LA TUBERCULOSE EN FRANCE

Un point sur la situation française :

Vous avez dit tuberculose ?

La tuberculose est une maladie infectieuse causée par une bactérie, Mycobacterium tuberculosis. Cette bactérie peut s’attaquer à n’importe quelle partie du corps (système nerveux, ganglions, appareil génital, appareil urinaire, articulations, os, abdomen…) mais la maladie touche habituellement les poumons (dans 85% des cas). La tuberculose est due à un microbe découvert par Robert Koch, en 1882 et auquel il a donné son nom : le bacille de Koch ou BK.

Un ennemi ancien … toujours d’actualité.

Véritable fléau dans la première moitié du vingtième siècle en France – en 1913, la tuberculose était responsable de 84 443 décès – la tuberculose n’est pas encore éradiquée.
En 2005, la tuberculose est plus rare en France avec 7 nouveaux cas par an pour 100 00 habitants. Sa fréquence continue à diminuer mais cette décroissance s’accompagne de forts contrastes.

De fortes disparités régionales.

Les régions Ile-de-France, Provences-Alpes Côte d’Azur (PACA) et Rhône Alpes totalisent en effet plus de la moitié des cas déclarés en France. Ainsi, pour 100 000 habitants, on note 22 nouveaux cas par en Ile-de-France et 29 en Guyane. En outre, les cas sont concentrés essentiellement dans certains groupes de population : les personnes précarisées, particulièrement les sans-abris (avec une fréquence de la maladie 20 à 30 fois supérieure à la moyenne nationale), les personnes migrantes provenant de pays à forte endémie, les personnes séropositives pour le VIH, les personnes vivant en milieu carcéral. Ainsi, la tuberculose demeure un risque sanitaire en France.

Plan national de lutte contre la tuberculose en juillet 2007.

Le Ministère de la Santé a mis en place un plan national de lutte contre la tuberculose en juillet 2007. Les principaux objectifs sont la diminution progressive des nouveaux cas de tuberculose et réduire les disparités. Afin qu’un jour la tuberculose ne soit plus qu’un lointain souvenir. Pour tous.

La vaccination BCG, c’est plus obligatoire :

Le BCG n’est pas un vaccin pleinement efficace : il est très utile pour prévenir les formes graves de la maladie chez l’enfant mais il ne protège les adultes que dans un cas sur deux.
Jusqu’en juillet 2007, la vaccination BCG était obligatoire chez les enfants avant l’entrée en collectivité et chez les adultes encore non vaccinés, étudiants ou travaillant dans les filières sanitaires.
A compter de juillet 2007, l’obligation vaccinale par le vaccin BCG est suspendue chez l’enfant et l’adolescent au profit d’une recommandation forte de vaccination des enfants les plus exposés.
Il est donc recommandé de vacciner les enfants répondant au moins à l’un des critères suivants :
– enfant né dans un pays de forte endémie tuberculeuse,
– enfant dont au moins l’un des parents est originaire de l’un de ces pays,
– enfant devant séjourner au moins un mois d’affilée dans l’un de ces pays,
– enfant ayant des antécédents familiers de tuberculose,
– enfant résidant en Ile-de-France ou en Guyane,
– ainsi que tout enfant dans une situation jugée par le médecin à risque d’exposition au bacille tuberculeux (conditions de logement défavorables ou socio-économiques défavorables ou précaires ou en contact régulier avec des adultes originaires d’un pays de forte endémie).

Le vaccin est toujours remboursé par la Sécurité Sociale :

Cette décision de suspension n’est possible que dans le cadre du lancement du programme de lutte contre la tuberculose en France.
Ce plan est organisé en six axes :
– Assurer un diagnostic précoce et un traitement adapté pour tous les cas de tuberculose maladie.
– Améliorer le dépistage de la tuberculose.
– Optimiser l’approche vaccinale.
– Maintenir la résistance antibiotiques à un faible niveau.
– Améliorer la surveillance épidémiologique et les connaissances sur les déterminants de la tuberculose.
– Améliorer le pilotage de la lutte antituberculeuse.

LA TUBERCULOSE, UN FLÉAU MONDIAL

A l’échelle mondiale, la tuberculose est un problème majeur de santé publique.

2 milliards de personnes, soit 30% de la population mondiale, sont infectées par le bacille tuberculeux. Chaque année, 9 millions de personnes sont atteintes d’une tuberculose maladie, dont 3,9 millions sont contagieuses.
En 2010, le nombre de décès dus à la tuberculose était estimé à 1,8 millions (rapport OMS 2006). Plus de 80% de l’ensemble des patients atteints de tuberculose vivent en Afrique subsaharienne ou en Asie.

Si l’on ne fait rien contre la tuberculose au cours des 20 prochaines années, près d’un milliard de personnes supplémentaires seront infectées, 200 millions contracteront la maladie et 35 millions en mourront.

En outre, on observe chaque année 300 000 cas de tuberculose résistante aux traitements. Ces formes de la maladie sont observées en majorité en Europe de l’Est et dans certaines provinces de Chine, en Afrique et en Amérique du Sud.
Il est donc urgent de relancer activement la recherche pour de nouveaux moyens diagnostiques et des médicaments plus efficaces, simples d’utilisation et, surtout, à la portée des malades des pays pauvres.

HISTOIRE

Robert Koch, le découvreur du bacille de la tuberculose.

Médecin allemand, né en 1843 à Clausthal, Robert Koch découvre le bacille de la tuberculose, auquel on donnera le nom de bacille de Koch, en 1882.

Il démontre alors le caractère contagieux de cette maladie. Des mesures de lutte vont être prises en Europe mais il faut attendre 1921 et la mise au point du vaccin BCG de Calmette et Guérin pour voir la tuberculose reculer vraiment.
En 1883, Robert Koch isole l’agent microbien du choléra et prouve, peu après, le rôle de l’eau dans la transmission de la maladie. Il s’intéresse aussi à la maladie du charbon, à la peste bovine et équine, aux intoxications par le plomb, au paludisme, à la piroplasmose et à la maladie du sommeil.
En 1905, il obtient le Prix Nobel de médecine et Physiologie. Il s’éteint en 1910 à Baden-Baden, laissant son nom dans l’histoire.

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Mis à jour le 24 Septembre 2014