Manifestations 

Le plus souvent, les manifestations de l’emphysème se résument à celles de la BPCO, c’est-à dire l’essoufflement (parfois associé à ou précédé par toux chronique et crachats).  Toutefois, dans les formes débutantes, un emphysème peut être visualisable sur l’imagerie (voir plus bas) sans que la fonction respiratoire soit encore altérée. Il ne s’agit pas encore d’une réelle BPCO mais d’un état « précurseur ». Aux manifestations de la BPCO (essoufflement, avant tout) s’ajoutent les pneumothorax, liés à la rupture dans la plèvre de bulles formées par la confluence d’alvéoles détruites.

Diagnostic 

La recherche d’une BPCO nécessite une exploration du souffle (exploration fonctionnelle respiratoire ou spirométrie). Pour évaluer le degré d’emphysème chez un malade atteint de BPCO, deux explorations sont utilisées :

– l’exploration fonctionnelle respiratoire, au cours de laquelle certains tests (diffusion du monoxyde de carbone) permettent de quantifier la destruction alvéolaire ; mais ces tests peuvent aussi être perturbés par d’autres anomalies que l’emphysème. Ils ne sont pas très «spécifiques» de celui-ci.
– l’imagerie, radiographie et surtout scanner thoracique.

Pour rechercher un déficit en alpha1 antitrypsine, cette protéine peut être dosée dans le sang et un typage génétique peut être effectué. En cas de déficit, un conseil génétique sera proposé.

Traitement 

Au delà des principes généraux du traitement de la BPCO (avant tout, arrêt du tabac), certaines mesures thérapeutiques s’adressent spécifiquement à l’emphysème ou à ses complications propres :

>> En cas de pneumothorax, le traitement peut, selon l’importance du pneumothorax, l’état du reste des poumons et le nombre d’épisodes:

– se résumer au repos.
– nécessiter une évacuation (ponctuelle, à l’aiguille, alors appelée « exsufflation » ; ou sur quelques heures ou quelques jours au moyen d’un tube placé dans la plèvre : on parle alors de drainage).
– recourir à la chirurgie, surtout pour éviter les récidives.

>> En cas de grosse bulle responsable de complications (douleurs, compression d’autres structures du thorax, hémorragie, infection), une chirurgie d’exérèse peut être discutée.

>> En cas de BPCO très sévère avec emphysème très important et prédominant nettement aux sommets des poumons, une chirurgie de «réduction de volume pulmonaire» peut améliorer les symptômes (diminution de l’essoufflement); dans les cas les plus graves, une transplantation pulmonaire peut même être discutée.

>> En cas de déficit en alpha1 antitrypsine :

– un traitement substitutif peut être proposé; son efficacité est débattue et doit être discutée au cas par cas.
– un conseil génétique familial sera recommandé.


Mis en jour le 5 avril 2017