Elle augmente actuellement dans le monde entier sans que la cause de cette augmentation soit clairement connue…

En France, l’asthme concerne 3,5 millions de Français dont un tiers d’enfants. Actuellement, 7 à 10 % des enfants et 5 à 6 % des adultes sont concernés par la maladie asthmatique. Ces chiffres, pourtant considérables, ne tiennent pas compte du nombre élevé de cas d’asthme méconnus, c’est-à-dire réels mais non diagnostiqués. Sont notamment souvent méconnues les formes atypiques de l’asthme comme les bronchites sifflantes à répétition et la toux sèche chronique…

La maladie chez l’enfant atteint davantage les garçons que les filles jusqu’à l’âge de dix ans (trois garçons atteints pour deux filles environ). Après cet âge, le rapport garçon et fille s’égalise puis s’inverse définitivement. L’asthme se manifeste dans 10% des cas après l’âge de 60 ans.

Chaque année en France, 1000 personnes meurent de l’asthme. Ces décès pourraient être évités dans leur grande majorité car ils sont le plus souvent liés un mauvais suivi du traitement de fond.

Facteurs génétiques :

Dans la majorité des cas, il existe des facteurs génétiques prédisposant à la maladie. Le risque d’être asthmatique est plus important si d’autres personnes de la famille sont asthmatiques. Les facteurs génétiques peuvent aussi rendre compte de l’apparition plus ou moins précoce de la maladie. Le rôle des facteurs génétiques se manifeste par le regroupement de cas familiaux mais la transmission de la maladie est complexe et fait certainement intervenir plusieurs gènes.

Ces facteurs génétiques consistent en une prédisposition à faire de l’asthme, mais aussi bien souvent à une prédisposition à devenir allergique vis à vis de substances respirées au quotidien, comme les acariens de la poussière de maison ou les pollens. On appelle cette prédisposition «atopie». L’atopie est retrouvée chez 80% à 90% des enfants et chez 30% à 50% des adultes asthmatiques.

Facteurs liés à l’environnement :

Facteurs d’apparition de la maladie :
Dans 10% des cas, le terrain génétique peut ne pas être présent. C’est alors l’environnement qui provoque la maladie : environnement professionnel mais aussi domestique : des études récentes suggèrent que les polluants chimiques domestiques de la famille des composés organiques volatils pourraient représenter un facteur de risque d’apparition de l’asthme chez le nourrisson et le jeune enfant. La pollution chimique extérieure de proximité est peut-être également un facteur de risque pour l’apparition de l’asthme et de la rhinite… A l’inverse, d’autres facteurs, connus sous le nom d’ « hypothèse hygiéniste », représentés par le contact du nourrisson avec les microbes de son environnement quotidien, seraient capables d’exercer une protection contre le développement de l’asthme et des maladies allergiques.

Facteurs environnementaux responsables de l’aggravation de la maladie :
Les signes de la maladie sont par ailleurs aggravés par des facteurs extérieurs à l’individu dits « facteurs déclenchants » ou « facteurs exogènes ». Parmi ces derniers facteurs, on peut distinguer les allergènes et les irritants bronchiques.

Les allergènes ont une action uniquement chez les patients allergiques tandis que les irritants bronchiques peuvent avoir un effet aussi chez les sujets non asthmatiques, l’effet étant toutefois plus prononcé chez l’asthmatique.
Tous les asthmes ne sont pas d’origine allergique. Leur proportion par rapport à la fréquence de l’asthme allergique est très inférieure chez l’enfant et l’adulte jeune.

Quand on avance en âge, la proportion des asthmes non-allergiques augmente régulièrement. Ces facteurs exogènes sont multiples. Ils peuvent agir de façon isolée ou associée.

