Les succès

Les succès de la recherche soutenue par la Fondation du Souffle ces dernières années

Gène MARS1

Traitement par méthionine pour les patients atteints de protéinose alvéolaire primitive par mutation du gène

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Photo portrait

Pr Alice Hadchouel - Pneumologie et Allergologie Pédiatriques

Hôpital Universitaire Necker – Enfants Malades, GH Paris Centre - Centre de Références pour les Maladies Respiratoires Rares de l’Enfant – RespiRare
Lauréate de l’appel à projets « Soutien à la Recherche Clinique » 2017 

La protéinose alvéolaire est une maladie pulmonaire rare (au moins 7 cas par million d’habitants, toutes causes confondues) au cours de laquelle du matériel anormal s’accumule dans les alvéoles pulmonaires, entravant ainsi les échanges gazeux (captation de l’oxygène et épuration du dioxyde de carbone) et pouvant aboutir à une insuffisance respiratoire sévère. Plusieurs causes existent.

Dès mon internat en pédiatrie je me suis intéressée à une forme particulièrement précoce et sévère de cette maladie survenant dans les premiers mois de vie essentiellement chez des enfants originaires de l’île de la Réunion (1 à 2 nouveaux cas par an dans l'Océan Indien : Réunion, Comores et Mayotte). Aucun traitement spécifique n’existait alors et surtout la cause de cette forme si particulière n’était pas connue. Le seul traitement consistait à laver les poumons sous anesthésie générale, procédure lourde qui devait être renouvelée régulièrement. Lors de mon stage post-doctoral à l’institut Imagine à Paris, j’ai pu identifier la cause à l’origine des protéinoses « réunionnaises » et déterminer qu’il s’agit d’une maladie génétique secondaire à des mutations dans un gène appelé MARS1. Ce gène est responsable de la fabrication d’une enzyme qui va intervenir pour accrocher la méthionine dans les protéines lors de leur fabrication par les cellules de l’organisme. La méthionine est un acide aminé essentiel, c’est-à-dire un acide aminé apporté par l’alimentation et qui rentre dans la constitution des protéines de l’organisme. Grâce à des études réalisées sur des cellules in vitro, nous avons pu montrer que lorsque nous donnions beaucoup de méthionine à ces cellules, l’enzyme mutée était capable de mieux fonctionner. C’est pourquoi nous nous sommes posé la question de donner de la méthionine à fortes doses aux patients.

Grâce à un financement de la Fondation du Souffle que j’ai obtenu en 2017, j’ai pu réaliser un essai clinique d’administration de méthionine chez 4 enfants atteints. Cet essai a été un succès car pour 3 patients pour lesquels le traitement a été débuté précocement, la supplémentation en méthionine a permis de nettoyer leurs poumons sans avoir plus besoin de recourir aux lavages sous anesthésie générale. Alors qu’ils avaient initialement besoin d’oxygène, ce support a pu être arrêté.

Actuellement, 18 patients sont traités, dont six depuis le diagnostic avec une rémission complète de la maladie chez ces jeunes enfants. Ce traitement a transformé le pronostic de cette maladie sévère et permet à ces patients de vivre sans insuffisance respiratoire. D’autres gènes de la même famille peuvent être à l’origine de maladies assez proches et des supplémentations en d’autres acides aminés pourraient être envisagées comme perspective de traitement. Cela nécessitera d’autres études.

 

Bronchiolite du nourrisson

L’impact du décubitus ventral sur le travail respiratoire et la PEP (pression expiratoire positive) intrinsèque chez le nourrisson atteint de bronchiolite grave

 

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Photo portrait

Dr Florent Baudin

Anesthésiste réanimateur pédiatrique, CHU de Lyon
Lauréat de l’appel à projets « Formation par la Recherche » 2014 

 

Nous menons depuis plusieurs années ce projet de recherche, à savoir l’intérêt de mettre en décubitus ventral (à plat ventre) les bébés ayant une bronchiolite grave et nécessitant une assistance respiratoire mais pas d’intubation. L’objectif est de voir si le positionnement du nourrisson sur le ventre modifie l’effort respiratoire fourni par le bébé. Notre première étude sur 14 bébés âgés d’un mois en moyenne nous a permis de montrer deux choses : cette position réduisait de manière significative l’effort respiratoire fait par le nourrisson placé sur le ventre par rapport à la position dorsale et deuxièmement le décubitus ventral rendait le diaphragme (muscle principal de la respiration) plus efficient. Il était capable de fournir une force plus importante pour le même effort, ce qui améliorait la respiration. Ainsi, le positionnement sur le ventre pourrait permettre d’éviter que le nourrisson se fatigue.

 

Afin d’évaluer ces effets dans une population plus large, nous avons débuté une étude dans une dizaine de centres (étude multicentrique) en France. Nous prévoyons d’y inclure 450 bébés de moins de 6 mois sur 3 ans. Cela nous permettra de savoir si cette position sur le ventre permet de réduire le recours à une assistance respiratoire plus importante (intubation et ventilation non invasive). Il y a un réel enjeu car les bébés ayant besoin d’une intubation qui sont dans un centre sans réanimation pédiatrique doivent être transférés dans de plus gros centres. Nous espérons que cette technique simple permettra d’améliorer la prise en charge des nourrissons atteints de bronchiolite.

C’est une étude qui a eu un écho pendant la période de Covid, plusieurs articles ayant repris nos données en pédiatrie. La mise des patients adultes Covid-19 graves en ventilation spontanée (sans intubation) à plat ventre s’est développée car on s’est rendu compte que cela améliorait l’oxygénation et la respiration dans sa globalité.

 

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