Comment la maladie se manifeste-elle ?

Les signes consistent en respiration bruyante et sifflante surtout à l’expiration, la sensation de ne pas respirer à fond avec oppression thoracique et souffle court et quelquefois toux.

La toux peut être le seul signe de l’asthme, sans gêne respiratoire, essoufflement ni sifflement dans la poitrine. Elle est alors appelée toux équivalent asthmatique.

Certaines circonstances d’apparition de la toux sont très évocatrices de l’asthme :

> La survenue nocturne, généralement à la même heure, vers deux ou trois heures du matin ou au moment du réveil, au petit matin. Cette toux s’accompagne parfois d’une gêne respiratoire, de sifflements dans la poitrine, puis elle disparaît souvent spontanément au bout de quelques instants, une demi-heure, voire une heure …

> La survenue lors de l’exercice physique, en particulier pendant la course de fond ou quelques instants après l’arrêt de l’effort. La toux s’accompagne alors d’un essoufflement. Ce cas est très fréquent chez l’enfant.

> À l’occasion de l’exposition à de fortes concentrations d’allergènes. Par exemple en présence de pollens au printemps, lors de la tonte du gazon, du nettoyage d’un grenier poussiéreux, en compagnie d’animaux à fourrure comme les chiens et les chats …

> Lors d’une différence de température.

> Dans certaines circonstances émotionnelles comme le rire, la colère, les pleurs …

Ainsi, la toux qui se prolonge anormalement ou qui se répète plusieurs fois dans l’année, plusieurs années de suite, souvent aux mêmes périodes doit faire évoquer l’asthme, en particulier chez l’enfant. Parfois, l’asthme se manifeste par la répétition d’épisodes qui ressemblent à des bronchites avec de la toux et des crachats (expectorations) appelées à tort « bronchites asthmatiformes ».

Parmi les crises d’asthme plus typiques, on distingue, en fonction de leur durée ou de leur gravité :

La crise d’asthme habituelle

Elle se traduit par une difficulté respiratoire temporaire. Elle se manifeste typiquement par un sifflement à l’expiration (sibilances) mais d’autres signes sont possibles : sensation d’oppression thoracique, épisodes de toux sèche. Ces manifestations respiratoires peuvent se calmer spontanément ou, plus sûrement après l’inhalation d’un traitement dit bronchodilatateur. Cette crise qui est provoquée par la contraction des muscles situés autour des bronches, est logiquement maîtrisée par l’utilisation d’un médicament qui relâche ces muscles.

L’exacerbation d’asthme

Elle comporte plusieurs degrés de sévérité selon qu’elle est traitée à domicile ou demande le passage aux urgences ou l’hospitalisation car elle peut aboutir à l’asthme aigu grave. Elle se manifeste par les mêmes signes mais ceux-ci durent beaucoup plus longtemps, plusieurs heures, voire plusieurs jours malgré la prise de médicaments bronchodilatateurs. Ces signes s’expliquent par le fait qu’à la contraction des muscles qui entourent les bronches s’ajoute un épaississement de la paroi intérieure de celles-ci dû à l’inflammation. Cette exacerbation d’asthme ne peut être correctement traitée que par la prise de cortisone en comprimés ou par injections veineuses.

L’asthme aigu grave

Elle est la forme la plus aiguë et la plus sévère de la maladie. C’est une forme rare. Elle se manifeste par une détresse respiratoire (insuffisance respiratoire aiguë). Les bronches sont tellement fermées que l’air n’y passe plus et n’apporte plus l’oxygène nécessaire à la vie. Le malade ressent une brutale impression d’oppression thoracique avec blocage respiratoire total. Cet état nécessite une prise en charge médicale très rapide. Cela conduit le plus souvent à une hospitalisation en réanimation. A domicile, avant d’installer le malade dans la voiture ou l’ambulance qui va l’amener à l’hôpital, il est indispensable, pour que le transport se fasse en toute sécurité, de lui faire respirer des médicaments broncho-dilatateurs qui amélioreront rapidement son état respiratoire.

Les signes de gravité d’une crise

Un seul des signes suivants suffit pour affirmer que la crise est grave :

> Le patient ne ressent aucune amélioration malgré la prise de plusieurs bouffées de bronchodilatateur.
> L’essoufflement est intense, rendant impossible toute activité.
> La difficulté à parler et à terminer une phrase courte sans reprendre sa respiration.
> L’impossibilité de rester allonger.
> Le débit expiratoire de pointe est en zone rouge (en dessous de la moitié de la valeur optimale, soit en dessous de 50% de la meilleure performance au débitmètre de pointe).

Il y a un risque de voir apparaître une crise grave lorsque :

> La fréquence des crises augmente.
> Le recours au bronchodilatateur d’action rapide s’intensifie.
> Les crises répondent de moins en moins bien au traitement.
> L’intervalle entre chaque crise se réduit.
> Le débit expiratoire de pointe chute progressivement de jour en jour ou varie de façon importante d’une mesure à l’autre.
> L’asthme a déjà entraîné une hospitalisation.
> Le traitement n’est pas pris régulièrement ou il a été arrêté de façon intempestive.


Mis à jour le 3 avril 2017