Les maladies qui provoquent la souffrance respiratoire

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Les maladies qui provoquent la souffrance respiratoire

Asthme, BPCO, maladies neuromusculaires, maladies pulmonaires interstitielles… Autant de maladies à l’origine de la dégradation des fonctions respiratoires. Réponses de spécialistes à vos questions.

 

La BPCO :
3,5 millions de Français atteints

La BPCO est une maladie qui entraîne une « obstruction » ou un blocage des voies respiratoires. Les bronches se remplissent de sécrétions épaisses et leur paroi s’épaissit diminuant l’apport en oxygène vers les poumons qui ne peuvent pas fonctionner normalement.

Interview du Pr Nicolas Roche

Comment se caractérise la BPCO ?

La souffrance respiratoire est le principal symptôme de la BPCO. Il y a plusieurs mécanismes qui vont concourir à induire une souffrance respiratoire, dont :
– une obstruction des bronches qui a pour conséquence que l’air est plus difficile à expulser des poumons. Il faut donc un effort plus important pour faire entrer l’air dans les poumons.
– la perte musculaire, due à l’activité physique réduite des malades de la BPCO, qui accentue la sédentarité et l’essoufflement.

Dans les formes les plus évoluées, au stade de l’insuffisance respiratoire, les malades manquent d’oxygène.

La souffrance respiratoire liée à la BPCO peut-elle être soulagée, au moins en partie ? Comment ?

Globalement deux types de mesures permettent de soulager les malades. Les mesures non médicamenteuses : arrêter de fumer, maintenir ou restaurer une activité physique régulière.

Les mesures médicamenteuses, avec principalement les traitements inhalés qui permettent d’ouvrir les bronches et facilitent le passage de l’air tout en diminuant la gêne respiratoire à l’effort.

L’asthme de l’enfant

Interview du Pr Jocelyne Just

En quoi l’asthme chez l’enfant est-il source de souffrance respiratoire ?

L’asthme entraîne un essoufflement pendant la crise d’asthme mais il peut aussi y avoir des gênes respiratoires en dehors des crises d’asthme, notamment lors des efforts physiques. L’effort peut en effet provoquer, notamment chez l’enfant, une obstruction bronchique sur une fonction respiratoire normale par ailleurs. Les efforts doivent donc être aménagés : faire des échauffements avant l’effort, pour certains, prendre un broncho-dilatateur avant un effort physique.

Quel est l’impact de l’asthme sur la qualité de vie des enfants ?

L’asthme est la plus fréquente des maladies chroniques chez l’enfant. Les enfants asthmatiques ont une morbidité importante (venues aux urgences, consultations médicales fréquentes…). Ne pas bien respirer au quotidien est une vraie souffrance. L’asthme est une maladie qui engendre des difficultés à faire du sport, qui handicape dans les efforts quotidiens, qui sont naturellement plus importants chez les enfants.

En outre, cela les stigmatise à l’école car il leur faut un plan d’accueil individualisé (PAI), ils peuvent être interdits de classe découverte… tout cela concourt à les faire se sentir à part par rapport à des enfants n’ayant pas de maladie chronique. Ils ne peuvent pas vivre comme les autres. Néanmoins, les traitements au long court doivent permettre de leur faire vivre, pour la plupart d’entre eux, une vie normale..

Pneumonie

L’asthme de l’adulte

Près de 5 % des adultes en France souffrent d’asthme. Le vécu de la maladie est différent selon le type d’asthme et l’impact sur la qualité de vie.

Interview du Dr Anne Prud’homme

En quoi l’asthme est-il à l’origine de souffrance respiratoire ?

Il faut distinguer deux formes d’essoufflement chez l’asthmatique : un asthme à essoufflement aigu, avec une souffrance aiguë pendant les crises d’asthme « je vais mourir, je m’étouffe… », et une forme d’asthme chronique, avec des malades qui sont essoufflés en permanence.

Quel est l’impact de l’asthme sur la qualité de vie des adultes asthmatiques ?

Le vécu d’une crise d’asthme est une souffrance. Cependant, cette souffrance est variable en fonction de différents éléments. Cela dépend si l’asthme est contrôlé ou non. En outre, la dyspnée est plus ou moins importante pendant une crise d’asthme et le ressenti joue aussi un rôle : certains avec un fort essoufflement pendant une crise ne se plaignent pas trop et d’autres souffrent beaucoup plus avec une dyspnée plus légère…

La souffrance dépend également du vécu du patient, du handicap entraîné par la maladie. Et la perception du handicap n’est pas la même pour tous. L’asthmatique qui a envie de gravir des montagnes et qui ne peut pas le faire à une qualité de vie dégradée alors que la personne asthmatique qui aime pêcher à la ligne et peut le faire ne se plaindra pas de sa qualité de vie.

Les maladies neuro-musculaires

Les maladies neuromusculaires (amyotrophies spinales, sclérose latérale amyotrophique, myasthénies…) sont caractérisées par une faiblesse musculaire progressive. L’atteinte des muscles respiratoires est fréquente et les complications respiratoires (pneumonie, insuffisance respiratoire aiguë, insuffisance respiratoire chronique…) sont la première cause de morbidité et de mortalité. Le déficit musculaire est responsable d’un syndrome restrictif et donc d’une diminution des débits expiratoires maximaux par défaillance de la pompe respiratoire.

Conséquence : un essoufflement progressif.

Des mesures sont prises chez les malades pour préserver leur fonction respiratoire et éviter les complications : rééducation orthopédique et fonctionnelle, techniques de désencombrement bronchique, ventilation invasive et non invasive. Lorsque la fonction respiratoire est dégradée, une assistance ventilatoire est mise en place.

Les maladies interstitielles pulmonaires ou pneumopathies interstitielles diffuses

Les maladies interstitielles pulmonaires regroupent plus de 300 maladies et sont caractérisées par un épaississement du tissu pulmonaire à l’origine d’un dysfonctionnement du système respiratoire : le poumon est plus rigide et donc moins extensible. La plus courante est la fibrose pulmonaire idiopathique. Les pneumopathies interstitielles diffuses sont associées à un trouble ventilatoire restrictif (diminution de la capacité pulmonaire totale). La dyspnée d’effort d’installation très progressive est un des principaux symptômes.Elle peut s’accompagner de toux persistante.

 

Pour lire le dossier en intégralité : Lettre du Souffle n°85

Mis à jour le 6 avril 2017