Ce sont, notamment :

Les allergènes tels que les acariens, les pollens ou les poils d’animaux

Le rôle de ces facteurs doit avant tout être apprécié par l’interrogatoire du patient, ou de son entourage s’il s’agit d’un enfant. On recherchera notamment où, quand et dans quelles circonstances se produisent les crises. Les tests d’allergie permettent ensuite de confirmer ou d’infirmer le rôle de tel ou tel allergène.

Le tabagisme, actif ou passif

La pollution atmosphérique, les odeurs fortes, les irritants domestiques (sprays) et les odeurs de parfum.

Les infections virales

(rarement bactériennes) qui touchent les voies aériennes supérieures (rhume ou angine) puis les bronches (les familles disent à raison que “le rhume est tombé sur la poitrine” sont le plus souvent accompagnées de réactions des bronches de type asthmatique. Chez l’enfant comme chez l’adulte, ces infections virales représentent la cause n° 1 des crises d’asthme, notamment aux changements de saison.

L’effort, surtout s’il fait froid.

La couses à pied et les sports d’endurance provoquent en général des crises au moment de l’effort ou après l’effort.

La prise de certains médicaments

Elle peut déclencher à elle seule une crise parfois sévère : l’asthme associé à une intolérance à l’aspirine. Il évolue dans un contexte particulier associant des signes ORL quelquefois importants (obstruction du nez, perte de l’odorat, perte du goût) et des crises d’asthme, présentant souvent un caractère de gravité, dues à prise d’aspirine ou de médicaments anti-inflammatoires. Il s’agit de la maladie particulière de Fernand Widal qui ne débute pas avant l’âge de 30 ou 40 ans.

Le reflux de l’acidité gastrique de l’estomac

Il constitue rarement à lui seul la cause de l’asthme, mais représente quelquefois un facteur déclenchant de l’asthme, au même titre que les autres agresseurs des bronches.

Les maladies générales extrêmement rares

Pouvant se manifester par de l’asthme, comme l’aspergillose broncho-pulmonaire, due à une infection à champignons (aspergillus). La maladie bronchique est alors sévère et s’associe à des épisodes de fièvre.

Certaines maladies dues à une inflammation des vaisseaux

Dite « vascularites » peuvent se manifester par de l’asthme. L’asthme n’est pas un signe isolé dans ce cas.

Certains facteurs endocriniens

Sont évoqués dans le déclenchement de l’asthme en particulier chez la femme adulte, souvent autour de la ménopause. La cause n’en est pas clairement connue.

L’évolution de l’asthme au cours de la vie :

L’évolution de l’asthme est capricieuse et aucune règle précise sur son devenir ne peut être formellement établie. Son évolution dépend de la présence ou non des nombreux facteurs qui interviennent dans le déclenchement de crises.
Le risque d’évolution vers la gravité (crises fréquentes malgré le traitement, essoufflement continu, perte de souffle définitive) peut être évité le plus souvent par un traitement médicamenteux adapté et régulièrement suivi ainsi que par des mesures de prévention simples relatives à l’environnement comme l’arrêt du tabac, l’éloignement de l’animal domestique auquel l’asthmatique est sensibilisé…

Certaines formes d’asthme peuvent néanmoins évoluer de façon moins favorable, en particulier l’asthme qui apparaît autour de la ménopause.

En règle générale, les formes d’asthme qui débutent dans la petite enfance ont davantage tendance à persister longtemps que celles qui commencent plus tardivement. Par ailleurs, la gravité de la maladie a tendance à rester la même tout au long de la vie, c’est-à-dire que les formes d’asthme sévères auront tendance à rester sévères et les formes légères à rester légères.

Enfin, l’asthme étant une maladie en règle génétique, la propension à l’asthme persiste au cours de la vie. L’ancien médecin Trousseau disait « l’asthme est une maladie de la vie toute entière ». Cela n’exclue absolument pas le fait que l’asthmatique, sous l’effet du traitement ou spontanément, puisse ne pas avoir de gêne pendant de longues périodes de sa vie.


Mis à jour le 3 avril 2017