LE TABAC

Le tabac est, en France, la première cause de mortalité évitable.

paquet de cigarette

A chaque bouffée inhalée ce sont plus de 4 000 composés toxiques –gaz et particules- qui pénètrent dans l’organisme et ce, quel que soit le mode de

consommation : cigarette, cigare, pipe, chicha,…

Les voies respiratoires sont en première ligne et l’influence du tabagisme sur les pathologies broncho-pulmonaires est  scientifiquement démontrée. 

Le tabac est responsable de :

+ de 90% des cancers broncho pulmonaires primitifs 

+ de 80% des BPCO (Broncho Pneumopathies Chroniques Obstructives) 

ainsi que de bronchites chroniques.

Nombre de pathologies respiratoires de l’enfant ont pour origine le tabagisme passif.

Au-delà de la sphère respiratoire, le tabac engendre d’autres pathologies en raison du passage dans le sang d’une importante quantité de toxiques et de leur diffusion à tout l’organisme : maladies cardiovasculaires, cancers de la vessie, de l’œsophage,… sont également imputables au tabagisme. Le fœtus des mères fumeuses est lui aussi menacé.

Pour éviter ces risques la meilleure solution est de ne jamais commencer à fumer car la dépendance peut s’installer rapidement et rendre l’arrêt difficile.

Si l’on est fumeur, arrêter est toujours bénéfique. Des aides peuvent être nécessaires pour surmonter les difficultés provoquées par la dépendance physique (à la nicotine) et/ou comportementale : traitements médicamenteux, prise en charge cognitivo comportementale sont souvent utiles. Il ne faut pas hésiter à avoir recours à l’aide d’un professionnel (médecin, tabacologue, pharmacien) si l’on ne parvient pas à se débarrasser seul de cette habitude.

Mis à jour le 24 Septembre 2014

Curieuse histoire que celle du tabac

D’abord paré de toutes les vertus, le tabac a vite fait l’objet de méfiances. Et cela, bien plus tôt qu’on ne le croit.

Usage traditionnel du tabac

champ de tabac

En Amérique centrale et en Amérique du Sud, le tabac était fumé par les Indiens à l’aide de pipes ou sous forme de rouleaux. Dans certaines régions d’Amérique du Sud, le tabac était mâché ou prisé pour « dégager l’esprit ». Lors de leurs fêtes religieuses, les prêtres aztèques et les Incas encensaient le soleil par la fumée de tabac brûlé dans des pipes rituelles.
Le tabac servait aussi de remèdes pour de nombreuses affections. Les Mayas l’utilisaient contre l’asthme, les piqûres et les morsures, les problèmes intestinaux, la fièvre, les convulsions, les affections nerveuses et urinaires, les douleurs aux yeux et les maladies de la peau. Des tribus cultivaient le tabac afin de s’en servir comme insecticide contre certaines larves de mouches parasitant la peau. Le tabac constituait aussi un élément essentiel de la vie sociale : naissances, mariages, prières…

Du succès…

Il semble que les premières graines introduites en France (1546) aient été rapportées du Brésil par André Thevet, un moine. En 1556, Jean Nicot, ambassadeur de France au Portugal, introduit lui aussi le tabac et en conseille l’usage à la Reine Catherine de Médicis pour lutter contre ses terribles migraines. Nommé « Herbe à Nicot », « herbe à la Reine », « Herbe à tous les maux », le tabac est considéré comme un des meilleurs médicaments. Le tabac se répand en Europe, par l’intermédiaire des marins. Les poètes et les écrivains le louent « C’est le plaisir des honnêtes gens, et qui vit sans tabac est indigne de vivre » fait dire Molière à Sganarelle.

…aux châtiments.

Très vite, les souverains de nombreux pays dénoncent les abus de tabac. L’Inquisition incarcère tous ceux qui osent fumer en public. En 1605, Jacques 1er d’Angleterre doit réglementer les débits de tabac de Londres, qui ont atteint le nombre de 7000 ! Il publie un pamphlet nommé « Le Misocapnos (celui qui hait la fumée) : « contre les pipes et leur fumée immonde et contre les affreux maris qui imposent à leurs épouses une coutume repoussante pour l’œil, détestable pour le nez, mauvaise pour le cerveau et dangereuse pour les poumons. ». En Russie, Michel Fédorov, grand-père de Pierre le Grand, inflige aux fumeurs cinquante coups de bâton sous la plante des pieds. En cas de récidive, il les fait pendre. A Berne, en 1661, le Sénat condamne les fumeurs à subir les peines réservées aux voleurs et aux meurtriers. Même combat en Orient. Où Abbas, shah de Perse, décide vers 1615 d’en guérir ses courtisans. Il les convie à fumer le narguilé dont il a secrètement remplacé le tabac par du fumier de cheval sec. Les flatteurs qui louent ce mélange sont condamnés à avoir la lèvre coupée puisqu’ils ne sont pas capables de distinguer le crottin d’autre chose.

Mais le tabac résiste

En 1825, après le tabac à pipe ou à priser, la cigarette arrive en France. Son succès est immense.

