Le cannabis, une véritable drogue

« Mais ce n’est pas dangereux le cannabis ». Combien de fois entend-on cette phrase ? Trop souvent en tout cas. Le cannabis reste une drogue et les dangers liés à une consommation régulière sont réels.

Le cannabis est une plante. Son principe actif est le Tétrahydrocannabinol (THC) inscrit sur la liste des stupéfiants.
Le THC est une substance psychoactive, elle agit sur le Système Nerveux Central.

On trouve le cannabis sous trois formes :

L’herbe (marijuana, beuh…) : feuilles, tiges et fleurs séchées qui se fume généralement mélangée à du tabac, roulée en cigarette souvent de forme conique, les joints ou pétards.

La résine (haschich, shit…) : obtenue à partir des sommités fleuries de la plante, elle se présente sous la forme de plaques compressées, barrettes de couleur verte, brune ou jaune selon les régions de production. Elle se fume mélangée à du tabac (joint). Le haschich peut être coupé avec du henné, du cigare, de la colle, de la graisse de chèvre, de la paraffine ou d’autres substances plus ou moins toxiques.

L’huile : préparation plus concentrée en principes actifs, consommée le plus souvent avec une pipe.

Selon le type de préparation, l'origine de la plante et sa variété, la concentration en THC est très variable et les effets plus ou moins importants. Ainsi, par exemple, la toxicité de l'huile, qui peut contenir 60% de THC, est particulièrement élevée.

QUELQUES DONNÉES CHIFFRÉES

Le cannabis est le produit illicite le plus consommé en France. En 2010, parmi les adultes âgés de 18 à 64 ans, 33% déclarent en avoir déjà consommé au cours de leur vie. Cette expérimentation est plus le fait des hommes (41%) que des femmes (25%).

L'usage au cours du dernier mois est de 4% toutes populations confondues mais atteint 18% chez les garçons de 18-25 ans et 9% chez les filles du même âge.

Source baromètre Santé 2012

Niveau d'usage en 2011 et principales évolutions chez les jeunes de 17 ans (enquête ESCAPAD):

“La consommation de cannabis poursuit la décroissance amorcée depuis 2002 quelles que soient les fréquences d'usages. Les baisses observées apparaissent néanmoins moins prononcées que celles mesurées entre 2005 et 2008.

Globalement stable, l'expérimentation de cannabis est en léger recul, particulièrement chez les garçons (44% vs 46.3% en 2008, p<0.001) alors qu'elle est orientée à la hausse parmi les filles (38.9% vs 37.9%), sans que cette augmentation ne soit statistiquement significative. Cette stagnation de la diffusion du cannabis intervient après une baisse qui avait été particulièrement forte entre 2005 et 2008.

Concernant les usages dans l'année ou dans le mois, ils sont à la baisse, dans la continuité de ce qui est observé depuis 2002. En particulier, la baisse de l'usage régulier de cannabis se confirme et ce pour les deux sexes, cette baisse est cependant moindre que celle mesurée entre 2005 et 2008. Finalement parmi ces usages plus fréquents, seul l'usage quotidien reste stable avec 3% des adolescents de 17 ans concernés.”

Source Enquête ESCAPAD – publication 2011

DES DANGERS IMMÉDIATS

Le cannabis provoque une irritation bronchique, une dilatation des vaisseaux sanguins, une augmentation de l’appétit, une accélération du rythme du pouls, une diminution de la sécrétion salivaire, parfois des nausées, autant de réactions dont l’importance varie selon la personne, la quantité consommée et la concentration du produit. Des hallucinations, surtout visuelles, peuvent aussi se produire et les composés mélangés peuvent également provoquer des troubles qui s’ajoutent à ceux du cannabis lui-même.

Ces effets témoignent de l'activité du produit sur l'organisme : consommer du cannabis n'est pas anodin.

En outre, la consommation de cannabis entraîne fatigue, toux, affaiblissement des défenses immunitaires. Tout comme une démotivation et une apathie. Le cannabis modifie en les diminuant, les capacités de mémoire immédiate et de concentration chez les consommateurs. La perception visuelle, la vigilance et les réflexes sont également modifiés : des effets dangereux en particulier si l’on conduit un véhicule. Le cannabis majore les risques d’accident de la route, plus encore s’il est associé à l’alcool. C’est, après la vitesse, la première cause de décès par accident de la route chez les moins de 30 ans. Des traces de THC sont retrouvées chez 17% des conducteurs de moins de 25 ans impliqués dans un accident de la route mortel. Au total, on évaluait à 230 le nombre de décés par accident de la route attribuables au cannabis chaque année en France au début des années 2000.

La dépendance psychique est surtout liée au mal-être préexistant. Le THC ayant les caractéristiques d’un tranquillisant, les consommateurs réguliers risquent de devenir dépendants du bénéfice qu’ils en tirent, à savoir la baisse de l’anxiété. L’usage régulier peut se transformer en habitude de vie : alors seuls comptent la recherche de cannabis, de lieux et d’occasions de fumer.

Autre danger du cannabis, la fréquentation des réseaux délictueux, voire criminels. Beaucoup de jeunes sont obligés de revendre du cannabis pour financer leur propre consommation. S’exposant ainsi à de sérieux ennuis avec leurs fournisseurs qui n’hésitent pas à recourir à la violence pour régler leurs affaires.

 

LES RISQUES À LONG TERME

Comme tout produit fumé ou inhalé, le cannabis est toxique pour les voies respiratoires. C’est tout d’abord la survenue des mêmes pathologies que celles causées par le tabac : bronchite chronique, aggravation de l'asthme, cancers (du poumon en particulier). elles apparaissent chez les fumeurs quotidiens dès 30 ans, dix ans plus tôt que chez les consommateurs de tabac. Un joint contient en effet quatre à cinq fois plus de goudron et de produits toxiques qu’une cigarette.

Très souvent, échec scolaire et désocialisation touchent les fumeurs réguliers. Depuis 1990 environ, des études sont réalisées pour étudier notamment le lien entre la consommation et les situations socio-sanitaires et démographiques.
La consommation de cannabis peut aussi entraîner un certain nombre de troubles de la santé mentale comme l’anxiété, la panique et peut même favoriser la dépression. L’usage du cannabis est susceptible de révéler ou aggraver les manifestations d’une schizophrénie, maladie mentale grave.

 

SOURCES ET DOCUMENTATIONS

Merci à Dominique BACRIE, responsable coordination réseau à la Fondation du Souffle, pour la relecture et la validation de ce texte.

Sources :
www.inpes.fr
www.ofdt.fr
– Enquête ESCAPAD 2011 – OFDT
– Baromètre santé INPES 2010

Pour en savoir plus :
– Cannabis, ce qu'il faut savoir – INPES
– Cannabis : les risques expliqués aux parents – INPES
– Guide d'arrêt à l'arrêt du cannabis – INPES

Mis à jour le 24 Septembre 2014