Deux types d’emphysèmes

Il existe deux principaux types d’emphysème, qui se distinguent par les zones du tissu pulmonaire qui sont détruites. Pour comprendre cette distinction, il faut savoir que, très schématiquement, le tissu des poumons est divisé en zones appelées «lobules» (ou «acini»), qui correspondent aux alvéoles «desservies» par une bronche. Les lobules sont séparés les uns des autres par des vaisseaux sanguins.

Selon les cas,l’emphysème peut détruire :

– soit, le centre du lobule uniquement (en tout cas au début) : on parle alors d’emphysème centrolobulaire (ou centroacinaire).
– soit, la totalité du lobule d’emblée ; on parle alors d’emphysème panlobulaire (ou panacinaire).

Ces deux types d’emphysème se différencient par leurs causes et leurs conséquences :

Emphysème centrolobulaire : il s’agit de la forme d’emphysème la plus fréquente (plus de 90% des cas), à laquelle est exposé tout fumeur et qui est présente à des degrés divers dans toute BPCO.

Emphysème panlobulaire : cette forme d’emphysème est aussi très largement favorisée par le tabac, mais survient sur un terrain à risque en raison d’une anomalie génétique, le déficit d’une protéine protectrice appelée « alpha-1 antitrypsine ».

  • Cette protéine a pour fonction normale de s’opposer à l’action d’enzymes qui, si elles ne sont pas jugulées, tendent à «digérer» les structures constitutives de la paroi des alvéoles pulmonaires (enzymes qui sont justement activées par la fumée de tabac).
  • Chez les sujets porteurs d’un déficit important en alpha1 antitrypsine, il existe un risque d’emphysème (et donc de BPCO et d’insuffisance respiratoire) plus précoce et plus sévère, après un tabagisme mineur voire en l’absence de tout tabagisme.
  • La protéine étant produite par le foie, celui-ci peut présenter aussi des anomalies, et ce dès l’enfance.

Ces deux emphysèmes peuvent coexister ou être difficiles à distinguer sur les examens d’imagerie (scanner thoracique).


Mis à jour le 4 avril 2017