Dès 1810, l’empereur Napoléon 1er instaure le monopole du tabac. A la SEITA, créée en 1926, succède aujourd’hui Altadis, filiale de Impérial Tobacco.

Jusqu’en 1972, des rations de tabac ,les cigarettes « Troupe » sont fournies gratuitement aux jeunes recrues durant le service militaire.

Depuis longtemps, les fabriquants rivalisent d’ingéniosité pour attirer de nouveaux consommateurs : les femmes depuis le début des années cinquante puis rapidement les jeunes qui restent encore aujourd’hui leur cible favorite.

Cliquez sur la brochure pour la télécharger

…et le combat contre ce fléau s’organise.

toute la verite sur les cigarettiersEn France, c’est en 1825 que naît l’Association française contre l’abus du tabac.

Au niveau législatif et réglementaire, la loi Veil de 1976, la loi Evin de 1991 et le décret Bertrand de 2007 marquent des étapes importantes et, depuis 2004, la France fait partie des pays qui ont ratifié la Convention Cadre de la Lutte Anti Tabac (CCLAT) .

Des programmes éducatifs sont menés par les pouvoirs publics et les associations pour informer et convaincre les jeunes afin qu’ils ne commencent pas et ceux qui sont déjà fumeurs afin qu’ils engagent une démarche d’arrêt.

D’importants efforts restent nécessaires pour dé-normaliser un produit qui, s’il était découvert aujourd’hui, serait jugé dangereux et impropre à la consommation.

Mis à jour le 24 Juillet 2014

LES DÉGÂTS DU TABAC SUR L’APPAREIL RESPIRATOIRE

Le tabac est la cause de :

  • la BPCO
  • presque toutes les bronchites chroniques.
  • presque tous les cancers du poumon.

La BPCO ( broncho pneumopathie chronique obstructive)

ILV_600x800_V2-page-001La bronchite chronique

Un fumeur sur deux est atteint d’une bronchite chronique. La plupart ne le savent pas. Pourquoi ?
Car les premiers signes sont presque anodins : « tousser et cracher » sont souvent considérés comme normaux pour les fumeurs. Pourtant, ils sont avant-coureurs d’une maladie grave et très évolutive qui se définit ainsi « tousser et cracher un peu chaque matin 3 mois par an et depuis 2 ans ». Elle peut aller jusqu’à l’insuffisance respiratoire.

Un seul « traitement » existe : l’arrêt du tabac qui, seul permet de limiter l’évolution de la maladie.

Le cancer du poumon

Les inflammations répétées, les bronches abîmées forment le lit du cancer du poumon. Ce cancer se présente comme un gros bourgeon. Il commence dans la paroi des bronches et, en grossissant, va boucher la bronche, s’étendre vers le poumon et l’envahir.

L’efficacité des traitements du cancer du poumon (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie) dépend de la précocité de la découverte du cancer.

Le pronostic reste assez mauvais pour les patients concernés.

cancer poumon

Les autres conséquences du tabac

Les maladies vasculaires comme :

  • L’hypertension artérielle.
  • L’angine de poitrine et l’infarctus.
  • Les accidents vasculaires du cerveau.
  • L’artérite des membres inférieurs.

Les maladies digestives comme :

  • L’ulcère de l’estomac.

L’apparition de cancers comme :

  • Celui du larynx, de la langue et du pharynx.
  • Celui de la vessie.
  • Celui de l’œsophage.

Mis à jour le 24 Septembre 2014

COMPOSITION DU TABAC

Le tabac contient plus de 4 000 substances chimiques dont plus de 60 sont cancérigènes sous forme de gaz ou de particules.

On les classe en quatre catégories :

1/ La nicotine

cendrier

C’est la substance essentielle de la dépendance au tabac.

L’inhalation d’une bouffée de tabac provoque le passage très rapide de la nicotine dans les bronches puis le sang : elle atteint le cerveau en quelques secondes. Là, elle a la capacité de se fixer sur des récepteurs cellulaires et de provoquer la libération de dopamine, ce qui génère satisfaction et plaisir. Rapidement, en l’absence de nicotine, le fumeur éprouve à l’inverse une sensation de manque, de malaise qui l’incite à recommencer.

La nicotine est également responsable d’accélération du rythme cardiaque et d’augmentation de la pression artérielle, particulièrement lors d’une élévation de concentration brutale (ce qui est le cas lorsque l’on fume).

2/ Le monoxyde de carbone (CO)

Ce gaz produit par certaines combustions (dont celle du tabac) passe dans le sang et se fixe sur les hématies (= globules rouges). Il y prend la place d’une partie de l’oxygène destiné à l’alimentation des cellules contribuant ainsi à une moindre oxygénation de tout l’organisme.

3/ Les goudrons (benzopyrènes)

Ils agressent les muqueuses en contact avec la fumée et, ainsi, sont à l’origine des cancers broncho-pulmonaires, de la gorge et de la langue. Leur passage en partie dans la salive et le sang et leur élimination par les urines causent également d’autres cancers comme ceux de l’estomac, de la vessie, … fréquents chez les fumeurs.

