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ASTHME : Comment savoir si on souffre d’asthme ?

Éléments de réponse du Dr Jean-Philippe Santoni, expert et pneumologue bénévole à la Fondation du Souffle.

« L’asthme est une maladie qui fait peser une charge importante sur les patients, la famille et la communauté.

Il s’agit d’une maladie potentiellement grave qui concerne plus de 4 millions de personnes en France, dont la moitié d’enfants. C’est une maladie qui débute le plus souvent dans l’enfance et qui peut disparaître à la puberté, notamment chez le garçon.

Il existe aussi des asthmes d’apparition tardive chez l’adulte. Il s’agit d’une maladie inflammatoire chronique des bronches qui se traduit le plus souvent par la survenue de crises, plus ou moins rapprochées, plus ou moins graves.

La crise se traduit par des épisodes de toux, d’essoufflement, avec parfois une difficulté à la parole avec des phrases hachées. Elle peut aussi comporter un sifflement expiratoire, une sensation d’essoufflement thoracique. Elle cède spontanément ou avec l’administration d’un bronchodilatateur inhalé.

La pratique d’épreuves fonctionnelles respiratoires (mesures du souffle) est indispensable pour vérifier s’il existe une obstruction bronchique entre les crises et éliminer une autre maladie comme la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO).

Lorsqu’une crise s’installe, certains critères imposent un recours immédiat aux urgences via un transport médicalisé au moindre doute :

  • essoufflement au repos
  • tachycardie
  • parole difficile ou impossible
  • débit expiratoire de pointe au peak-flow inférieur à 60 % des valeurs habituelles
  • Persistance de la crise malgré la prise d’un bronchodilatateur de secours

La suspicion d’un asthme nécessite un recours à une consultation spécialisée pour effectuer des épreuves fonctionnelles respiratoires, un bilan allergologique complet, instaurer les traitements médicamenteux adaptés, personnaliser le traitement aux conditions de vie et aux caractéristiques du patient, à travers l’arrêt du tabac chez le fumeur avec l’aide au sevrage et les programmes d’éducation thérapeutique du patient (ETP). L’ETP permet d’apprendre aux patients à connaitre et comprendre mieux la maladie, apprendre les techniques d’utilisation efficaces des inhalateurs et améliorer l’observance des traitements. Ils peuvent aussi permettre des conseils pour arrêter de fumer, des conseils pour la pratique d’une activité physique régulière en raison de ses effets bénéfiques pour la santé. »

Quels sont les différents stades de l’asthme ?

« L’asthme est une maladie instable pour laquelle on distingue plusieurs stades :

  • Asthme léger qui peut être contrôlé avec un traitement par corticoïdes inhalés à faible dose et bronchodilatateurs d’action courte à la demande
  • Asthme modéré : contrôlé par des corticoïdes inhalés à dose moyenne élevée accompagnés d’un bronchodilatateur
  • Asthme sévère : asthme qui concerne 5 à 10 % des asthmatiques et qui résiste aux corticoïdes inhalés et aux bronchodilatateurs à action prolongée à dose moyenne ou élevée. Les personnes atteintes d’un asthme sévère doivent être adressées à un spécialiste pour évaluation de l’intérêt de la mise en route d’un traitement par biothérapie. »

 

Quels sont les facteurs déclenchants ?

« Les facteurs susceptibles de déclencher ou aggraver les symptômes de l’asthme sont les infections virales, les allergènes domestiques ou professionnels (acariens, pollens, cafards), la fumée du tabac, l’exercice physique, le stress et la mauvaise observance du traitement de fond.

Certains médicaments peuvent induire ou déclencher un asthme (comme l’aspirine par exemple). »

 

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Mis à jour le 14/08/2019