Médicaments

Il existe deux grandes catégories de médicaments, ceux qui stoppent la crise d’asthme et ceux qui empêchent la survenue d’une crise (traitement de fond).

1. Traitements de la crise

Ils permettent la réouverture des bronches. Ils appartiennent à deux familles de médicaments, les bronchodilatateurs et les corticoïdes administrés par voie générale, en comprimés, gouttes ou injections.

> Les broncho-dilatateurs les plus utilisés sont les bêta-2 mimétiques (ou bêta-2 agonistes) d’action rapide et de courte durée. Ils sont le plus souvent employés par voie inhalée mais peuvent aussi être injectés. Ces médicaments sont appelés ainsi car ils vont se fixer sur la paroi des bronches au niveau de capteurs microscopiques dénommés «récepteurs bêta 2». Cette fixation va entraîner un relâchement des muscles des parois des bronches très rapidement et ceci permet à l’air de mieux circuler. Les atropiniques de synthèse ou anticholinergiques n’existent que sous forme inhalée. Ils agissent moins rapidement (trente minutes) et ont un effet de relaxation sur les muscles bronchiques moins puissant que celui des bêta-2 mimétiques. Ils peuvent s’associer à ceux-ci mais ne doivent pas se substituer à eux. Les effets indésirables de ces deux classes de médicaments sont rares.

> Les corticoïdes administrés en comprimés, gouttes ou injections sont indispensables à la maîtrise des crises d’asthme prononcées ou prolongées. En effet, dans ces deux dernières situations, l’obstruction des bronches est due, non seulement au spasme des muscles situés autour de la bronche, mais aussi à l’inflammation de la bronche qui est épaissie et remplie de glaires épaisses. Ce traitement bref n’est pas responsable d’effets indésirables sérieux. Dès que possible, cette forme de cortisone sera remplacée par la cortisone à respirer qui est elle inoffensive, du moins aux doses habituellement prescrites.

2. Traitements de fond

Les corticoïdes : ce sont des dérivés de la cortisone :

> Les corticoïdes par voie inhalée constituent la base du traitement de fond. Lorsque l’inhalation est correcte, le médicament tapisse les parois des bronches et exerce une diminution de l’inflammation. Le gonflement des parois bronchiques diminue et il y a une réduction de la production des crachats, de la toux et de l’essoufflement.

A noter : ces médicaments agissent de façon progressive mais durable à condition d’être pris tous les jours, ceci même en l’absence de symptômes de la maladie. La cortisone inhalée aux doses thérapeutiques habituelles permet de contrôler efficacement la maladie avec des effets secondaires systémiques minimes.

> La cortisone peut aussi être utilisée en comprimés ou en injections.

Les bêta–2 mimétiques de longue durée d’action :
Ils peuvent être rajoutés quand l’asthme n’est pas bien stabilisé avec des corticoïdes inhalés seuls. Leur longue durée d’action permet deux prises quotidiennes. Ils peuvent être associés dans le même médicament aux corticoïdes inhalés permettant ainsi une facilité de prise.

Les antileucotriènes :
Il s’agit d’une classe de médicaments anti-inflammatoires qui est donnée sous forme de comprimés. Ce médicament va aller se fixer sur les parois bronchiques et bloquer les récepteurs aux leucotriènes qui sont des substances qui entraînent l’inflammation des bronches. Ce médicament est indiqué en complément des corticoïdes inhalés quand les signes de l’asthme ne sont pas bien contrôlés et dans le traitement préventif de l’asthme d’effort, en prises régulières. Ce traitement ne se substitue pas au traitement par la cortisone, du moins chez l’adulte.

La théophylline :
Elle est efficace mais de moins en moins utilisée car la dose thérapeutique qui permet la bronchodilatation est très proche de la dose toxique. Elle peut être prescrite en traitement de fond de l’asthme persistant. Les effets indésirables les plus fréquents sont notamment les nausées, les vomissements, les douleurs abdominales, les maux de tête, l’excitation, l’insomnie et la tachycardie (accélération du rythme cardiaque normal).

L’oxygène :
C’est un médicament. Dans le cas de l’asthme, il est utilisé, soit dans le cas d’exacerbation traitées à l’hôpital, soit lorsque l’asthme a évolué vers l’insuffisance respiratoire chronique .

Attention : certains médicaments doivent être prescrits avec prudence en cas d’asthme

> Médicaments de la famille des «bêta bloquants», médicaments surtout utilisés en comprimés dans les maladies cardiaques et en particulier dans l’hypertension artérielle ou en collyre dans les glaucomes. Ils sont en effet susceptibles de révéler ou d’aggraver un asthme car leur action s’oppose à celle des médicaments bêta-2 mimétiques. Ils peuvent fermer les bronches.

> Médicaments appelés inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine. Ils sont régulièrement prescrits dans le traitement de l’insuffisance cardiaque. Ils peuvent être responsables d’une forte toux susceptible de faire penser que l’asthme s’aggrave. Cette toux disparaît quand la prise du médicament est arrêtée.

> L’aspirine et les anti-inflammatoires non cortisonés largement prescrits dans le traitement des douleurs, en particulier rhumatismales peuvent déclencher ou aggraver 10% des asthmes

> Chez l’asthmatique, l’injection de produits de contraste iodés ne comporte pas plus de risque que chez toute personne. Le patient signalera à son médecin une éventuelle réaction qu’il aurait pu avoir lors de l’injection antérieure d’un produit de contraste iodé. En fonction de la nature de cette réaction antérieure, l’allergologue pourra être amené à conseiller la réalisation de tests cutanés avec ces produits ou à prescrire des médicaments anti-allergiques à prendre avant l’examen radiologique.

Cette liste n’est pas exhaustive. Il faut que le patient signale tous les traitements qu’il prend, y compris sous forme de collyre, aux médecins.

La prise en charge de l’asthme nécessite une étroite collaboration entre pneumologues, allergologues, pédiatres et généralistes :

> Le médecin spécialiste
> Le médecin généraliste
> Les infirmières
> Les kinésithérapeutes

Toute cette équipe est là pour vous aider.

Mesure du souffle

La mesure du souffle est indispensable pour surveiller l’évolution de la maladie et adapter le traitement.

La fréquence des consultations de contrôle associées à la mesure du souffle dépend de la sévérité de l’asthme :

> Lorsque le patient va bien au plan respiratoire et si l’asthme est intermittent, le contrôle sera annuel. Si l’asthme est persistant (chronique), il sera fait deux à quatre fois par an.
> Si l’asthme se déstabilise, il faudra faire des contrôles supplémentaires. Un appareil très simple, le débitmètre de pointe, permet à l’asthmatique de mesurer son souffle et d’adapter ainsi son activité et/ou son traitement.


Mis à jour le 3 avril 2017