l'intérieur de la cage thoracique) chez les mineurs d'amiante bleu.

l'amiante
La fréquence de ce cancer appelé mésothéliome était très rare avant l'utilisation généralisée de l'amiante (environ 2 cas par million d'habitants et par an).

Sa fréquence a augmenté de façon impressionnante dans tous les pays industrialisés. Une étude réalisée à partir des registres des cancers estime que sa fréquence a augmenté de 25% tous les trois ans entre 1979 et 1990.

Le nombre de décès par mésothéliome est estimé actuellement entre 800 et 1200 pour la France entière. On prévoyait une augmentation de ce nombre jusqu’à un pic de 1500 vers 2015. Il est cependant possible que le pic ait déjà été atteint.

Le mésothéliome est devenu une maladie à déclaration obligatoire depuis janvier 2012.

L'élément majeur à prendre en compte pour ce cancer est qu'il peut succéder à des expositions professionnelles très brèves et très faibles.

Par contre, son délai de survenue est très long dépassant en moyenne 30 à 40 ans.

Son pronostic est particulièrement sévère.

Les données du Programme National de Surveillance du Mésothéliome (PNSM) de l’INVS indiquent que 77 à 90 % des mésothéliomes pleuraux survenant chez les hommes sont attribuables à une exposition professionnelle à l’amiante. En revanche, cette proportion n’est que de 27 à 50 % chez les femmes, ce qui laisse penser que le rôle des expositions environnementales à l’amiante pourrait être sous-estimé.

On a décrit des cas chez des personnes vivant sous le même toit que des travailleurs de l'amiante (exposition domestique), et chez des sujets vivants au voisinage d'usine ou de chantiers manipulant l'amiante. Il est très difficile d'apprécier le risque lié à la pollution dans des locaux floqués à l'amiante.

Les lésions pleurales bénignes

Un autre type de lésions pleurales a été décrit dans les années 60 : les plaques pleurales fibro-hyalines.
Il s'agit d'épaississements localisés de la plèvre pariétale (qui tapisse l'intérieur de la cage thoracique).

l'amiante

Contrairement aux mésothéliomes, il s'agit d'affections très bénignes, ne donnant aucun symptôme, mais très fréquentes dans les populations exposées à l'amiante.

Elles constituent actuellement l’immense majorité des maladies professionnelles reconnues par la Sécurité Sociale (voir rubrique Déclarer une maladie professionnelle).

Comme le mésothéliome elles demandent plusieurs dizaines d'années en moyenne pour apparaître. De la même façon, elles peuvent succéder à des expositions faibles et brèves.

Il est important de souligner que ces plaques ne se transforment pas en cancer de la plèvre.

Le scanner thoracique détecte plus précocement et avec plus de certitude ces plaques pleurales que la radiographie thoracique classique.

Autres conséquences de l'amiante :

L'amiante peut être responsable d'autres maladies non cancéreuses de la plèvre, plus rares mais pouvant diminuer les capacités respiratoires : pleurésies et épaississements plus diffus de la plèvre tapissant le poumon (plèvre viscérale).

Pour les maladies pleurales, comme pour l’asbestose, le scanner est obligatoire pour obtenir une reconnaissance de maladie professionnelle.

En 2009 le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’OMS a considéré, après prise en compte de l’ensemble des données disponibles, que le cancer du larynx et le cancer de l’ovaire peuvent être provoqués par l’exposition à des fibres d’amiante, le cancer colorectal faisant quant à lui l’objet d’une très forte suspicion.

Réparation et dépistage

Les maladies secondaires à une exposition professionnelle à l’amiante (asbestose, plaques pleurales, épaississements de la plèvre viscérale, pleurésie, mésothéliome, cancers broncho-pulmonaires) sont indemnisés en France pour les travailleurs du régime général de la Sécurité Sociale selon les Tableaux des Maladies Professionnelles 30 et 30 bis.

Le Fonds d'Indemnisation des Victimes de l’Amiante (FIVA), établissement public national indemnise, selon le principe de la réparation intégrale, l’ensemble des victimes de l’amiante (salariés rattachés aux différents régimes de sécurité sociale, non-salariés et victimes environnementales) ainsi que leurs ayants droit.

La réglementation peut permettre dans certaines conditions une cessation anticipée d’activité pour des travailleurs exposés.

Un suivi post professionnel des travailleurs exposés à l’amiante est également prévu : suivant les recommandations de l’audition publique organisé par la Haute Autorité de Santé, il peut comprendre des scanners thoraciques tous les 5 ou 10 ans (décret du 6 décembre 2011).

Mis à jour le 24 Septembre 2014

Merci au professeur Pr Edmond CHAILLEUX, Centre Hospitalier Universitaire de Nantes (44), auteur de ces textes.

Notre brochure :

l'amiante

 

Références bibliographiques :

  • Expertise collective INSERM, Effets sur la santé des principaux types d’exposition à l’amiante, Les Editions INSERM, Paris, 1997.
  • Conférence de consensus pour l’élaboration d’une stratégie de surveillance médicale clinique des personnes exposées à l’amiante, Revue des Maladies Respiratoires, 1999, vol 16, n°6 bis.
  • Suivi post-professionnel après exposition à l’amiante. Audition publique – Rapport d’orientation. HAS ; 2010. Disponible sur le site de la HAS : www.has-sante.fr
  • Des indicateurs en santé travail – Risques professionnels dus à l’amiante. Saint-Maurice: Institut de veille sanitaire; 2010. 23 p. Disponible à partir de l'URL : www.invs.sante.fr

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