4/ Les irritants comme les phénols, les aldéhydes, l’acroléine…

bouche et main

Ils provoquent l’inflammation des bronches, la destruction des alvéoles pulmonaires et amoindrissent les capacités de résistance des voies respiratoires aux agressions microbiennes. Ils contribuent à la diminution de l’oxygénation de

l’organisme et sont à l’origine des pathologies telles que bronchite chronique, Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive, insuffisance respiratoire.

Outre ces substances déjà présentes dans la fumée de tabac, des additifs sont ajoutés par les fabricants pour créer des goûts qui attirent de nouveaux consommateurs et pour accroître la dépendance.

Mis à jour le 24 Septembre 2014

LE TABAGISME PASSIF

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75% des non fumeurs et 50% des fumeurs se plaignent d’être gênés par la fumée des autres. A juste titre. En effet, au delà de la « simple » gêne, il y a danger : 3000 à 6000 décès sont dus chaque année au tabagisme passif.

De plus, le tabagisme passif aggrave des pathologies existantes et en crée de nouvelles. Les conséquences pour la santé sont réelles. Ces risques augmentent avec la durée et l’intensité de l’exposition.

Selon l’Académie de médecine, la fumée de tabac constitue « la source la plus dangereuse de pollution de l’air domestique, en raison de sa concentration élevée en produits toxiques mais aussi parce que l’on y est exposé à tout âge et ce, pendant des périodes beaucoup plus longues que celles où l’on subit une pollution atmosphérique extérieure ».

Les risques liés au tabagisme passif ou actif diffèrent selon l’âge:

Les risques pour le fœtus

– Si la mère fume : risque de fausse couche, de grossesse extra-utérine, d’accouchement prématuré.
– Si la mère est enfumée : risque de retard de croissance intra utérin (+11%), risque de petit poids de naissance (+17%)

Les risques pour l’enfant

– Mort subite du nourrisson : risque doublé pour une mère non fumeuse enfumée passivement.
– Légère diminution du souffle.
– Infections respiratoires basses : +72% de risque si la mère fume, +29% si un autre membre de la famille fume.
– Otites récidivantes de l’enfant : +48% de risque si les 2 parents fument.
– Crises d’asthme : +14% de risque si le père fume, +28% si la mère fume et +52% si les 2 parents fument. Les crises sont plus graves et plus fréquentes. Le tabagisme passif est susceptible d’entraîner l’aggravation d’un asthme préexistant et peut même intervenir dans l’installation d’un asthme.

La vulnérabilité des enfants à la fumée secondaire est préoccupante pour des raisons médicales et éthiques:

Leurs poumons sont plus petits et leur système immunitaire moins bien développé que chez l’adulte. Ceci donne à la fumée le pouvoir de déclencher plus facilement la survenue d’infections du système respiratoire et des oreilles.

– Comme ils sont moins grands et qu’il respirent plus vite, ils inhalent dans le même laps de temps une quantité plus importante de substances chimiques nocives par rapport à leur poids.

– Enfin ils n’ont pas le même libre arbitre : il ne leur est pas possible de quitter une pièce enfumée s’ils le désirent, d’autant plus qu’ils ne sont pas directement conscients du danger.

Les risques pour les adultes

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– Accidents vasculaires cérébraux : +100% (risque doublé).
– Accidents coronariens : +25% de risque ; c’est la cause la plus importante en nombre de victimes.

– Cancer du poumon : +26% de risque pour une exposition à domicile et +39% pour une exposition professionnelle. Le risque de développer un cancer du poumon est augmenté de 23% chaque fois que la consommation quotidienne du conjoint

augmente de 10 cigarettes.
– Cancer des sinus de la face : +100% (risque doublé).

Mis à jour le 24 Septembre 2014

Le Plan National de Réduction du Tabagisme est l’une des mesures phare annoncée par le président François HOLLANDE dans le cadre du plan cancer 2014-2019. La Fondation du Souffle approuve ce plan ambitieux et souhaite que tous les moyens nécessaires soient affectés à sa mise en œuvre, condition indispensable pour enclencher un processus durable de diminution du nombre de fumeurs en France.

Pour connaître les dispositions de ce plan, cliquez ici :

PNRTabagisme

Mis à jour le 18 Février 2015 

SOURCES ET DOCUMENTATIONS

Merci à Dominique BACRIE, responsable coordination réseau à la Fondation du Souffle , pour la relecture et la validation de ce texte.

Sources :

– Professeur J.-M. Aiache, Histoire et petite histoire du tabagisme.
– MILDT, Historique du tabac.
– Professeur Molinard, Historique du tabagisme.
– Dr Kamel Abdennbi et Dr Nadia Lahlou, Arrêt du tabac, rumeurs et réalités, Medi-Text Editions, Paris, 2005.
Autres sites :
– Site de l’INPES : www.inpes.sante.fr
– Alliance contre le tabac : www.alliancecontreletabac.org
– Autre site : www.rpt21.fr

Mis à jour le 24 Septembre 2014

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Quitter la cigarette

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Enquête sur l’usage de la cigarette électronique et du tabac en milieu scolaire :

Etude cdmr 44