Témoignage:  » Mon père était atteint d’une BPCO « 

Témoignage:  » Mon père était atteint d’une BPCO « 

La maladie de mon père a été décelée en 2002. A l’époque, les médecins ne lui prescrivaient que des inhalateurs et nous disaient que ce n’était que de l’asthme. En mars 2013 cela faisait 6 mois que papa ne fumait plus, il a eu des difficultés à respirer et comme à son habitude il m’a passé un coup de fil pour me dire qu’il n’était pas très bien. J’ai foncé et je l’ai emmené aux Urgences. Après pas mal de contrôles, les médecins l’ont mis sous oxygène, j’ai pu parler au pneumologue qui s’est occupé de lui et là, grand coup de massue,  papa est atteint d’une BPCO. On m’explique comment se manifeste la maladie, je propose même de mon vivant de donner un poumon pour mon père, on me refuse ce choix en me disant que ce n’est pas possible. Il avait beaucoup de mal à accepter cette maladie et son oxygène était une grande contrainte. Comme il disait souvent je ne peux plus faire comme je veux je ne peux plus vivre comme avant.

Début 2017 commence son calvaire, oui je dis bien calvaire. Première hospitalisation en mars pour complication de sa maladie, on sent papa fatigué, il baisse les bras, on le motive le stimule et pourtant arrive la deuxième hospitalisation fin juillet. Papa a maigri de 20kg et a des troubles cognitifs. Je bataille avec le médecin pour qu’il mette en place la VNI car papa a du gaz carbonique dans le sang, le médecin finit par lui mettre la VNI  en place. Papa a du mal à la prendre et perd un peu les pédales quelque fois. Je décide alors de prendre mon père chez moi car impossible pour lui de rester seul malgré les aides à domicile que j’ai mises en place depuis 1 ans. Suite à cette hospitalisation il fera 3 semaine de cure de réadaptation pulmonaire, un médecin de la cure m’a dit des choses très franchement, ces mots me résonne encore, “Mme Longchamp je tiens à vous dire que votre papa n’en aura plus pour longtemps, profitez au maximum de votre papa”. A l’autre bout du fil, je lui disais que non ce n’est pas vrai et qu’une fois avec nous il remonterait la pente. Début septembre, papa arrive en ambulance chez nous dans la Drôme, je le vois encore plus amaigris, il a des pertes de mémoire, il ne marche quasi plus, il est complètement dépendant. Après quelque jours j’arrive à le faire marcher à nouveau, à manger correctement, je lui donne sa douche tous les matins je suis aux petits soins, mais je vois que ça ne va pas. Papa est très angoissé la nuit, je me lève toutes les heures car il panique et fait n’importe quoi. Un matin je lui fais son inhalateur, je le rassure un maximum je reste avec lui  jusqu’à ce que les secours arrivent.

Il a eu des hauts et des bas moi qui pensais qu’il reprenait du poids car il mangeait a nouveau… Oui et non car il avait surtout de l’eau qui commençait à s’installer dans ses poumons, ses reins commençaient à fatiguer, les médecins ont dû lui mettre une sonde. Les troubles cognitifs augmentaient eux aussi, papa disait et voyait des choses incohérentes, ils l’ont même transfusé. Mais papa a baissé les bras pour de bon. J’y passais mes journées, je cuisinais pour lui, j’essayais de tout faire pour qu’il ne lâche rien mais le 23 septembre j’ai compris que je devais emmener mes enfants voir leur papi. Il considérait mes enfants comme les siens, il était très proche d’eux et tout aussi fusionnel qu’avec moi. Quand les enfants sont entrés dans la salle il voulait se lever avec le peu de force qu’il lui restait. Ils ont pu profiter de ce temps passé ensemble, j’ai ensuite demandé au médecin si je pouvais rester avec lui cette nuit et ils m’ont dit oui. Nous sommes dans la nuit du 24/09/2017, papa regarde si je suis bien à ses côtés, je le rassure et je lui dis que je suis là. Je lui dis que lui et moi c’est jusqu’à la fin et que s’il est fatigué je comprendrais. Il est 3h09 du matin, papa est parti entre mes mains, son cœur s’est arrêté de battre, le silence s’empare de la salle, les infirmières sont avec moi, elles me soutiennent. A ce moment, je me suis dit que cette maladie n’a pas eu mon père, c’est lui qui l’a vaincu car il l’a emmenée avec lui et qu’il a su rester digne jusqu’à la fin.

Voici l’histoire de mon père, je me battrai pour faire connaître cette maladie, j’ai vécu et senti de mon être sa douleur alors je me battrai en vers et contre cette maladie jusqu’à la fin.

 


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